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Sent: Wednesday, August 21, 2002 6:29 PM
Subject: Re: Prot�gez le publique, promouvoir une m�decine de qualit�

C'est dr�le,Martin,mais personnellement je pr�f�rais ta premi�re version.
 
Plus directe,moins "explicative",plus "premier jet".
 
La partie sur le d�vouement du personnel,de l'�quipe est certainement vrai,mais �a fait un peu "brod�"...le premier jet �tait plus direct,moins entourloup�.
 
Nettement plus percutant.
 
C'est mon avis.Tu en fais ce que tu veux.
 
C.
----- Original Message -----
Sent: Wednesday, August 21, 2002 5:27 PM
Subject: Fw: Prot�gez le publique, promouvoir une m�decine de qualit�

Plusieurs ont r�pondu � ma lettre en m'encourageant � la publier.  Voila la version grand public qui sera envoy� aux m�dias.
 
Martin
----- Original Message -----
Sent: Wednesday, August 21, 2002 5:22 PM
Subject: Prot�gez le publique, promouvoir une m�decine de qualit�

Lettre envoy�e au College des M�decin du Quebec avec copies conforme � la R�gie r�gionale de l'Outaouais, � l'administration du CHVO, au Minist�re de la sant� et au premier ministre du Quebec et aux m�dias.
 
 
Martin Pham-Dinh
 
(Note au CMQ, le message original envoy� a �t� quelque peu modifi� pour le rendre plus accessible au grand public.
 
----- Original Message -----
Sent: Wednesday, August 21, 2002 10:33 AM
Subject: Prot�gez le publique, promouvoir une m�decine de qualit�

" Le Coll�ge des M�decins du Qu�bec, dont la mission est de promouvoir une m�decine de
qualit� pour prot�ger le public et contribuer � l'am�lioration de la sant� des
Qu�becois,...."
 
A qui de droit,
 
Ceci est un appel � l'aide.
 
Le CHVO est en crise.  L'urgence de Hull est ferm�e par manque d'infirmi�re.  L'urgence de Gatineau tente d'absorber toute la client�le r�gionale. 
 
Je suis urgentologue � Gatineau et j'ai pass� les 2 pires nuits de ma carri�re.
 
� chaque soir, minuit, il y avait 14 heures d'attentes pour les cas class�s semi-urgents. 
 
Selon notre �chelle de triage, un cas semi-urgent devrait �tre vu, id�alement, en moins de 2 heures.  Ceci inclu tout patient qui n'est pas trop souffrant et dont les signes vitaux sont normaux.
 
On y retrouve souvent des patients avec douleur thoracique et  �lectrocardiogramme normal, douleurs abdominales chez une personne ag�es, suspicion d'appendicite r�f�r�e par leur m�decin de famille, enfants f�briles, etc...etc...etc...
 
Lorsque de tels patients attendent 14 heures, le risque d'une catastrophe majeure est grand.  La crainte de tout urgentologue est de voir un patient d�c�der dans la salle d'attente avant d'avoir �t� �valu� et trait�. 
 
Laissez-moi vous donnez quelques exemples de cet enfer des 2 derniers jours que j'ai v�cu malgr� moi.
 
Cette nuit, j'ai trait� vers 5:00 un homme de moins de 50 ans qui pr�sentait un infarctus aigu.  Il �tait venu en soir�e, la veille, avec une douleur thoracique mais il est retourn� chez lui parce qu'il fut d�courag� de voir le temps d'attente.  La plupart des gens ne voient pas ce qu'il y a d'inacceptable l�-dedans jusqu'� ce qu'un malheureux d�c�de chez lui.  Dans la condition pr�sent�, ce patient a eu beaucoup de chance d'avoir surv�cu.  (Lundi pass�, un coll�gue a vu un autre "chanceux" dans sa malchance qui pr�sentait un infarctus et a du attendre 10 heures dans notre salle d'attente...)
 
Cette nuit, j'ai vu un homme de 88 ans qui avait une douleur abdominale et une h�maturie (uriner du sang) qui a attendu 14 heures pour �tre vu. 
 
La nuit pass�, j'ai vu une dame de 70 ans avec suspicion de phl�bite profonde r�f�r�e par son m�decin de famille pour �valuation urgente  qui a attendu 13 heures avant d'�tre vue.  Comme toute bonne citoyenne, elle avait consult� en clinique dans la matin�e qui l'ont r�f�r� � l'urgence de Gatineau.  Son arriv�e a �t� not� vers 11:00 et elle a �t� �valu�e par moi vers 1:00 am.
 
La nuit pass�e, je n'ai pas vu le b�b� de 2 mois venu pour d�tresse respiratoire.  Il avait quitt� lorsque nous l'avons appel�...
 
� chaque nuit, j'ai du g�rer la col�re des patients. 
� chaque nuit, j'ai du m'excuser des d�lais inacceptables de notre urgence.
� chaque nuit, j'ai ressenti une pression �norme pour travailler rapidement, trop rapidement et pour voir le plus de patients possible, le plus vite possible.
� chaque nuit, je me suis expos� � faire une erreur dans mon travail.
 
Tout cela pour palier au manque de ressource,
Tout cela pour essayer d'aider le plus de gens possible,
Tout cela pour soulager la souffrance.
 
Durant cet enfer, j'ai appr�cie le fait d'�tre entour� de gens dynamiques et comp�tents.  Je remercie tout le personnel du d�partement de l'urgence de Gatineau qui m'ont accompagn� et support�.  Je crois que l'avenir de la m�decine d'urgence se trouve dans des �quippes comme la n�tre, faite de gens qui portent soins au grands malades et tol�rent sans broncher les cris,  la col�re de ceux qui ont trop attendus; de gens qui r�confortent les familles en deuil et pansent les plaies; de gens qui sont au chevet jour et nuit des grands et petits malades pour leur donner les meilleurs soins possibles.  Ces gens qui composent notre �quippe ne travaillent pas pour l'argent (on n'en ferait bien plus ailleurs...), ils sont l� pour vous, la population, car vous �tes s�rement connu de leur voisin, amis et parents; ils sont l� parce qu'ils se sentent, comme moi, un peu responsable de votre sant�.
 
Malgr� tout nos efforts et notre bonne volong�, je nous consid�re incapable de fournir des services de qualit� � la population de l'Outaouais.  Cela m'attriste beaucoup...  Je crains pour ma famille, mes amis, mes voisins et toute cette population qui m'entoure.  Je crains que quelqu'un meure sans avoir pu intervenir.
 
Je consid�re que les temps d'attentes dans les hopitaux de l'Outaouais ont, depuis longtemps, d�pass� la limite de l'acceptable et que la situation actuelle est carr�ment DANGEUREUSE.
 
Je demande donc votre aide et votre appui pour que cette situation se r�gle le plus t�t possible.
 
 
Merci!
 
 
Martin Pham-Dinh
M�decin au D�partement d'urgence du CHVO Gatineau
 

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