Le lundi 03 mars 2003
Le Bulletin de sant�: propagande politique
Le Droit
Il y a quelques mois, plusieurs h�pitaux du Qu�bec, incluant
celui du Pontiac, se sont vus d�cerner une note de passage incroyablement haute.
Dans les circonstances, selon le Bulletin, la population serait satisfaite des
soins re�us et le Centre hospitalier du Pontiac a la plus haute note de
l'Outaouais. Malheureusement, la r�alit� est toute autre que ce qu'on veut nous
faire croire. Une grande partie des professionnels de la sant�, plusieurs
patients et leur famille voient les choses diff�remment.
Les patients doivent attendre de plus en plus longtemps �
l'urgence avant d'�tre admis. Aujourd'hui, il n'est pas rare de les voir
attendre jusqu'� deux jours pour �tre admis � l'urgence. Des patients souffrant
du cancer en phase terminale sont morts � l'urgence, faute de pouvoir les
hospitaliser dans un lieu qui aurait pu leur assurer la dignit� qu'ils
m�ritaient. D'autres doivent trop souvent �tre �valu�s dans les corridors de
l'urgence, sans rideau, � la vue de tout le monde. O� sont l'intimit�, la
confidentialit� et la dignit� qui leur est due, que le syst�me et plusieurs
gestionnaires leur ont vol�es ?
Inaccessible dans un
d�lai
raisonnable
Les coupures en physioth�rapie et l'incapacit� de plusieurs
patients � faible revenu et sans assurances rendent ce service inaccessible dans
un d�lai raisonnable. Souvent, des interruptions de service, notamment la
chirurgie, ont eu lieu malgr� la disponibilit� des m�decins. Elles r�sultent
d'un manque de professionnels de soutien essentiel (ex : inhaloth�rapie). Ainsi,
il a fallu transf�rer une patiente enceinte � Gatineau, qui n�cessitait une
c�sarienne d'urgence (avec les risques d'un tel d�placement). Ce service aurait
d� �tre offert dans le Pontiac.
Il est honteux de voir quelques membres de la
direction se vanter de cette illusion dans de telles circonstances. Personne au
Qu�bec ne devrait en faire un capital politique. Si l'�tablissement a pu tenir
le coup jusqu'ici, c'est gr�ce � ses intervenants sur le terrain. Les
infirmi�res sont souvent forc�es de faire du temps suppl�mentaire.
Inhaloth�rapeutes, physioth�rapeutes, ergoth�rapeutes et plusieurs autres
professionnels ont fait des efforts surhumains pour maintenir les services,
malgr� des remarques irrespectueuses � leur �gard provenant de certains membres
de la haute direction. � cause d'un manque de soutien trop fr�quent de leur
part, les intervenants ont de la difficult� � donner un service optimal, les
risques d'erreur augmentent et la s�curit� des patients peut �tre
compromise.
Il est facile de toujours bl�mer les autres et les coupures
budg�taires pour les difficult�s que tous vivent. Par contre, la direction
oublie de regarder dans sa propre cour. Le manque de financement allou� � notre
institution devra dor�navant �tre d�pens� judicieusement. Le personnel et les
professionnels doivent �tre consult�s sur le choix des priorit�s. L'approche
unilat�rale actuelle est inacceptable.
Ces derni�res ann�es, on a pu observer
des lacunes � plusieurs niveaux dans la gestion. La direction a failli dans la
stabilisation des effectifs de plusieurs d�partements, le recrutement et la
r�tention de la main-d'oeuvre causant des bris de service. Le manque de respect
de la haute direction envers les professionnels nuit � l'application de soins de
qualit�. Le processus de nomination � des postes de direction est de pauvre
qualit�. Ceux qui les occupent devraient avoir les qualit�s et qualifications
requises. Nous vivons un deuxi�me int�rim au poste de directeur g�n�ral en pr�s
de deux ans. Le premier nous a donn� un r�pit et lib�r� temporairement d'un
climat malsain. Le deuxi�me, qui fait face � un grand d�fi, a-t-il les mains
li�es et des moyens limit�s dans ses fonctions ?
Nous demandons que l'int�rim
de la direction soit termin� et que le poste de directeur g�n�ral soit offert
pour un mandat complet. Nous demandons que les nominations du directeur g�n�ral
et des autres cadres passent dor�navant par un processus de s�lection qui
respecte les r�gles de l'art. Nous exigeons que les gestionnaires rendent des
comptes de fa�on ad�quate, honn�te, respectueuse et transparente envers la
main-d'oeuvre de l'�tablissement et la population. Nous souhaitons que tous les
paliers d�cisionnels dans le syst�me de la sant� en fassent autant. Nous
souhaitons que le Bulletin de sant� mesure vraiment l'impact sur la population,
qui doit manifester son d�saccord envers les baisses de services et s'impliquer
davantage dans les �lections des membres des conseils d'administration des
�tablissements publics.
Pascal Croteau,
chef de m�decine
g�n�rale,
Earl Potvin, chef de chirurgie,
Catherine Jacquier,
chef
d'anesth�sie,
Thomas Oneil,
m�decin,
Donna Courchesne,
chef du
service d'obst�trique,
Lucie Mutchmore,
m�decin
Runi
Chattopadhyay,
chirurgie g�n�rale,
Peter Talke,
m�decin
c'est la nouvelle saisons de la chasse
�lectorale
MOT CLEF PROPAGANDE
Ie Pub politque aux frais de l'�tat
plutot qu'au parti politique
A+
Pigaro