Ayant appris avec enchantement le 21 ao�t, dans Le Devoir, que � certains m�decins (avaient) �t� avis�s par huissiers de fournir leurs heures de disponibilit� pour combler des besoins dans les urgences �, je me demandais si, tout bien r�fl�chi, un simple d�cret gouvernemental ne permettrait pas de r�gler, une fois pour toute, les difficult�s qui rongent notre r�seau de la sant�. La vraie p�nurie n'est-elle pas, en effet, celle des huissiers, qu 'il faudrait former en bien plus grand nombre? Par exemple, comme chefs d'urgence, ces huissiers nous permettraient d'obtenir plus rondement les disponibilit�s de nos m�decins, quand nous �tablissons nos listes de garde.
Mais, tant qu'� voir grand, est-ce que nous ne pourrions pas aussi engager d 'autres huissiers pour recevoir prestement les r�sultats des tests sanguins, pour faire en sorte que les consultants nous r�pondent dans les d�lais requis, pour obtenir le soir m�me les �chographies demand�es et le lendemain les r�ponses de l'administration � nos requ�tes, pour lib�rer diligemment les lits d'hospitalisation et pour assurer un acc�s exp�ditif et permanent � la salle d'op�ration? Et surtout pour que le caf� soit pr�t � temps, le matin, � l'urgence, ce qui est rarement le cas et contribue s�rement � d�t�riorer nos performances? Ou m�me enfin pour nous assurer que des patients ne d�c�deront pas pr�matur�ment, signe d'insubordination? Bref, plus j'y pense, plus il me semble que la priorit�, dans le dossier de la sant�, c'est un d�cret finan�ant la formation massive d'huissiers, de milliers d'huissiers de la sant� qui seront ensuite r�partis dans tous ces recoins obscurs des h�pitaux, o� se terrent encore la non-performance et la mauvaise volont�. Car les gens ne respectent plus grand chose, mais toujours les huissiers. � chacun son huissier, et je vous garantis que nous n'aurons m�me plus besoin de privatiser : notre r�seau fonctionnera au quart de tour. On pourrait m�me former nos huissiers � certains actes m�dicaux simples : faire des points, poser des solut�s ou enlever des sondes urinaires, par exemple. Ainsi, hormis leurs fonctions de gardiens de la rigueur, ils pourraient d�s lors nous d�panner, notamment lorsque nous devrons passer quelques jours � l'ombre pour n'avoir pas atteint nos quotas, d�ment constat�s, de gu�risons. Alain Vadeboncoeur MD
