La population ignorante se trouverait parfois des ressources et des id�es si elle devait d�frayer $50 ou $100 dollars pour voir le m�decin. Je suis un peu allergique aux arguments qui excusent la population pour ses exc�s comme si les gens �taient innocents et d�pourvus de responsabilit�s.
80 % des patients qui se pr�sentent � l'urgence avaient raison de s'y pr�senter?? �a d�pend du r�le qu'on veut donner aux urgences. Celui qui se pr�sente � l'urgence et que je garde, avait raison de se pr�senter. Et je ne garde pas 80% des gens que je vois. Les autres auraient pu �tre vus, investigu�s et trait�s ailleurs si la structure des soins permettait de le faire. Et de plus en plus de personnes se pr�sentent justement parce qu'il n'y a plus de structures ou de ressources accessibles dans un d�lai raisonnable. MC -----Original Message----- From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of M�lissa Ranger Sent: 18 septembre, 2002 01:50 To: URG-L Mailing List Subject: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie Bonsoir, Effectivement, il n'est pas rare de voir des patients qui se pr�sentent � l'Urgence pour des probl�mes que nous jugeons futiles. Cependant, le probl�me per�u chez des personnes d�pourvues de connaissances m�dicales peut �tre interpr�t� tout � fait diff�remment par celles-ci. Elles sont vuln�rables, ont mal, veulent �tre soulag�es et elles s'imaginent le pire. En guise d'exemple, une connaissance s'est d�j� pr�sent�e � l'urgence un samedi soir pour une simple tendinite alors qu'il croyait que �a pouvait �tre reli� � un infarctus myocardique puisque son �paule gauche br�lait quand il bougeait (comme seul sympt�me)! Probl�me vu futile pour nous, mais consid�r� tr�s s�rieux initialement par le monsieur en question. Plus jeune, j'ai moi-m�me consult� � l'urgence pour une simple grippe, puisque je croyais avoir une m�ninigite! Bref, tout �a pour dire qu'une bonne proportion de la population est ignorante tant qu'� la maladie qui l'afflige et on peut s'en apercevoir qu'en demandant le mod�le explicatif du patient qui est plus souvent qu'autrement erron�. Que faire pour solutionner la forte fr�quentation "inutile" aux urgences? On avait mentionn� qu'informer la population de s'orienter dans les cliniques sans rendez-vous ou chez leur md de famille diminueraient l'encombrement des urgences. Encore l�, dans certaines r�gions, le temps d'attente dans ces cliniques est tout aussi d�courageant, d'autant plus qu'on est souvent redirig� par la suite � l'h�pital pour les analyses compl�mentaires. Double attente! Les md de famille? Il y a de plus en plus de patients-orphelins, tout un contrat que de se trouver un md de famille, dans ma r�gion du moins. Donc, finalement, un patient n'a pas mille et une solutions quand �a ne feel pas, que ce soit pour une grippe s�v�re ou qui persiste, une douleur X incommodante ou autre, tout d�pendamment l'interpr�tation qu'il en fait. J'oubliais, selon un r�sultat d'�tude, 80% des patients qui se pr�sentent � l'urgence ont raison de s'y pr�senter en raison de l'investigation qui doit �tre r�alis�e. Donc, finalement, je crois que la pr�sence de nos cas "futile" dans les salles d'urgence ont souvent leur raison d'�tre, aussi longtemps que les options secondaires ne seront pas plus efficaces. Temps d'attente long, oui, p�nible effectivement l'attente de 10 heures que j'ai eu pour une py�lon�phrite aigue... mais que faire?? Des solutions r�alistes � court terme?.... Bonne nuit >From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]> >Reply-To: [EMAIL PROTECTED] >To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List) >Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie >Date: Wed, 18 Sep 2002 01:08:45 -0400 > >Les malades sont effectivement satisfaits des soins. Le probl�me c'est >d'en recevoir. Comment font les patients pour attendre 8-9 heures pour >�tre vu? Des mois pour �tre dilat�, pont�, op�r�, vu par un g�n�raliste >ou un sp�cialiste? Personnellement je ne sais pas. Je me demande comment >ils gardent leur calme. La maladie nous rend vuln�rable? Plus sensible? >Ce soir il y avait constamment 25 dossiers en attente pour les patients >ambulatoires, c'est pas possible. > >En m�me temps, c'est effarant la quantit� de service que la population >re�oit pour des probl�mes futiles (consultation pour le moindre bobo, >rhume) alors que des pays entiers ne poss�dent pas l'�l�mentaire � la >survie de leur population. Tout