Title: Message
Bonjour Claude, comme d'habitude, tr�s bonne analyse, mais quelque points m'�chappent encore.
 
Quand tu n'as plus de PREM'S dans ta r�gion.
Quand plusieurs urgences de la dite r�gion sont � la limite des effectifs et doivent finalement travailler plus qu,ils n,en veulent.
Quand le DRMG d�cide de fixer la barre � ce m�me niveau. ( En fait il semble que ce soit le minist�re qui fixe les PEM comme en t�moigne la lettre du 17 f�vrier fixant les PEMS au niveau dela facturation de janvier 2004)
Quand le DRMG (ou plut�t le minist�re) ne reconnait pas la notion de d�part pour maternit� et que les 6 derni�res personnes que tu as engag� sont des jeunes femmes en �ge de procr�er et qui comptent bien avoir des enfants dans leur premi�res ann�es de pratique.
Quand il faut se battre pour faire comprendre qu'un m�decin ne travailles pas 52 semaines par ann�e et qu'il faut �tre une peu plus pour compenser les vacances de tout le monde ( je devrait plut�t dire cong�s sans soldes)
Quand le DRMG ne reconnait pas la relance de l',urgence ( qui est l� pour �viter le retour de patients � l,Urgence.) comme AMP.
Quand dans ton h�pital, tous les omnis ont sacr�s leur camp depuis plusieurs ann�es et que les PEM en omnipratique ne permettent que l'ajout d'une seule �quipe d'omnipratique.
Quand, avec a peine une �quipe de plus tu ne peux m�me pas consid�rer d�vellopper quoi que ce soit (relance,  m�decine d'un jour, court s�jour,etc.) tant les besoins de base ne sont pas combl�s.
 
IL ne faut pas se leurer, les DRMG ne vont pas fixer la barre trop haut. ILs ne vont quand m�me pas sortir tous les m�decins de leur bureau...On ne vas pas trop bonifier les PEM en �tablissement pour favoriser le d�velloppement d'�quipes m�dicales intrahospitali�res. Une fois l'urgence remplie (selon les crit�res du DRMG), une fois le PEm de l'h�pital rempli, on passe au CHSLD, puis ainsi de suite. Pas �vident qu'une fois toutes les cases remplies, il va rester beaucoup de place pour faire du d�velloppement.
Encore une fois aussi , je suis convaincu qu,on ne r�ussira pas ( et `ce n'est surement pas souhaitable) � faire revenir de force les m�decins de bureau � l'urgence. Ils vont peut-�tre �tre encourag�s � faire de l'hospitalisation mais pas de l'urgence j'en suis certain. 
Regarde juste ici dans les Laurentides,  juste avec les PREM octroy�s cette ann�e, on s'arrache les nouveaux m�decins et la majorit� des centres ne peuvent m�me pas combler leur d�parts. Qui va combler le reste ?  J,ai bien h�te de recevoir mon premier appel d'un m�decin install� dans la r�gion qui veut tenter un retour � l,urgence ... 
 
Moi je suis inquiet quand je vois une jeune finissante qui obtiens un PREM mais seulement avec l'obligation de pratiquer � l'urgence,  quand toutefois elle pr�f�rerait pratiquer en CHSLD. On lui refuse alors son PREM pr�textant qu'ele est apte � pratiquer � L'urgence et qu'elle doit combler cet AMP avant tout. ( En passant, elle a opt� pour l,Ontario)
 
On ne te dis pas seulement ou tu vas pratiquer, mais aussi quel type de m�decine tu vas pratiquer ! C,est beau l'autor�gulation ...
 
Bref, je trouve le principe bien beau et je suis le premier � d�crier le manque d'implication des m�decins dans les pratiques pls lourdes. Je suis certains que le retour de m�decins dans des activit�s hospitali�res ne pourra qu'�tre b�n�fique. Par contre pour la pratique de l'urgence, compte tenu de manque de m�decins int�ress�s par cette pratique et compte tenu du faible taux de graduation pour les quelques prochaines ann�es encore, je crois que les mesures de r�partition (de la pauvret�) en place ne vont q'aider � d�stabiliser plusieurs urgences qui n'auront plus les moyens de renouveler leur �quipes faute de PREM r�gionaux. Au lieu d'avoir quelques urgences avec des probl;emes d'effectifs, on vas avoir plusieurs urgences qui vont devoir bruler la chandelle par les deux bouts un peu partout au qu�bec. 
 Aussi, JE ne suis pas certain que d'avoir le go�t de compter parmis mes confr�res un ou des m�decins "forc�s" par le DRMG � patiquer `l'urgence.
 
Ca fait 7 ans que j'y suis et je ne me vois pas pratiquer ailleurs m�me si je trouve les conditions de travail de plus en plus lourdes � supporter ( sur achalandge, horaires de fou, risque m�dico-l�gal �lev�, manque de ressources et d'appui, et j'en passe). C,est mon choix personnel et je ne bl�merait  personne qui ne voudrait pas travailler dans cet environnment l�. Ce n,est pas seulement une question de r�mun�ration.
 
Qu'Est ce qui est mieux ? obliger le monde � venir travailler � l'urgence ou � l'hospitalisation et ne rien changer ? POurquoi pas tiens bonifier de facon significatives les conditions de trvail des m/decins qui optent pour ce type de pratique. ?  Il y a � peine 2 ans je me souviens tr�s biens voir entendu un rep�sentant de la FMOQ encore en poste dire devant tout le (petit) groupe d'omnis que ces derniers n,avaient pas leur place dans les h�pitaux et que c,�tait la place des sp�cialistes...
 
En tout cas, qui vivra verra ...
 
