Title: Re: URG-L: Que fait donc l'AMUQ? Réponse du prez...
On 23/08/2002 08:39, "Pierre Bourassa" <[EMAIL PROTECTED]> wrote:

Cher Julien

    Bonne idée mais... pour avoir été membre assis autour de la table du consil général de la fmoq pendant 5 ans je crois que celle-ci ne larguera pas le médecin d'urgence aussi facilement que cela.  L'urgence c'est l'épine au pied (j'ai aussi plus sites anatomiques en tête) du ministre.  C'est un excellent moyen d'extorquer des $$ au ministère... et en envoyer une partie aux cliniques, bien sûr.  Cette bataille sera de longue haleine et le ministère aime mieux la fmoq que l'amuq. L'amuq pourrait foutre le bordel provincial en 1 journée et metterai aisni à genou le ministre, ce qui ne doit pas se faire sinon il perd la face.


Salut Pierre,

Tu as certainement raison, ce n’est pas une mince tâche. Il y a cependant un terrain propice pour aller de l’avant : la FMOQ a montré son impuissance à mobiliser des médecins pour le travail à l’urgence pendant la crise de juillet - en plus de mal s’y prendre et de n’avoir à peu près rien à dire sur le sujet.

Dans d’autres domaines, il y a des batailles syndicales (ou autres) encore plus difficiles et «risquées» qui ont été gagnées. Cependant, on assistait alors à une mobilisation de masse, à une «ï¿½levée des troupes�». Force est de constater, devant le peu de réponses à mon dernier courriel, que cette levée pourrait ne pas se faire. On a peut être pas encore assez le nez dedans (ou trop, j’en conviens?) ? Qu’est-ce que cela va prendre??? Faudrait-il recruter dans les piquets de grêve de Videotron?

   En passant, as-tu un grand frère appelé Jean-François ?  Qui a fréquenté le Collège de Lévis ?

Je n’ai pas de grand frère. Cela m’aurait peut être discipliné davantage.

P-E Soucy est-il encore à l'hotel-Dieu du sacré coeur agonisant de Lévis (j'y ai fait mon internat)?

Fidèle au poste. Il vient à peine il y a quelques semaines de se faire libérer de la garde de fin de semaine. Toujours un textbook de médecine ambulant ; et avec toutes ces années d’histoires pour aller avec, alors, tu imagines...

Julien

    
Ah oui, je joins copie d’un communiqué envoyé aux médias vendredi :

L’urgence de Hull fermée jusqu’au 15 septembre ! Où est la loi spéciale quant on a besoin d’elle ?

Moins d’un mois après l’adoption de la Loi 114 : Loi visant la prestation continue des services médicaux d’urgence, qui visait à éviter la fermeture de plusieurs urgences québécoises cet été, l’urgence de Hull, une unité d’urgence majeure du Québec, est en « rupture de services » en raison d’une pénurie d’infirmières.

Une fermeture qui se vit au détriment des autres unités d’urgence de la région, déjà lourdement sollicitées, et qui a des répercussions importantes sur la qualité des soins dans la région de l’Outaouais. En fait, partout au Québec, les urgences continuent à vivre des situations d’engorgement inacceptables, affirme le docteur Julien Poitras, président de l’Association des médecins d’urgence du Québec.

« Force est de constater qu’une Loi spéciale ne peut régler tous les problèmes des urgences. Obliger les médecins à assurer la garde en alléguant que cela solutionnera les problèmes des unités d’urgence du Québec et permettra de maintenir les services, c’est faire preuve d’une vision fragmentaire du problème. C’est ne pas reconnaître que la pénurie de médecins n’est pas due à un caprice de leur part mais bien aux nombreux vices intrinsèques aux unités d’urgence du Québec. »

Le travail à l’urgence est un travail d’équipe, où le flot d’information est un des plus importants de toutes les sphères d’activité humaine. C’est un travail qui demande une coordination de tous les instants et qui ne peut être assuré par un seul intervenant ou une seule catégorie d’intervenants. Il doit être imbriqué au fonctionnement du réseau et du centre hospitalier, comme le soutient l’Association des médecins d’urgence du Québec depuis de nombreuses années.

À travers des efforts louables comme le Forum sur les urgences et le Guide de gestion, le gouvernement québécois a reconnu antérieurement de tels principes. Les pénuries majeures anticipées cet été et les difficultés rencontrées par les Fédérations à maintenir les services ont mené à une mesure extrême : la loi 114. Cependant, cette loi peut amener en elle-même de nombreux effets pervers, et certains ont déjà commencé à être ressentis sur le terrain, tel que le souligne le docteur Poitras :
  • le risque pour les patients d’être soignés par des médecins « forcés », non intéressés par ce qu’ils font ;
  • le risque que les établissements ne consentent plus les efforts requis habituellement afin de combler la liste de garde de leur unité d’urgence parce qu’un mécanisme régional coercitif existe ;
  • le risque que la constitution de la liste régionale et l’attribution des gardes d’urgence reposent entre les mains d’un fonctionnaire ignorant les compétences et la charge actuelle de travail des médecins de la région ainsi que les subtilités de la pratique de la médecine d’urgence ;
  • le risque de surseoir aux efforts de concertation régionale quant à l’offre de services d’urgence, en se servant de cette loi pour assurer des services de garde là où ceux-ci ne sont pas justifiés en termes d’acuité et de volume, alors que d’autres ressources sont disponibles à faible distance le risque que les médecins d’urgence déjà en place dans les urgences soient les premiers sollicités par cette loi, ou que ceux-ci soient intimidés ou menacés par l’autorité régionale responsable ;
  • le risque que des médecins délaissent la médecine d’urgence ;
  • le risque que les médecins résidents boudent cette pratique ou que les résidents finissants n’osent pas pratiquer en médecine d’urgence de crainte d’être ultérieurement « conscrits » ;
  • le risque de dégarnir davantage les régions « défavorisées », les médecins choisissant de s’établir dans des régions bien pourvues en médecins d’urgence afin d’éviter d’être contraints à faire de la garde à l’urgence.

 La fermeture de l’urgence de Hull démontre bien qu’une loi spéciale n’est pas La solution aux problèmes des urgence. Elle en est un épiphénomène.

L’Association des médecins d’urgence du Québec demande donc au ministre de prendre les dispositions nécessaires afin de contrecarrer les effets pervers potentiels de la loi 114.

Elle recommande également de tenir dans les plus brefs délais un nouveau Forum sur les urgences et d’y asseoir tous les intervenants impliqués dans la prestation des services d’urgence au Québec. « Il est en effet à notre avis à ce point urgent de faire une pause dans le brouhaha actuel et de redonner aux acteurs du réseau de nouvelles priorités afin d’assurer un service continu et de qualité à la population québécoise en matière de soins d’urgence » termine le docteur Poitras.

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