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Les médecins britanniques aux médecins canadiens : la solution aux problèmes
du système de santé passe par la collaboration, pas la concurrence

Ottawa, ON, le 20 août 2007 - Les médecins canadiens membres de
l'Association médicale canadienne se réuniront à Vancouver du 19 au 22 août.
A l'ordre du jour de cette rencontre, le financement par activités, un
système qui propose de financer les soins de santé selon le volume et le
type de service plutôt que par un financement global comme c'est
actuellement le cas.

Une lettre de médecins britannique adressée à l'Association médicale
canadienne (AMC), la deuxième du genre, soulève de profondes inquiétudes et
met en garde les médecins canadiens à propos des pièges qui viennent avec
certaines propositions de privatisation.

Dans cette lettre, les Drs Jacky Davis et Peter Fisher, membres de
l'exécutif de la National Health Service Consultants Association (NHSCA),
Association des consultants du Service national de la santé, suggèrent aux
membres de l'AMC de se méfier des promesses fictives de la privatisation. La
lettre du Dr Davis suggère que l'histoire d'amour entre le système de santé
britannique et la privatisation est terminée. Le nouveau ministre de la
Santé et les gouvernements d'Ecosse et du pays de Galles envisagent
maintenant une importante diminution et même la fin de la privatisation des
services de santé. L'Association médicale britannique s'oppose aussi à la
concurrence dans le secteur de la santé.

Les Drs Davis et Fisher écrivent : "Ceux qui sont en faveur de la
privatisation font souvent référence à "l'expérience britannique" comme
preuve que le secteur privé peut faire sauver de l'argent au système public.
Ils parlent notamment de la diminution remarquable des listes d'attente
depuis l'implantation des réformes. Cette diminution n'est toutefois guère
surprenante dans la mesure où les dépenses en santé ont plus que doublé
depuis 1997. La réalité est toutefois que cet argent a été essentiellement
consacré à la réduction de listes d'attente en chirurgies non urgentes
particulièrement sensibles d'un point de vue politique et qu'elle a été
réalisée par le biais d'ententes dispendieuses et insoutenables avec le
secteur privé. Cette amélioration s'est faite au détriment de patients ayant
des besoins à plus long terme."

Les Drs Davis et Fisher affirment que des médecins, dont les membres de
l'Association médicale britannique et des politiciens de toute la
Grande-Bretagne commencent à en avoir assez de solutions qui débouchent sur
des augmentations de coûts et un accès de plus en plus limité aux services.

Sur le sujet du financement basé sur la performance, appelé paiement pas
résultats en Angleterre, les Drs Davis et Fisher sont clairs : "Ce
changement (vers le paiement par résultats) - entrepris il y a trois ans - a
donné lieu à tant d'incitatifs pervers et de conséquences inattendues que
son avenir est maintenant remis en question. L'une de ces conséquences est
particulièrement intéressante pour vous, le paiement par résultats peut
mener à des admissions inutiles."

Des exemples de financement par activités existent déjà en
Colombie-Britannique et en Ontario. Le gouvernement de Colombie-Britannique
a lancé un projet pilote de financement par activités doté d'un budget de
16,4 millions. Il fait appel à un système d'incitatifs inspiré du commerce
pour atteindre des objectifs qui pourraient très bien l'être avec un budget
général et un processus de prise de décisions basé sur l'expérience clinique
- nécessitant moins de frais généraux. La Stratégie de réduction des temps
d'attente en Ontario qui est dotée d'un budget de 1 million de dollars
suscite aussi des inquiétudes parce qu'elle fixe des prix aux procédures,
encourage la concurrence entre les établissements et favorise les hôpitaux
spécialisés.

La direction actuelle de l'AMC réclame non pas moins, mais plus de place
pour le privé au sein du système canadien de santé. Spécifiquement, le
récent document d'orientation de l'AMC, Medicare Plus recommande que le
gouvernement permette aux Canadiens d'acheter une assurance santé privée et
aux médecins de travailler tant au public qu'au privé. L'AMC demande aussi
instamment au gouvernement de financer les services de santé du secteur
privé.

L'expérience britannique devrait faire comprendre aux médecins canadiens et
aux Canadiens que pour que le système canadien de soins de santé puisse
continuer à avancer, il lui faut une politique publique forte faisant place
à un financement stable et à la collaboration, pas aux illusions du
marketing et aux investissements privés.

"En conclusion, dit le Dr Davis, nous devons affirmer que ni le paiement par
résultats, ni le recours accrû au secteur privé, ni l'ordre du jour du libre
choix du patient n'ont donné les résultats escomptés. Au contraire, ces
réformes ont abouti à un service public déstabilisé et en mauvais état. Le
gouvernement a tenté d'adopter une série de politiques qui n'avaient pas
fait leurs preuves, des politiques incohérentes et contradictoires. Ces
politiques ont amené la fragmentation des soins de santé, elles ont
découragé toute forme de collaboration entre les professionnels de la santé
et elles ont fait perdre de l'argent au système. C'est pour ces raisons que
les patients, le public et les travailleurs de la santé sont très inquiets."

Le contenu intégral de la lettre peut être lu et téléchargé à partir du site
scfp.ca/soinsdesante/NHSCAletter.

Claude Généreux
Secrétaire-trésorier national du SCFP
(613) 237-1590, poste 201
(514) 884-5074 (cell.)



Envoyé par Alain Vadeboncoeur

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