Vous souvenez vous de nos discussions sur les effets pervers des PREM,AMP et autres lois coercitives?
Le recul nest pas bien long,mais globalement ,toutes les mesures coercitives ont créé(à mon humble avis) beaucoup plus de problèmes quelles nen ont réglé.Ou,en tous les cas,le match est nul,si ce nest les coûts de la dite gérance desdites mesures. Les abominables cliniques sans rendez-vous tant décriées et tant honnies manquent sans doute à bien des patients incapables daccéder à un médecin,sinon via lurgence.Et encore A Montréal ,Gatineau ou Québec,il est actuellement impossible de trouver un MD de famille si vous nen avez pas.Et si vous en avez un,le défi sera dy avoir accès. On a géré une situation de pénurie relative comme une situation de surplus.Déshabillant Jacques pour habiller Jean.Et quon ne me dise pas quil y a autant de MD au Québec quailleurs on le sait.Mais ce nest pas tant le nombre qui compte que le type de pratique choisi par ceux-ci.Or,la plupart des MD pratiquent maintenant la médecine comme ce quelle est :un travail,et non un sacerdoce.Une activité parmi tant dautres,qui doit trouver sa juste place et ne pas prendre toute la place. Tout cela était hautement prévisible.Pas nécéssairement évitable,mais prévisible. Il ne sagit certes pas seulement dun effet des mesures de répartition des médecins,loin de là.Mais les mesures coercitives ont créé toutes sortes de balises qui compliquent drôlement la donne.Des couples incapables de se trouver un emploi au même endroit,voire même dans la même région,des médecins qui auraient bien fait du bureau seulement,mais qui ne le peuvent pas,et qui donc nen feront carréement pas et se consacreront entièrement à une activité « reconnue »AMP,même si dans le fond moins prioritaire. Les médecins apprennent eux aussi à jouer le jeu des mesures coercitives.Je ne peux pas métablir à Montréal ?Quà cela ne tienne.Jhabiterai Montréal et je ferai du dépannage à Amqui,à Baie Comeau ou à Porvognituk..Je ne pourrai pas faire de bureau de temps en temps à Montréal comme jaurais peut-être aimé le faire entre mes activités de dépannage,mais bon.Tant pis,je ferai plus de vélo.Je ne peux pratiquer la gastroentérologie à Gatineau puisque mon conjoint cardiologue ny a pas de poste ? Quà cela ne tienne.Nous nous installerons tous deux à Montfort ,à Ottawa. Avec en musique de fond les visions parfois un peu dépassées de la FMOQ et de la CMQ,lune nous parlant de « polyvalence » (ça fait combien de temps que vous avez croisé un nouveau médecin intéressé à hospitaliser,faire du bureau,de lobstétrique et de lurgence ?),et lautre de « responsabilité envers les patients » (cest-à-dire que chaque médecin qui voit un patient « orphelin » et identifie une pathologie devient responsable du suivi de ce patient jusquau moment,fort improbable,où un médecin de famille pourra prendre la relève.Assez baroque,mais pas si rare.De quoi vous décourager de mener une investigation.) Je sais que la critique est facile et que jarrondis les angles.Beaucoup plus facile de critiquer que de trouver des pistes de solution.Je ne voudrais pas être dans les culottes des décideurs,qui doivent gérér la situation actuelle,promettre monts et merveilles à une population habituée à létat providence.Mais bon.Je suis médecin,après tout.Pas politicienne.Et je suis une baby-boomer,moi aussi.Qui na pas de médecin de famille.Et qui joue au médecin de famille pour son mari et ses enfants,qui nen nont pas eux non plus.Ca nest pas éthique,je sais.Mais cest pratique. Mais cest « un peu » inquiétant,tout ça. Peut-être quil y aura un jour une loi qui minterdira de prendre ma retraite ? Ciao et bon été à tous. C.
