Comme disait Jocelyn, il faut faire attention de comparer les bonnes choses.
Dans un premier temps, la formation des paramédics canadiens en générale, et spécifiquement dans le cas de l'intubation dans le cas discuté, est différente surtout au niveau avancé. Les paramédics de soins primaires sont formés pour gérer les voies respiratoires de façon non-invasives (ballon-masque, canules oro et nasopharyngées. Dans certaines provinces, dont le Québec, ils peuvent aussi installer un dispositif à l'aveugle, tel le Combitube ou le King LT. Les paramédics de soins avancés, tant qu'à eux, sont formés pour l'intubation endotrachéale, le masque laryngé, la crycothyrotomie à l'aiguille ou avec un Cook/Melker. Bien que je viens d'énumérer des techniques, la formation différe entre les deux pays sur l'approche comme telle des formations, la formation canadienne mettant l'emphase sur la gestion des voies respiratoires dans son ensemble, incluant l'aspect situationnel de la gestion des VRS. La formation américaine est beaucoup plus axée sur les techninques elles-mêmes et beaucoup moins sur le choix judicieux du bon dispositif pour le bon patient. Pour ce qui est de l'étude mentionné, c'est rien de nouveau ni de révolutionnaire. Une étude à la fin des années 90 avait démontré que le seul fait de mettre une minerve (collet cervical rigide) post intubation permettait de réduire à zéro les déplacements de tube endotrachéale durant le transport. Le MD en charge avait découvert que la seule flexion de la tête, ou une rotation vers le côté, était suffisante pour extuber les patients qu'il avait lui-même soit intubé ou effectué la confirmation de position. Suite à cette étude, les formateurs ont modifiés les séquences de vérification de positionnement en incluant l'installation de minerve, et de vérification de positionnement apès CHAQUE déplacement du patient (du plancher vers la civière, une fois dans l'ambulance avant départ, à l'arrivée au CH, un fois sur la civière du CH). Malgré cela, la formation de base à été peu modifiée au EUA, sauf dans certains programmes de haut niveau tel Northeastern U (Boston), Center for Emergency Medicine (Pittsburgh), UMBC (Baltimore), Broward County Community College (Floride). Il y en a d'autre, bien sûr. La raison principale de ces divergences en est une de mentalité médicale, répandue à travers le monde et pas unique au EUA et au Québec. Une partie des MD veulent avoir d'excellent paramédics, qui en SAVENT toujours plus, alors que d'autres préfèrent au contraire que les paramédics ne s'en tiennent qu'à faire ce qu'on leur dit de faire et qu'eux vont s'occuper du reste. Lorsque Gausche a fait son étude sur l'intubation pédiatrique, elle faisait l'étude pour prouver que les paramédics de la Californie étaient incapable d'intuber des enfants. Elle a donc former les paramédics en intubation pédiatrique, puis a commencer l'étude 18 mois après la formation, sans faire de rappel de formation avant le début, avec la conclusion que l'on connait. Ce qu'il faut viser n'est pas nécessairement la maîtrise d'une technique utilisée à outrance (intubation endotrachéale aux EUA, ou le Combitube au Québec), mais bien de donner les outils nécessaires pour que les voies respiratoires soient adéquatement stabilisées le plus rapidement possible avec la meilleure méthode pour chaque patient. Si le ballon-masque est adéquat chez un patient, il peut ne pas être suffisant pour un autre. Même chose pour le Combitube, l'intubation endotrachéale, etc. L'étude critique le fait que les paramédics n'ont pas intubés la moitié des patients, sans pour autant démontrer que leur choix de gestion de voies respiratoires étaient adéquat ou non. On critique qu'ils n'ont pas intubés, et on critique le taux d'échec de 22%. D'un autre côté, ça s'est fait à New York, qui n'est pas un modèle pour personne pour la qualité des soins préhospitaliers d'urgences. -- Stéphan Gascon --- URG-L Pour quitter URG-L, envoyez un message a la liste ([email protected]) avec, COMME SUJET, le mot REMOVE (rien d'autre).