est effectivement relatif. > >MC > >-----Original Message----- >From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of Alain >Vadeboncoeur >Sent: 18 septembre, 2002 00:46 >To: URG-L Mailing List >Subject: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie > >Ouais... > >Int�ressant, mais bon. Et si le sondage disait vrai? Si les patients >�taient >satisfaits de soins re�us? C'est certain qu'ils ne comptent pas >beaucoup, >qu'ils ne connaissent rien et qu'ils sont manipul�s, mais c'est tout de >m�me >un peu pour eux qu'on fait tout �a, non? > >Or, la moyenne des taux de satisfaction avoisine le B+, aussi bien pour >Montr�al que pour les r�gions. Presque la perfection. Je suis certain >que >mon McDo au coin n'atteint pas ce niveau. > >D'ailleurs, Claude, tes objections ne tiennent pas trop: rien ne dit que >les >s�jours hospitaliers recens�s sont courts ("au moins une nuit") ou que >les >patients des soins �taient surepr�sent�s. Il est vrai que les patients >de >l'urgence ont �t� exclus. Mais n'oublions que la "catastrophe" >plan�taire >qui s'abat sur le r�seau touche bien plus que les urgences. > >J'ai eu l'autre jour une conversation tr�s intructive avec une >infirmi�re >d'origine haitienne, toujours de bonne humeur, travaillant fort et >aimant ce >qu'elle fait. Alors que je lui demandais si elle trouvait frustrants les >probl�mes que nous �prouvions dans le r�seau, elle m'a regard� avec un >certain sourire et m'a dit: "Si les gens ici savaient c'est quoi de >vrais >probl�mes, on ne les entendraient plus jamais se plaindre..." > >Je commence � �tre un peu tann� du discours hypercatastrophique qu'on >nous >ass�ne et que nous nous ass�nons nous-m�mes, jours apr�s jours, dans les >h�pitaux, dans le r�seau. Nous ne sommes pas au Sud-Soudan, disais-je. >Nos >immenses et �pouvantables probl�mes feraient se tordre de rire 97% de >l'humanit� actuelle et 99.5 % de l'humanit� de 500 derni�res ann�es. > >Est-ce qu'il serait aussi possible que nous soyons devenus un peu >plaignards >avec le temps, � force de vivre dans une soci�t� o�, comme >professionnels, >on ne peut pas vraiment dire que nous sommes dans la grande mis�re >noire... >Quelqu'un me disait l'autre jour qu'� force de vivre dans une soci�t� o� >il >n'y a finalement plus de v�ritable lutte pour la majorit� des gens >(catastrophes, guerres, recherche de nourriture, bref, le quotidien des >4/5 >de la plan�te), les r�flexes de d�fenses avaient fini par s'atrophier, >au >point qu'on pouvait faire de l'absence ou de la pr�sence d'un syst�me >d'information ou d'un s�jour de 48 heures sur une civi�re l'�quivalent >des >plus grands tourments v�cus par l'humanit�. > >A chacun ses grandes catastrophes, pour nous, ce sont les probl�mes de >civi�res et les relations avec les sp�cialistes. C'est vrai que ces >probl�mes questionnent de vastes pans de la philosophie et de notre >spiritualit�, mais peut-�tre devrions-nous, par moments, aussi >consid�rer >qu'il y a d�j� eu, dans l'histoire, deux ou trois probl�mes de plus >grande >envergure. > >C'est curieux, mais le sondage m'a fait exactement l'effet inverse: nous >sommes peut-�tre un peu d�phas�s par rapport � la r�alit� exprim�e ici, >par >ceux qui comptent vraiment. Dans le fond, les gens re�oivent la plupart >du >temps des soins de qualit�, dans un environnement qui n'est pas toujours >jojo mais qui est souvent mieux qu'un tas de boue au milieu de la >brousse. > >L'image est peut-�tre un peu grosse, mais bon, peut-�tre qu'� force de >dire >et de r�p�ter que c'est la catastrophe, on a fini par se croire et � >vraiment ha�r notre r�seau. Je me souviens d'uen infirmi�re qui avait >affirm� publiquement qu'elle aimait bien son m�tier... et qui s'�tait >faite >rabrou�e par ses coll�gues. Comment? Aimer son m�tier dans le merdier >qu'est >devenu notre r�seau? Mais c'est impossible, c'est humiliant, voyons! > >Pourquoi ce discours est-il si dominant? N'y aurait-il pas quelque part >des >gens qui auraient int�r�t � ce que le r�seau finisse par d�raper? Des >gens >qui, sages plnificateurs, commencent d�j� � mesurer les �ventuelles >retomb�es d'une privatisation du r�seau? Des gens qui sont patients, >mais >qui savent qu'� force de favoriser un discours aussi catastrophique, les >choses pourraient bouger plus vite qu'on ne le croit? > >Je ne sais pas. C'est peut-�tre mon s�jour en Chine qui commence dans >quelques jours qui m'inspire cela. > >Bonne soir�e. > >Alain Vadeboncoeur
