Urgences - Des voix s'�l�vent contre l'abolition du comit� d'experts
Isabelle Par�
Le Devoir
�dition du mercredi 4 juin 2003

Mots cl�s : Qu�bec (province), sant�, H�pital, urgences

Plusieurs voix mettent en garde le gouvernement lib�ral contre la tentation
d'abolir le comit� d'experts sur les urgences, cr�� par les p�quistes pour
venir � la rescousse des urgences mal en point. D'autres estiment par contre
qu'il faut en revoir la mission pour pouvoir mieux s'attaquer � la source du
probl�me, souvent situ�e hors des salles d'urgence encombr�es par les
civi�res.

Dans son �dition d'hier, Le Devoir indiquait qu'une r�flexion �tait en cours
au minist�re de la Sant� pour �valuer la pertinence de maintenir actif ce
comit� cr�� en 2000 pour venir en aide aux urgences encombr�es. Hier, ce
projet a suscit� des r�actions mitig�es.

�Je ne pr�conise pas l'abolition de ce comit�, mais je pense que revoir son
mandat est fort pertinent, ainsi que sa composition puisqu'on constate que
les probl�mes des salles d'urgence continuent malgr� tout. Le mandat du
comit� est de s'attaquer � la gestion interne; or on sait aujourd'hui que
les probl�mes se situent aussi avant et apr�s�, a fait valoir hier le Dr
Renald Dutil, pr�sident de la F�d�ration des m�decins omnipraticiens du
Qu�bec (FMOQ).

Selon ce dernier, il importe d'ajouter � ce comit� des gens aguerris dans
les soins � domicile et le suivi de client�le, puisque c'est souvent l� que
le b�t blesse. �Le comit� ne comprenait personne qui travaillait en amont et
en aval des salles d'urgence�, plaide-t-il.

L'Association de la m�decine d'urgence du Qu�bec (AMUQ) s'explique mal,
quant � elle, qu'on doute de l'utilit� d'un tel comit�. �Pour avoir �t� sur
le terrain, je ne suis pas surpris que certaines interventions n'aient pas
eu l'impact souhait�. Parfois, les gens dans les h�pitaux avaient bien peu
de pouvoirs pour faire changer les choses. La culture d'un h�pital est tr�s
difficile � changer�, a fait valoir hier le Dr Julien Poitras, porte-parole
de cette association, qui a agi b�n�volement � ce comit� � quelques reprises
� titre d'expert.

Pour ce dernier, il est injuste d'imputer le manque de r�sultats � la seule
efficacit� de ce comit�.

Un rapport d'�valuation interne du minist�re de la Sant� effectu� sur les
r�alisations de ce comit� estime quant � lui que l'aide de ces sp�cialistes
n'aurait eu qu'un impact limit� sur les urgences. En janvier 2003, seulement
neuf h�pitaux b�n�ficiaient d'un �accompagnement� et huit autres esp�raient
obtenir de l'aide au cours des prochains mois.

Du c�t� de l'Association des h�pitaux du Qu�bec (AHQ), on trouve aussi que
le mandat du comit� doit �tre revu. �On ne remet pas en question l'existence
du comit�, mais on se rend bien compte que son intervention ne r�gle pas
tout, puisque les probl�mes des urgences continuent�, a soutenu hier la
porte-parole de l'AHQ, Lisa Massicotte.

Certains de ces h�pitaux, contact�s hier, se sont pourtant montr�s fort
satisfaits du travail r�alis� � ce jour par ces experts. �C'est toujours
pertinent que des gens arrivent avec une vision neutre, mais c'est s�r que
cela a ses limites. Ils sont venus ici trois ou quatre fois et, au niveau
local, on a peut-�tre pas fait tout notre travail�, a comment� hier le Dr
Bernard Mathieu, chef du service des urgences � l'h�pital
Maisonneuve-Rosemont.

� l'h�pital Sacr�-Coeur, o� l'on travaille avec des experts du comit� depuis
environ deux ans pour am�liorer la gestion de l'urgence, on estime que cet
apport a eu un effet inestimable au d�but. �Cela nous a permis de faire des
diagnostics pr�cis et de trouver de vraies solutions. Mais parfois, il nous
manque de moyens pour appliquer la totalit� du plan d'action. C'est pour
cela que les choses ne changent pas du tout au tout�, a soulign� Christine
Dani�le, responsable des communications pour cet h�pital.

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