Le personnel de la santé réticent à travailler en cas de grippe pandémique Claudette Samson Le Soleil Québec
La découverte éventuelle dun cas de grippe pandémique au Québec aurait un effet déstabilisant sur le personnel de la santé. Selon un sondage rendu public mercredi, le tiers des employés se sentirait alors mal à laise de rentrer au travail. Plus alarmant encore : si ce cas se trouvait dans leur propre ville, ils sont 55 % à manifester une telle réticence. Le sondage pancanadien réalisé par Léger Marketing pour le compte de la compagnie phamaceutique GlaxoSmithKline nest guère rassurant pour la population. Il révèle quune part importante du personnel qui se retrouverait au front au cours dune pandémie de grippe hésiterait à se présenter au travail. Et au Québec plus que dans les autres provinces. Il sagit plus particulièrement des inirmières, des pharmaciens, des techniciens médicaux et des employés de soutien des hôpitaux comme les préposés à lentretien, employés de bureau ou préposés à la préparation des repas. Les médecins nont pas été sondés. Invité à commenter ces résultats, le microbiologiste du CHU Guy Boivin souligne tout de même que linquiétude exprimée ne veut pas dire que le personnel déserterait effectivement le boulot. Plan de lutte Le sondage fait aussi ressortir limportance de lexistence dun plan de lutte contre la grippe dans les milieux de travail. Le fait de savoir quun tel plan existe diminue linquiétude des employés de 10 %. Mais, si lemployeur mettait à leur disposition des médicaments préventifs, la probabilité quils rentrent au travail grimperait à 80 %. Le Dr Boivin en conclut quil faut absolument que ces plans, qui sont obligatoires, soient mieux diffusés. Ils ne sont pour linstant connus que de 63 % des employés. Et il plaide en faveur de la distribution de médicaments préventifs pour les travailleurs, ce qui nest présentement pas au programme. Dici à ce quun vaccin soit élaboré (il faudra pour cela que le virus soit connu), la meilleure façon de prévenir la maladie est lutilisation de médicaments antiviraux, les mêmes qui seront utilisés pour soigner, dit il. Pour linstant, toutefois, les antiviraux stockés par le Canada sont destinés à soigner des malades et non à être pris de façon préventive, note-t-il. Hélène Gingas, du ministère de la Santé, confirme son propos. Mais des discussions sont en cours à léchelle canadienne pour savoir si une partie des stocks devrait être réservée pour une action préventive. Il est par contre déjà prévu que dès quun vaccin sera mis au point, le personnel de la santé sera traité en priorité. Quant à la connaissance des plans, il y a une bonne année que des guides ont été fournis à tous les cadres de tous les établissements, dit-elle. Bien des informations sont disponibles sur le site www.pandemiequebec.ca. Le sondage a été réalisé auprès de 2000 personnes entre le 7 et le 23 août, dont 700 du secteur de la santé. Sa marge derreur est de 3,7 % pour ceux de la santé, 19 fois sur 20. Les autres travailleurs interrogés occupent des postes jugés eux aussi stratégiques, par exemple les employés de transport, mais les résultats nen sont pas encore connus. Alain Vadeboncoeur
