Tiens, furetant sur le site de l'AMC, je trouve un texte ma foi fort �
propos et bien document� sur la situation actuelle.

Alain Vadeboncoeur

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http://www.cma.ca/cma/common/displayPage.do?pageId=/staticContent/pregenerat
ed/Articles/L1/HTML/2002/1008/14435_conditionsMinistrePropices.htm

Le ministre Legault fera marche arri�re - si les conditions sont propices

HEATHER PENGELLEY

Le ministre de la Sant� et des Services sociaux du Qu�bec, Fran�ois Legault,
a suspendu l'application de la Loi 114 et le projet d'un contrat visant �
imposer la conscription des m�decins du Qu�bec dans la fonction publique.
�Il n'y a plus de contrat�, a confirm� Anne Marcotte, adjointe de M.
Legault. �Finie la conscription.�

M. Legault annulera les plans qui visaient � obliger les m�decins du Qu�bec
� signer un engagement de deux ans �en contrepartie d'autres moyens d'
atteindre nos objectifs�.

Le ministre a aussi consenti � ne pas faire appliquer la Loi 114, mesure
vilipend�e permettant aux fonctionnaires d'ordonner aux m�decins de
travailler dans les services d'urgence du Qu�bec qui manquent d'effectifs, a
ajout� Mme Marcotte, mais seulement s'il est certain que les m�decins
assureront un service d'urgence complet 24 heures sur 24. �La fermeture de
services d'urgence est inacceptable.�

Le Dr Jean Rodrigue, directeur des Communications de la F�d�ration des
m�decins omnipraticiens du Qu�bec (FMOQ), a d�clar� que la position de M.
Legault constitue un �repli diplomatique� qui n'est pas coul� dans le b�ton.
�Le ministre a jusqu'au d�but de novembre pour modifier la Loi sur la sant�
et les services sociaux�, dit-il. D'ici l�, tout est possible.
�Est-ce faire marche arri�re?�, demande le Dr Claude Rivard, directeur des
services d'urgence � l'H�pital Pierre-Boucher de Montr�al, qui souhaite que
M. Legault abroge la loi. �La Loi 114 est suspendue comme une �p�e de
Damocl�s au-dessus de nos t�tes. Si on ne l'enl�ve pas, nous allons bouger.�

�Les m�decins ne vont pas descendre dans la rue pour piqueter. Ils vont
quitter le Qu�bec un � un.� Il a d�j� re�u une d�mission et trois m�decins
membres de son �quipe d'urgence ont assist� r�cemment � un salon de l'emploi
� Ottawa.

Au moins un urgentologue a r�pliqu�. Le Dr Sylvain Simard, du Lac-Saint-Jean
a �t� le premier � d�fier la Loi 114 - son avocat en a contest� la
constitutionnalit� devant la Cour sup�rieure du Qu�bec en affirmant que la
mesure oblige des gens � travailler contre leur gr�. Le 1er octobre, la FMOQ
et la F�d�ration des m�decins sp�cialistes du Qu�bec (FMSQ) ont lanc� leur
contestation judiciaire de la Loi 114. �Nous demandons � un juge d'invalider
la loi�, explique le Dr Rodrigue.

Le Dr Rivard n'est pas satisfait. �Il nous faut une solution politique
rapide, affirme-t-il. Lorsque les tribunaux se prononceront, il sera trop
tard.�
Ce sentiment d'urgence a aiguillonn� les urgentologues du Qu�bec. Craignant
que le contrat controvers� propos� par M. Legault ne distraie la FMOQ de la
lutte contre la Loi 114, ils ont d�cid� de s'unir pour n�gocier. �Nous
voulions un porte-parole plus fort�, affirme le Dr Luc Bessette, cofondateur
du Regroupement des m�decins d'urgence du Qu�bec. �Nous avions l'impression
d'�tre victimes � la fois du gouvernement et de la FMOQ.�

Les urgentologues ont pris la parole publiquement et ont attir� une
couverture m�diatique importante -- ce qui a d�clench� des �clignotants
rouges� au minist�re, affirme-t-il.

