************** Les m�decins ne tr�nent plus en haut de l'�chelle des salaires, leur statut social est en baisse (� noter que la profession se f�minise, triste ironie) seules leur longue scolarit� et la moyenne des heures travaill�es sont rest�es les m�mes que par le pass�. *********
Un vieux principe �conomico-social veut qu'une profession qui se f�minise signifie qu'elle se d�valorise. C'est pas un jugement de valeur, simplement le r�sultat de la consid�ration encore ancr�e que le salaire de l'�pouse est le compl�ment de celui du mari .... et ce n'est pas qu'une consid�ration, c'est une triste constatation sociale au regard de l'�cart toujours existant des r�mun�rations entre les Hommes et les Femmes ..... Donc, � quoi bon am�liorer la situation financi�re de ce qui n'est qu'un compl�ment salarial Familial ? Les M�decins deviendront-ils les premiers alli�s des F�ministes ? L'avenir le dira .... Mais il est vrai que cette f�minisation est, au del� du probl�me g�n�ral d�mographique, le ph�nom�ne le plus important en terme de cons�quences d'organisation de notre profession. YL -----Message d'origine----- De : [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] De la part de J.P. Blondeau Envoy� : vendredi 6 d�cembre 2002 15:50 � : URG-L Mailing List Objet : URG-L: denise bombardier Voici le texte complet de Mlle Bombardier JPB Haro sur les m�decins Denise Bombardier �dition du samedi 2 et du dimanche 3 novembre 2002 Mots cl�s : Qu�bec (province), sant�, M�decin, �galit� Posons au d�part la pr�misse qu'au Qu�bec les �lites sont une cat�gorie � laquelle l'on accorde peu de vertus. Qu'on se le dise, ceux qui savent plus ou trop, ceux qui gagnent plus ou trop d'argent, ceux qui exercent plus ou trop de pouvoirs et ceux qui ont le malheur de porter des jugements de valeur reposant sur des principes, tous ces gens sont soup�onn�s de trahison de classe. Depuis la fin du marxisme actif, cette derni�re expression est rarement utilis�e mais l'on observe que l'esprit nivel� se perp�tue. �On est tous �gaux�, le refrain est bien connu. Il n'est pas dans notre intention de commenter ici les n�gociations entre l'�tat et les diverses associations m�dicales, ce qui est fait abondamment ailleurs. Autrement dit, il ne s'agit pas de rechercher les torts des uns ou des autres. Cependant, l'on constatera que d�s qu'il s'agit des m�decins, une r�action, �pid�mique dirions-nous, surgit dans la population aliment�e par un discours officiel allusif, toujours teint� de d�magogie. Les m�decins, dans l'imagerie populaire et dans l'esprit de technocrates form�s dans les sciences sociales des ann�es soixante, soixante-dix, appartiennent � un univers � part. De fait, cela n'est pas faux puisque le m�decin demeure l'�quivalent du sorcier des soci�t�s primitives. On le craint, et cette crainte repose sur son pouvoir de vie ou de mort. Beaucoup de m�decins de nos jours ont du mal � comprendre l'effet que leur seule pr�sence provoque chez les malades potentiels que nous sommes tous. Ils sont les annonciateurs de bonnes mais surtout de mauvaises et fatales nouvelles. Partout, en Occident, � cause du vieillissement, les co�ts de la sant� explosent, les soins se d�t�riorent et par cons�quent, la pratique m�dicale devient difficile. Or, au Qu�bec, les autorit�s politiques et les fonctionnaires du minist�re de la Sant� se comportent comme si les m�decins �taient des accus�s d'un crime social. Si l'on se laissait aller � quelque outrance, l'on dirait qu'il y a du ressentiment et de la vengeance dans la fa�on de traiter avec eux. Or, contrairement aux lieux communs et aux pr�jug�s ind�racinables, les m�decins ne sont plus ni riches, ni omnipotents, ni tyranniques, si d'aventure ils l'ont �t� dans le pass�. Car pour m�moire et pour �clairer les affrontements actuels qui donnent envie aux jeunes m�decins de s'exiler en dehors du Qu�bec comme jamais auparavant, r�action irresponsable au demeurant, appelons � la rescousse notre ma�tre, le pass�. Oui, les �docteurs� comme on les appelait alors -- et l'on d�signait leurs �pouses de Madame Docteur -- incarnaient avec les pr�tres et les avocats-notaires la Sainte Trinit� de la vie sociale. M�me les plaques min�ralogiques des voitures identifiaient les docteurs, ce qui, soit dit en passant, permettait de les r�quisitionner en cas d'accidents de la route. La plupart d'entre eux gagnaient encore plus d'argent que les heures qu'ils travaillaient et ce n'est pas peu dire. Les voitures de luxe, les voyages, les h�tels chics, les grands restaurants, telle �tait la vie de docteur. Alli�s des religieuses � l'h�pital, ils imposaient leur loi avec une autorit� qui pouvait souvent se transformer en pouvoir tyrannique. Bref, ils r�gnaient, et la population s'inclinait devant eux car elle les craignait autant qu'elle les respectait. Disons qu'un certain nombre dans la confr�rie en a abus�. Or, les temps ont bien chang� et les �lites aussi. Les technocrates de l'apr�s-R�volution tranquille ont �rod� le pouvoir des m�decins � leur profit. D'ailleurs, gr�ce � la complicit� de certains d'entre eux car la m�decine engendre aussi des technocrates. On est donc anti-m�decin comme on est anticl�rical. Le probl�me c'est qu'il n'y a plus lieu de l'�tre. Les m�decins ne tr�nent plus en haut de l'�chelle des salaires, leur statut social est en baisse (� noter que la profession se f�minise, triste ironie) seules leur longue scolarit� et la moyenne des heures travaill�es sont rest�es les m�mes que par le pass�. Version pour imprimer Faire suivre ... Ceux qui veulent en d�coudre avec les m�decins, les mettre � leur place, diraient-ils, ont souvent plus de tol�rance pour d'autres cat�gories sociales, la leur au premier chef. Ils sont � la recherche de boucs �missaires et puisent dans leurs vieilleries id�ologiques les artefacts de l'ancienne lutte des classes. D'autres jugent les m�decins en fonction d'exp�riences malheureuses ou tragiques. D'autres enfin voudraient au nom de l'�galit� de tous, qu'on traite les m�decins comme les autres travailleurs d'�tablissements hospitaliers. � leurs yeux, pas de distinction entre m�decins, infirmi�res, pr�pos�s aux malades ou aux cuisines. Par la nature du travail, par le nombre d'ann�es d'�tudes consacr�es � la formation, par la responsabilit� rattach�e � leur fonction, par l'obligation de vivre au coeur de l'angoisse humaine, le m�decin a droit � des �gards et � une valorisation sociale. Beaucoup de patients cependant expriment leur reconnaissance, un mot tabou dans l'univers de ceux qui portent leurs droits en bandouli�re. L'altruisme d'un nombre consid�rable de m�decins ne peut �tre effac� par les comportements hautains ou arrogants de quelques-uns qui se croient encore dans le �bon vieux temps� du r�gne m�dical. Une soci�t� qui traite ses m�decins sans �gard, avec soup�ons, leur envoyant m�me des hommes de loi pour les kidnapper est une soci�t� atteinte d'une maladie pernicieuse qu'on pourrait qualifier de d�g�n�rescence morale. [EMAIL PROTECTED]
