Avez-vous entendu la problématique actuelle en résidence? On a augmenté les admissions en médecine depuis les quelques dernières années mais cette année, il y a de nombreux postes de résidence au Québec qui ne sont pas comblés..... Multiples étudiants en médecine ont décidé de faire leur réseidence ailleurs au Canada (facile avec le CARMs) et même aux États-Unis. C'est un autre effet pervers des AMP et des PREM. Avec les pénuries de médecin actuelles et les retraites envisageables à court et moyen termes, si ces résidents décident de rester dans le milieu où ils feront leur résidence, on n'aura pas les 1500 nouveaux médecins 'promis' par le gouvernement libéral.... On envisage un été difficile chez nous: nous sommes un centre secondaire de trauma avec des trous dans la liste de garde de chirurgie générale....De plus, les centres primaires de la région sont aussi en rupture de service en chirurgie générale. Et notre centre de référence tertiaire doit couvrir la Montérégie à cause des problèmes de Charles-Lemoyne. L'été dernier, c'était l'ortho qui nous faisait défaut tous les mercredi de l'été, et je crains que ça ne va pas aller en s'améliorant. Il parait que ça va bien dans certains hôpitaux? J'aimerais bien savoir où......
Julie ----- Original Message ----- From: Catherine Bich To: [email protected] Sent: Wednesday, June 06, 2007 9:19 AM Subject: URG-L: petite réflexion Vous souvenez vous de nos discussions sur les effets pervers des PREM,AMP et autres lois coercitives? Le recul n'est pas bien long,mais globalement ,toutes les mesures coercitives ont créé(à mon humble avis) beaucoup plus de problèmes qu'elles n'en ont réglé.Ou,en tous les cas,le match est nul,si ce n'est les coûts de la dite gérance desdites mesures. Les abominables cliniques sans rendez-vous tant décriées et tant honnies manquent sans doute à bien des patients incapables d'accéder à un médecin,sinon via l'urgence.Et encore.A Montréal ,Gatineau ou Québec,il est actuellement impossible de trouver un MD de famille si vous n'en avez pas.Et si vous en avez un,le défi sera d'y avoir accès. On a géré une situation de pénurie relative comme une situation de surplus.Déshabillant Jacques pour habiller Jean.Et qu'on ne me dise pas qu'il y a autant de MD au Québec qu'ailleurs.on le sait.Mais ce n'est pas tant le nombre qui compte que le type de pratique choisi par ceux-ci.Or,la plupart des MD pratiquent maintenant la médecine comme ce qu'elle est :un travail,et non un sacerdoce.Une activité parmi tant d'autres,qui doit trouver sa juste place et ne pas prendre toute la place. Tout cela était hautement prévisible.Pas nécéssairement évitable,mais prévisible. Il ne s'agit certes pas seulement d'un effet des mesures de répartition des médecins,loin de là.Mais les mesures coercitives ont créé toutes sortes de balises qui compliquent drôlement la donne.Des couples incapables de se trouver un emploi au même endroit,voire même dans la même région,des médecins qui auraient bien fait du bureau seulement,mais qui ne le peuvent pas,et qui donc n'en feront carréement pas et se consacreront entièrement à une activité « reconnue »AMP,même si dans le fond moins prioritaire. Les médecins apprennent eux aussi à jouer le jeu des mesures coercitives.Je ne peux pas m'établir à Montréal ?Qu'à cela ne tienne.J'habiterai Montréal et je ferai du dépannage à Amqui,à Baie Comeau ou à Porvognituk..Je ne pourrai pas faire de bureau de temps en temps à Montréal comme j'aurais peut-être aimé le faire entre mes activités de dépannage,mais bon.Tant pis,je ferai plus de vélo.Je ne peux pratiquer la gastroentérologie à Gatineau puisque mon conjoint cardiologue n'y a pas de poste ? Qu'à cela ne tienne.Nous nous installerons tous deux à Montfort ,à Ottawa. Avec en musique de fond les visions parfois un peu dépassées de la FMOQ et de la CMQ,l'une nous parlant de « polyvalence » (ça fait combien de temps que vous avez croisé un nouveau médecin intéressé à hospitaliser,faire du bureau,de l'obstétrique et de l'urgence ?),et l'autre de « responsabilité envers les patients » (c'est-à-dire que chaque médecin qui voit un patient « orphelin » et identifie une pathologie devient responsable du suivi de ce patient jusqu'au moment,fort improbable,où un médecin de famille pourra prendre la relève.Assez baroque,mais pas si rare.De quoi vous décourager de mener une investigation.) Je sais que la critique est facile et que j'arrondis les angles.Beaucoup plus facile de critiquer que de trouver des pistes de solution.Je ne voudrais pas être dans les culottes des décideurs,qui doivent gérér la situation actuelle,promettre monts et merveilles à une population habituée à l'état providence.Mais bon.Je suis médecin,après tout.Pas politicienne.Et je suis une baby-boomer,moi aussi.Qui n'a pas de médecin de famille.Et qui joue au médecin de famille pour son mari et ses enfants,qui n'en n'ont pas eux non plus.Ca n'est pas éthique,je sais.Mais c'est pratique. Mais c'est « un peu » inquiétant,tout ça. Peut-être qu'il y aura un jour une loi qui m'interdira de prendre ma retraite ? Ciao et bon été à tous. C.