L'application de la Loi 114 est devenue une catastrophe de relations
publiques pour M. Legault. Il voulait non pas demander aux urgentologues d'
en faire plus, mais inciter les m�decins en pratique priv�e � mettre l'
�paule � la roue. Son plan s'est retourn� contre lui.
La loi a �t� appliqu�e d'abord � des urgentologues ayant d�j� un horaire
complet de quarts de travail � l'urgence. Deux urgentologues de l'H�pital
Enfant J�sus, un des h�pitaux les plus occup�s de Qu�bec et qui est aussi le
centre de traumatologie de l'est du Qu�bec, ont re�u l'ordre de se pr�senter
au Carrefour de Sant� de Jonqui�re, h�pital de soins secondaires.
Dans un autre cas, un m�decin a �t� retir� du service d'urgence de l'H�pital
Charles-Lemoyne, situ� sur la rive Sud de Montr�al, que l'on consid�re comme
le service d'urgence le plus occup� au Qu�bec et qui manquait d�j� de
personnel, pour aller travailler dans la r�gion du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Depuis une d�cennie, les h�pitaux du Qu�bec comblent les vacances � l'
urgence en recourant � des �d�panneurs� - des m�decins locaux qui se portent
volontaires pour travailler davantage. La Loi 114 a toutefois eu un effet
dissuasif, explique le Dr Rivard. Lorsque des huissiers ont commenc� � faire
appliquer la loi, les m�decins d�panneurs ont retir� leur nom de la liste
par dizaines. Dans la r�gion du Dr Bessette, leur nombre est tomb� de 800 �
150.

�R�sultat net : une foule de services d'urgence ailleurs qu'� Jonqui�re et
Shawinigan commencent � avoir des probl�mes d'effectifs, d�clare le Dr
Rivard. Si la situation persiste, nous n'aurons pas suffisamment de
m�decins.�

Le 1er octobre, des sp�cialistes et des urgentologues ont rencontr� M.
Legault pour discuter de solutions de rechange � la Loi 114. �C'est la
premi�re fois qu'on nous consulte�, d�clare le Dr Marc Beique, pr�sident de
l'Association des m�decins d'urgence du Qu�bec. Il esp�re que M. Legault
continuera de discuter avec les m�decins aux premi�res lignes des soins d'
urgence. �Nous avons une assez bonne id�e des probl�mes.�

Les membres du groupe ont offert de donner de la formation et de l'appui sur
appel aux m�decins moins exp�riment�s en m�decine d'urgence. Ils ont demand�
� M. Legault de r�gler les probl�mes de r�mun�ration qui persistent depuis
longtemps, comme les salaires beaucoup moins �lev�s que ceux des m�decins
des cliniques sans rendez-vous, et recommand� une rationalisation
provinciale des services d'urgence - ils affirment que M. Legault devrait
commencer � investir dans les �tablissements inad�quats ou les fermer. Ils
ont aussi exhort� le gouvernement � cesser de se fier aux m�decins
�d�panneurs�.

�Le sc�nario de la pire �ventualit� se r�alisera si nous continuons de
recourir � ces m�decins pour boucher des trous, d�clare le Dr Beique. Ce
moyen doit constituer une mesure d'urgence ayant une dur�e et des objectifs
pr�cis. Il faut s'attaquer aux probl�mes fondamentaux.�

Au d�but de la semaine en cause, M. Legault a aussi rencontr� la FMOQ et la
FMSQ. �� la table de n�gociation, nous avons re�u de l'information qui nous
assure que nous pourrons atteindre nos buts�, d�clare son adjointe, Mme
Marcotte. �Nous devons nous assurer que les gens peuvent obtenir des soins
de sant�, mais nous voulons le faire avec les m�decins. Nous savons que c'
est ce qu'ils veulent eux aussi. Nous visons les m�mes buts. Il suffit de
trouver un bon moyen d'y parvenir ensemble.�

�Nous sommes tr�s pr�s du bord de l'ab�me, d�clare le Dr Beique. Nous avons
environ une semaine pour clarifier la situation. Si nous r�alisons des
progr�s importants sur de nombreux fronts, cela signifie que l'on est encore
pr�t � r�fl�chir et � travailler pour r�gler le probl�me. Si l'on pense
toutefois qu'il s'agit encore une fois d'un rapi��age comme on en a
tellement connus, les int�ress�s r�agiront alors en disant : "J'en ai assez.
Je pars."�
� Canadian Medical Association or its licensors 2002

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