J'esp�re que vos urgences ont n�goci�s leur PEM de facon � pouvoir garder la pratique viable et permettre de voir partir un, deux , voire m�me trois m�decins en cong� de maternit� sans �tre oblig� de mettre les bouch�es double tout le temps parce que ca va �tre long lontemps dans certaines r�gions ou les PREMS se font rares et ou le nombre de m�decins apte � pratiquer en urgence n'est pas tr�s �lev�s.
 
MG
 
 
 
 
 
 De : [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED] De la part de Claude Rivard
Envoy� : 14 avril 2004 23:24
� : [EMAIL PROTECTED]
Objet : URG-L: Avant de jeter la pierre...

Quelques opinions sur le dernier message concernant les PREM et AMP.
Je vous le renvoie sans le look “cahier � anneaux” et avec des caract�res
un peu plus gros, question de lisibilit�.

“L� ou le b�t blesse selon moi c’est que le PREM r�gional inclut l’urgence avec
la m�decine g�n�rale.”

Il existe 2 PREM, un pour les omnipraticiens et un pour les sp�cialistes.
Les omnis se retrouvent partout, les sp�cialistes seulement � l’h�pital,
Voil� pourquoi les d�parts de sp�cialistes doivent �tre remplac�s.
Si tu joue tes cartes comme il faut, tu pourrais exiger qu’un m�decin
qui ne fait que de l’urgence ou de l’hospitalisation soit consid�r�
comme “rempla�able” au m�me titre qu’un sp�cialiste.

“Un centre hospitalier peut avoir un PEM non combl� (donc besoin de m�decins)
mais ne plus avoir de PREM disponible dans la r�gion”.

C’est en effet tr�s possible et ceci veut aussi dire qu’il n’y aura pas d’AMP
suppl�mentaires qui devraient �tre accept�s par le DMRG de ta r�gion.  Si
il existe des besoins en urgence (1ere AMP) dans ta r�gion, les m�decins
de bureaux qui demandent que leur SRV de soir et de fin de semaine soit
reconnu comme AMP ne pourront jamais le faire accepter par le DMRG.

Ces m�decins devront “revenir” � l’h�pital et il s’agira alors d’�tre imaginatifs.
Est-ce que ces m�decins ne pourraient pas faire une clinique de relance ou
encore du travail � l’urgence-mineure (qui, il faut bien le dire, ressemble �
du SRV pour la majorit� des urgences du Qu�bec).  Les m�decins plus qualifi�s
pourraient se taper les ambulances et les salles � codes.

“Pour finir le tout, j’ai cru comprendre qu’ils n’ont pas vraiment la moindre id�e
au minist�re et � la DMRG comment d�finir un m�decin d’urgence-type”

Je vais corriger et ratisser plus large:
Le minist�re a son id�e depuis longtemps sur ce � quoi devrait ressembler
la pratique m�dicale au Qu�bec.  La d�finition d’un m�decin d’urgence-type
on s’en balance car elle est diff�rente d’un CH � l’autre dans une m�me r�gion.

Le MSSS a besoin d’une police des docteurs et ce sera le DMRG qui devra
faire appliquer les r�gles.  Le probl�me est que chaque DMRG poss�de des
comp�tences “variables” en la mati�re.  La preuve, le chef de mon DMRG
m’a affirm� aujourd’hui que les nouveaux docteurs qui n’ont pas de
certificat de conformit� auront une p�nalit� de 30% sur leur salaire.
La r�alit� est toute autre, ces m�decins ne seront pas pay�s du tout si
ils n’ont pas de certificat de conformit� du DMRG ou de l’Agence.

Les mots “plus beaucoup d’autonomie professionnelle” sont un euph�misme
et la vision d’un syst�me payeur “seulement si le docteur fait ce qui doit
�tre fait et � l’endroit jug� n�cessaire” est tr�s juste.  Les mots “billing
number” viennent � l’esprit de plusieurs m�decins actuellement.

“Plus je me dis qu’on s’est vraiment fait fourrer par nos amis de la FMOQ
dans cette histoire et qu’encore une fois, ce sont les jeunes m�decins
qui sont sacrifi�s au front pour r�gler les probl�mes du syst�me”

D�sol� de te contredire, le Dr Dutil a vu passer 8 ministres de la Sant�
et est un bonhomme que tu esp�re avoir de ton bord de table lors d’une
n�gociation.  Il a fait le pari que les m�decins s’auto-r�guleraient eux-m�mes
lors de la derni�re n�go.  Autrement dit, il esp�re que les trous des AMP
se rempliront partout par les m�decins omnipraticiens sans que le DMRG
ne soit oblig� de faire du tordage de bras.

Je n’ai que 9 ans de pratique, disons que j’ai le “bras dans le tordeur” pour
un bout de temps encore.  Dire que ce sont les jeunes m�decins qui sont
sacrifi�s ne tient vraiment pas compte des milliers de docteurs qui ont
moins de 20 ans de pratique et travaillent en bureaux et CLSC et se font
envoyer des lettres par la RAMQ les enjoignant � inclure des AMP dans
leur profil de pratique sous peine de p�nalit� de 30% de leur salaire.

La pratique m�dicale � tellement chang� dans les derni�res ann�es
qu’il est plus sage de faire revenir � l’h�pital un m�decin qui l’a quitt�
il y a 5 ans qu’un m�decin qui l’a quitt� il y a 15 ans.

Dans une situation de p�nurie, il n’y a qu’une fa�on �l�gante de s’en
sortir, il faut que tout le monde mette l’�paule � la roue si on veut aller
quelque part.  On peut d�cider de le faire volontairement, comme le
Dr Dutil l’esp�re encore, ou encore y �tre forc�.  �tre forc�, �a s’appelle
un d�cret et personne ne voudrait voir �a appliqu� au Qu�bec.

Salutations,

Claude Rivard

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