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Dans le Courrier du Sud, hebdomadaire de la Rive Sud.
 
Les urgentologues en ont assez des débordements
Par Ginette Claude Perron

Les débordements chroniques sont tels à l’Hôpital Charles LeMoyne que 25 urgentologues de l’établissement de Greenfield Park ont été amenés à dénoncer leur Direction, qu’ils accusent de bafouer leurs engagements.

C’est par voie de communiqué, émis le 15 février dernier dernier, que ces professionnels de la santé ont choisi de signaler le chaos qui persiste. Rappelons que le 18 janvier dernier, en conférence de presse, quatre chirurgiens généraux et sept médecins urgentologues, impliqués dans le programme de traumatologie de l’hôpital, décidaient, de leur côté, de suspendre leurs interventions devant le manque de ressources. L’Agence de santé et de services sociaux de la Montérégie et l’exécutif du Conseil des médecins a depuis nommé un conseiller spécial chargé d’évaluer la situation et de déposer un rapport proposant différentes solutions.

Une entente ratifiée
Dans le cas des 25 urgentologues, on accuse le Conseil de direction de ne pas respecter une entente ratifiée le 17 janvier dernier, laquelle vise à mettre un terme à la congestion des salles d’urgence, à l’entassement de patients dans les corridors, et au séjour prolongé et inadéquat de plusieurs de ces patients en attente d’un lit disponible à l’étage.

«Il nous a fallu des années de représentations pour que la Direction de l’hôpital donne enfin l’impression de reconnaître la situation inacceptable à laquelle sont confrontés les patients, les médecins ainsi que les 200 infirmiers et infirmières rattachés à l’Urgence, déclare le Dr Bruno Baril, chef du département. Or, plus de quinze jours après l’entrée en vigueur de cette entente, non seulement le chaos persiste, mais rien n’est fait concrètement pour faire bouger les choses.»

69 000 patients traités chaque année
L’Unité d’urgence de Charles LeMoyne occupe le second rang en importance au Québec avec quelque 69 000 patients traités annuellement. Dans les conditions actuelles, le chef de département estime que les équipes ne peuvent tout simplement pas travailler et que tout le monde est excédé au plus haut degré. «Les salles d’examens étant occupées par des patients sur des civières, nous sommes donc dans l’impossibilité de voir, d’évaluer et de traiter convenablement les personnes qui se présentent à la salle d’urgence.» Conséquemment, il arrive que des médecins et leurs équipes doivent patienter, faute d’espace pour prodiguer leurs soins.

Les urgentologues retournés à la maison
Dans un geste sans précédent, et dans l’espérance que la Direction respecte l’entente entérinée, ces urgentologues seront maintenant retournés à la maison tant que l’entente ne sera pas respectée. Le Dr Baril assure toutefois que les urgences vitales seront prises en charge. Mais il fait une mise en garde: «des impacts sont à prévoir dans d’autres services».

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