Title: Petite réflexion
Texte retrouvé dans la Presse de ce matin en page A-14.
Il est signé par M. Brian Lee Crowley, président du Atlantic Institute
for Market Studies. Si vous consultez le site de cette organisation au
www.aims.ca vous en apprendrez un peu plus sur l’orientation franchement
à “droite” de cet organisme. Les titres des publications ne laissent aucune
ambiguïté sur cette orientation.
Voici un extrait de l’article de la Presse:
“Les gouvernements, par exemple, assurent la réglementation de nombreux
aspects de la production, de la qualité et de la sûreté des aliments.....Ils
obligent les fabricants à indiquer les ingrédients utilisés, les dates de pérem-
ption et, dans certains cas, la date où les produits ont été emballés.
Mais lorsque le gouvernement assure son autorégulation et sa prestation de
services de soins de santé, le tableau est radicalement différent. Les autorités
gouvernementales, par exemple, n’établissent même pas de normes officielles
de temps d’attente approprié. Personne ne sait combien de temps, de l’avis
des responsables du système de soins de santé, les gens devraient attendre
pour des traitements particuliers. Résultat? Personne ne peut être tenu respon-
sable de n’avoir pas répondu à ces normes”.
Et il en remet plus loin....
“le système canadien de soins de santé se prive d’informations vitales telle:
qui a attendu trop longtemps pour obtenir des soins, qui a vu sa santé s’améliorer,
qui a vu sa condition empirer, et qui n’a pas constaté de différence après les
services reçus du système de soins de santé? Il en est ainsi parce que les rensei-
gnements utiles touchant la performance de notre système serviraient à mesurer
la performance des responsables de ce système, et il n’est évidemment pas dans
leur intérêt de recueillir ces renseignements”.
Vision EXTRÈMEMENT intéressante et très probablement juste de la situation.
Pour vous en convaincre, aller juste achetez quelque chose....
Si vous allez faire votre épicerie, la cane de bines que vous passez sur le lecteur
optique a en effet été produite dans des conditions réglementés.
Le poulet fut abattu et inspecté par un vétérinaire d’Agriculture Canada dans un
abattoir construit selon des normes strictes. Vous passez ces deux items sur le
lecteur et votre “épicier” favori sait déjà à son bureau chef qu’il faut qu’il envoie
une cane de bines et un poulet au magasin que vous venez de visiter. Ça c’est
de la gestion des stocks!
Vous allez acheter un paquet de 2X4 pour refaire le patio, même système de gestion
des stocks. Mieux, le morceau de bois fut découpé dans une scierie où la scie est
branchée sur les cours de la Bourse pour le bois et le bout de bois fut découpé pour
optimiser le plus possible son volume selon les prix du bois, ça c’est ce que j’appelle
de la rétroaction directe.
Comparez ça maintenant avec vos conditions de pratique...
Pourquoi est-ce qu’on fonctionne encore comme dans le temps des bonnes soeurs?
C’est complètement débile si vous y pensez un petit moment, on gère mieux la
production de bines et de 2X4 que les soins à la population.
La “rétroaction” dans notre système de santé est inexistante pour deux raisons:
1-La mauvaise organisation des gens qui pourraient donner cette rétroaction,
On parle ici des médecins, infirmières, gestionnaires du réseau et patients.
Et cette mauvaise organisation est désirable...du point de vue du MSSS.
2-La “surdité” relative des responsables supposément “imputables” du réseau.
Un exemple qui illustre bien ce qui se passe. Je me fais dire en pleine séance
de négociations que les conditions de travail dans les urgences ne peuvent pas
être si pires que ça parce qu’on entends jamais les médecins d’urgence en parler!
Je ne comprend pas, les médecins de l’hôpital Charles-Lemoyne ont envoyés durant
des semaines, à tous les jours, des lettres de plaintes à leur DG, DSP, à la RR ainsi
qu’au Collège des médecins pour dénoncer la pénurie de personnel infirmier et les
locaux vétustes dans lesquels ils travaillaient.
Donc, ce n’est pas parce qu’on ne le dit pas mais c’est surtout parce qu’on ne le dit
pas aux bonnes personnes ET que les personnes à qui on le dit ne veulent rien
entendre.
Dans le futur, on devra donc inclure les médias, les groupes d’oppositions, des lobbys
tel que AIMS, les regroupements de patients, l’AHQ et nos fédés.
On devra aussi avoir une approche commune et une lettre de plainte uniforme pour
toute la province. On a pas le choix, c’est à leur avantage de ne rien entendre, il
faudra donc le dire plus fort et autrement. Je vais travailler là-dessus prochainement.
Salut,
Claude Rivard, md
