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From: Charles Brault <[EMAIL PROTECTED]>
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Sent: Friday, November 17, 2006 9:58:14 PM
Subject: URG-L:LA MISE EN PLACE D'UNITÉS DE DÉBORDEMENT FAUSSER


 
Me semble qu'on savait tous ça ! ????    ;-o
 
LA MISE EN PLACE D'UNITÉS DE DÉBORDEMENT FAUSSERAIT LES STATISTIQUES
Des séjours aux urgences ne sont pas comptabilisés
André Noël et Katia Gagnon
La Presse
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, induit la population en erreur 
quand il affirme que la situation des urgences s'est améliorée depuis 2003, 
soutiennent des médecins d'hôpital.

Selon eux, les chiffres sur le temps de séjour dans les urgences sont 
trompeurs. Des dizaines de patients sont vite envoyés dans des « unités de 
débordement «, où ils peuvent rester plus d'une semaine. Mais tout ce temps 
passé sur des civières n'est pas comptabilisé comme un séjour aux urgences.

Des médecins qui ont participé à une enquête à la demande de La Presse, depuis 
le printemps dernier, ont révélé que ces unités de débordement existent un peu 
partout au Québec. Les exemples les plus flagrants se trouvent à la Cité de la 
Santé à Laval et à l'hôpital du Sacré-Coeur à Montréal, mais on en retrouve 
aussi au centre hospitalier Pierre-le-Gardeur, au centre hospitalier de 
Saint-Jérôme, au centre de santé et services sociaux des Sommets, plus au nord 
dans les Laurentides, et dans au moins un hôpital de Québec.


«Ces unités de débordement reflètent un problème majeur. La situation dans les 
salles d'urgence de Montréal, après s'être améliorée quelque peu ces dernières 
années, est revenue depuis quelques mois à l'état déplorable connu entre 1998 
et 2003», affirme le chef urgentologue de l'hôpital du Sacré-Coeur, le docteur 
Michael Garner.

Dans cet hôpital, les unités de débordement ont été mises sur pied à partir de 
2003, indique Josée-Michèle Savard, porte-parole de l'hôpital. Les unités de 
débordement sont «une pratique courante», dit un médecin de l'hôpital Le 
Gardeur, qui a participé à notre enquête. «Le but, c'est que les patients 
n'apparaissent plus dans les statistiques des urgences, puisqu'ils sont 
théoriquement hospitalisés.»

Depuis au moins un an, le ministre Philippe Couillard s'appuie sur ces 
statistiques officielles pour affirmer que la situation s'est améliorée dans 
les urgences du Québec. «C'est très clair, ça va mieux dans la grande majorité 
des urgences», a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale en mai dernier.


Une baraque recouverte de tôle


À la Cité de la Santé de Laval, il y a trois unités de débordement. L'unité A, 
la plus ancienne, a été construire en 2003, l'unité B date d'un an et la C de 
quelques mois à peine, indique Mathieu Vachon, porte-parole de l'hôpital. 
Désormais, dans ces trois endroits, on peut loger jusqu'à 80 patients.

La principale unité est installée dans une baraque temporaire, recouverte de 
tôle et percée de minuscules fenêtres. Les civières s'alignent le long des 
murs, proches les unes des autres. Les 40 patients n'ont que deux toilettes à 
leur disposition, chacune munie d'un lavabo, mais il n'y a pas de douche ou de 
baignoire.

«J'avais un voisin qui parlait toute la nuit et qui se plaignait sans arrêt, 
raconte une patiente qui a passé une semaine dans cette unité, après un séjour 
de moins de 24 heures aux urgences. Ça m'empêchait de dormir. J'ai demandé 
qu'on m'envoie dans une chambre. J'ai dit que je n'étais pas là pour me rendre 
malade, mais pour avoir un certain repos. Le personnel a changé mon voisin de 
place...»

Officiellement, les urgences de la Cité de la santé figurent à une place 
enviable au palmarès des urgences, que La Presse a publié au printemps dernier. 
Durée moyenne de séjour: 16 heures. Sur papier, une infime minorité de patients 
(1,48%) restent plus de 48 heures aux urgences.

Mais tous ces jours passés dans les unités de débordement ne sont pas 
comptabilisés comme du temps passé aux urgences, admet Mathieu Vachon, 
porte-parole de l'hôpital. «La fameuse image des urgences où les corridors sont 
remplis, ça n'existe plus ici, grâce aux salles de débordement, dit-il. Ce ne 
sont pas des chambres, mais c'est mieux que des corridors.»


Le «palace» de Sacré-Coeur


À Sacré-Coeur, lors de notre visite cette semaine, 40 patients se trouvaient 
dans les trois unités de débordement. Au quatrième étage, aile C-F, des 
cardiologues ont été évincés de leurs bureaux l'an dernier pour que l'on puisse 
y loger des patients, qui cohabitent désormais à trois ou quatre dans ces 
pièces exiguës. Les huit salles de l'endroit abritaient cette semaine pas moins 
de 25 patients. Qui disposent, en tout et partout, d'une seule salle de bains, 
où l'on compte deux toilettes, un lavabo et une douche.

«On nous dit que c'est temporaire, mais quand on installe un poste de garde, ça 
veut dire: on est là pour longtemps», dit un médecin de l'hôpital, qui a requis 
l'anonymat. L'une de ses patientes se trouve justement dans l'unité: la vieille 
dame est là depuis 10 jours, nous indique-t-il. «Le palmarès des urgences, 
c'est du camouflage», dit-il, indigné.

Autre unité de débordement: la salle des soins intensifs, qui a été amputée 
pour accueillir 10 patients des urgences, et aussi un solarium du 5e D, baptisé 
par dérision «le palace» par le personnel. Les lits sont placés à moins de deux 
mètres les uns des autres, séparés par de simples rideaux. Dans le coin, un 
tout petit bureau pour l'infirmière. Les internes prennent des notes où ils 
peuvent.

André Longpré, 66 ans, s'y trouvait hier. «Je suis arrivé il y a une semaine, 
dit-il. J'ai passé deux jours aux urgences. On m'a transféré ici il y a cinq 
jours. C'est pas comme une chambre. C'est bruyant, il y a beaucoup de 
va-et-vient. C'est une civière, pas un lit... mais c'est quand même mieux qu'un 
corridor. De toute façon, je n'ai pas le choix!»

L'administration de l'hôpital estime que M. Longpré est un patient 
«hospitalisé». Même s'il n'a ni chambre ni lit. «Ces patients sont sur des 
civières. Mais ce sont des civières de longue durée, indique la porte parole de 
Sacré-Coeur, Josée-Michèle Simard. Ce n'est pas ce qu'on souhaiterait leur 
offrir, mais c'est tout ce qu'on peut leur offrir.»


Mieux que dans le couloir


Au Ministère, on affirme que ces salles de débordement ont toujours existé. La 
directrice de l'accessibilité aux services, Yolaine Galarneau, est cependant 
incapable de préciser combien de patients peuvent se retrouver dans ces salles 
à Montréal. «Ça fluctue constamment», dit-elle. Y en a-t-il plus ou moins 
qu'avant 2003? «Je ne peux pas vous répondre», dit-elle.

Elle fait valoir que les unités de débordement sont mieux qu'une place dans le 
couloir des urgences. «Souvenez-vous de ces images: en plein corridor, les 
fesses à l'air, en jaquette, pas de salles de bains à proximité. On a 
considérablement amélioré ça. Le problème des urgences est en voie de 
résolution.»

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