Bonjour
en 2004, j'avais vu passer cet article savez vous ce qu'il est advenu depuis et si les règles de financement ont été modifiées.
Patrick Miroux
| ÉTATS-UNIS •
Etat d'urgence pour les hôpitaux américains
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| A force de soigner des patients qui ne peuvent pas payer, certains établissements sont au bord de la faillite. |
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Pendant l'"heure d'or", cette première heure décisive en cas de
traumatisme grave, personne ne vérifie la couverture santé des
patients. Cet engagement à soigner chaque victime - assurée, mal
assurée ou non assurée - menace des dizaines de centres hospitaliers
parmi les 520 du pays qui disposent d'un service de traumatologie.
Trente centres hospitaliers de niveaux I et II ont fermé depuis 2001.
Dans le jargon des professionnels de la santé, les établissements sont
classés sur une échelle allant de I à IV. Ceux de niveaux III et IV se
trouvent essentiellement dans les zones rurales ou les banlieues
résidentielles. Ils sont équipés pour stabiliser les malades jusqu'à ce
que ceux-ci puissent être envoyés dans des centres régionaux de niveau
plus élevé. Les niveaux I et II, en revanche, doivent disposer de
chirurgiens et d'infirmières spécialisés en traumatologie, de tables
d'opération ou de lits réservés en unité de soins intensifs, et jusqu'à
24 spécialistes différents doivent y être disponibles vingt-quatre
heures sur vingt-quatre. C'est dans ces établissements que sont
pratiqués les soins urgents qui décident du pronostic vital. Les
accidentés de la route représentent près de 60 % des personnes ayant
subi des traumatismes ; viennent ensuite celles victimes de chutes (13
%), puis d'agressions (12 %). Mais il y a aussi les sportifs - skieurs,
amateurs de sports nautiques ou de saut à l'élastique... Dans le
système de santé américain, le sort des personnes bien assurées et
celui des personnes non assurées sont inextricablement mêlés. Le poids
croissant de la deuxième catégorie - qui compte aujourd'hui plus de 43
millions de personnes - est une des grandes menaces pesant sur les
centres hospitaliers régionaux du pays. En traumatologie, 18 % des
patients - coût moyen du traitement : 14 896 dollars [environ 12 400
euros] par tête - ne sont pas assurés et ne sont en mesure de payer que
8 % de la facture. Même les versements de Medicare et de Medicaid [les
assurances-santé publiques de base] ne couvrent pas tous les frais.
Auparavant, les hôpitaux répercutaient les coûts sur les patients
assurés, mais, depuis que les contrats d'assurance-maladie se
négocient, cela n'est plus possible. Les services de traumatologie
coûtent cher aux hôpitaux : sur l'ensemble du pays, ceux-ci perdent 1
milliard de dollars par an. Le service de traumatologie de l'Oklahoma
University Medical Center risque de fermer d'ici à fin juin. C'est cet
établissement qui, en 1995, avait reçu les victimes les plus gravement
atteintes de l'attentat à la bombe contre un bâtiment fédéral. Les
services de traumatologie de Los Angeles, de Detroit et d'Atlanta se
débattent pour ne pas fermer. Au cours des trois prochaines années,
selon les estimations de la National Foundation for Trauma Care, les
pressions économiques actuelles amèneront entre 10 % et 20 % des
établissements à fermer. Les hôpitaux ont peu de recours pour recouvrer
les impayés. "Comment peut-on agir face aux mauvais payeurs ? Leur faire payer 10 dollars par semaine pour le restant de leur vie ?",
s'exclame Jim Nathan, le directeur de l'hôpital Lee Memorial, à Fort
Meyers, en Floride. "Nous avons pu jusqu'à présent maintenir les
services de traumatologie, mais ça ne va pas pouvoir durer
éternellement." |
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Susan Brink US News and World Report |
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