PONTAGE CORONARIEN
Reporter la chirurgie augmente la survie après un infarctus
Isabelle Burgun
Agence Science-Presse

En matière de pontage coronarien, attendre quelques jours avant d'opérer 
pourrait être bénéfique pour bien des patients. Cinq fois plus de personnes 
décéderaient lorsqu'elles sont opérées dans les premières heures après leur 
infarctus.

Les patients âgés de plus de 65 ans restent les plus fragiles. « Plus 
l'intervention est précoce, plus ils courent de risque. Ce groupe de patients 
conserve une plus grande mortalité même après 30 jours d'attente », relève le 
Dr Voisine de Centre de recherche de l'Hôpital Laval.

Une étude québécoise, présentée en 2006 au Congrès annuel du European Society 
of Thoracic Surgeons, démontre que la mortalité périopératoire tend à augmenter 
lors de chirurgies précoces chez les personnes ayant fait des infarctus du 
myocarde.

Lorsque l'irrigation sanguine s'interrompt, il en résulte souvent un infarctus 
et une lésion dans le myocarde, cette couche musculaire centrale de la paroi du 
cœur. Le pontage coronarien permet de rétablir la circulation au moyen d'une 
dérivation des artères qui alimentent le cœur en sang — un « pont » de 
vaisseaux provenant des jambes ou de la région mammaire — afin de contourner la 
partie nécrosée.

Patience et longueur de temps

L'idéal serait d'attendre une semaine avant d’opérer. Le risque de décès des 
patients passe de 19 % lorsque l'opération se déroule dans les six premières 
heures à... 3,2 % après 7 jours et jusqu'à 2,4 % après 30 jours ! Une 
statistique qui s'avère très voisine de celle du groupe témoin — 1,7 % — dont 
les sujets n'ont pas souffert d’un infarctus du myocarde avant la chirurgie. 

Le Dr Voisine constate cependant l'absence de bénéfices supplémentaires chez 
les plus jeunes : « Les moins de 65 ans présentent moins de risques de décès et 
donc ont tout intérêt à se faire opérer plus rapidement ». 

Cette étude s'appuie sur 13 545 cas d'opérations réalisées entre 1991 et 2005 
au sein de l'Hôpital Laval. Contrairement à d'autres recherches américaines 
réalisées dans de petits centres et aux pratiques hétérogènes, le chercheur 
pense que cette récente étude permettra de mieux guider la pratique de ce genre 
d'interventions.

Les cardiologues seraient actuellement poussés à intervenir très rapidement, ce 
qui ne serait pas toujours la bonne solution. « Les dépistages précoces de 
maladies cardiovasculaires multiplient le nombre de patients. Ce genre d'étude 
va nous obliger à adopter une pratique présentant le maximum de bénéfices pour 
les patients et non à les discriminer seulement sur la base de l'âge », affirme 
le chercheur. Et dans ce domaine, les décisions doivent se prendre rapidement...

http://www.cyberpresse.ca/article/20070131/CPACTUEL/70131047/1020/CPSCIENCES




http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=16439152&dopt=Abstract


Eur J Cardiothorac Surg. 2006 Mar;29(3):319-23. Epub 2006 Jan 24.Related 
Articles, Links 

 
Influence of time elapsed between myocardial infarction and coronary artery 
bypass grafting surgery on operative mortality.

Voisine P, Mathieu P, Doyle D, Perron J, Baillot R, Raymond G, Metras J, 
Dagenais F.

Division of Cardiac Surgery, Laval Hospital, 2725 chemin Sainte-Foy, 
Sainte-Foy, Que., Canada G1V 4G5. [EMAIL PROTECTED]

OBJECTIVE: Optimal timing for CABG surgery after myocardial infarction (MI) 
remains controversial. We examined the influence of patient age and time 
elapsed between MI and isolated CABG surgery on operative mortality. 
METHODS: Perioperative data of 13,545 patients who underwent isolated CABG 
surgery from 1991 to 2005 were reviewed. A previous MI was found in 7219 
patients, classified among groups A-E whether they underwent surgery less than 
6h (A, n=26), between 6 and 24h (B, n=51), between 1 and 7 days (C, n=313), 
between 8 and 30 days (D, n=917), or more than 30 days (E, n=5912) after the 
event. Crude percentages and odds ratio estimates of operative mortality were 
calculated. 
RESULTS: In patients who had no history of MI, the mortality rate was 1.7%, 
while it was, respectively, 19.2, 9.8, 8.6, 3.2, and 2.4% in patients from 
groups A to E. Among 6589 patients over 65 years of age, 3027 had no history of 
MI. Their mortality was 2.4%, compared to, respectively, 35.7, 13.8, 11.3, 5.1, 
and 3.9% for those belonging to groups A-E. Overall odds ratio estimates of 
operative mortality were 3.92 (p=0.19), 5.08 (p=0.002), 4.33 (p=0.0001), 1.50 
(p=0.08), and 1.18 (p=0.24) for groups A-E, respectively. 
CONCLUSIONS: Operative mortality is not influenced by a history of MI sustained 
more than 30 days prior to isolated CABG surgery, but is highly and most 
significantly increased between 6h and 1 week after MI, especially in older 
patients. That critical period should be avoided whenever possible.

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