J'essaye de faire cesser les orphelins depuis des années sans succès, non nous ne détenons pas le pouvoir
PB Date: Thu, 12 Mar 2009 22:00:16 -0400 Subject: URG-L: Re: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: transport de décès From: [email protected] To: [email protected] Pierre Les raisons de la situation actuelle sont très claires pour moi, ayant eu l'opportunité de m'avoir tapé des milliers (je niaise pas sur le nombre içi) de rapport de coroner. Mais alors que la médecine évolue constament, le côté médico-légal québécois quant à lui a tendance à avoir les pieds dans le ciment. Je prends ton exemple, qui remonte aux années 80, et à cet époque je ne voudrais pas que le système fonctionne autrement que ce qu'il est maintenant. Les ambulanciers avaient 150 heures de formation, pas de moniteur dans les ambulances, aucun protocole d'intervention, et aucun programme d'assurance de la qualité pour les interventions préhospitalières. La situation en 2009 a changé. Les paramédics ont maintenant une formation de collégiale, possède des moniteurs-défibrillateurs, ont accès (à Montréal au Québec, partout ailleurs en Amérique du Nord) à un contrôle médical par téléphone, des protocoles d'intervention basé sur critères scientifiques reconnues (AHA et EBM), avec un programme d'assurance de la qualité des interventions préhospitalières qui fait l'envie des SPU les plus progressifs. Je ne suis pas mécontent de ce que je peut, ou ne peut pas faire en préhospitalier, ou même en hospitalier (parce que pour ceux qui l'ignore, il y a des paramédics en CH à l'extérieur du Québec). Ce que j'indique c'est que les façons de faire actuelle ne réflète plus ce la médecine d'urgence et préhospitalière moderne. Pour ce qui est du législateur, vous avez le privilège (les MD) d'avoir un MD comme ministre (Bolduc), un MD comme sous-ministre adjoint à la médecine d'urgence (Bureau), un MD comme Directeur Médical National des SPU (Lefrançois). Contactez-les, même juste par un p'tit courriel, une lettre, une conversation de corridor. Vous avez cet accès, cette facilité, ce pouvoir. Utilisez-le. Demain. La semaine prochaine. Dans un mois. Dans un an. Tout le temps. Chaque jour. Vous verrez, ça va fonctionner. La réforme passe par vous. Croyez-y. Un jour à la fois. Chaque jour. Salutations Stéphan Gascon 2009/3/12 Pierre Bourassa <[email protected]> Permettez-moi qq précisions. Le législateur a laissé aux MD le droit ou pouvoir de constater-déclarer le décès car il est l'expert de cette sphère (un peu comme les juges accordent... ou pas, des mandats de perquisitions, les avocats connaissent aussi la loi, mais seul un juge peut le faire, en médecine le personnel paramédical i-e infirmier, paramedic ou auxiliaire connaissenet la mort... mais n'ont pas l'autorité légale pour le faire). Vers la fin des années 80 une enquête publique sur le décès d'une dame présumé décédée (mais qui ne l'était pas, du moins pas chez elle). quelques heures APRÈS elle est morte. Le juge a donc émis des recommendations sur la déclaration de mort par des non-médecins. Il donne aux policiers (seulement, pas infirmière, inhalo, paramédic, auxilliaires,etc ) le pouvoir de déclarer les décès dans certains cas (mort évidente). Malheureusement plusieurs intervenants seront mécontents de ne pas être inclus, mais c'est la loi (enfin juriceprudence). PS les MD n'ont pas fait de lobby pour ou contre. Personne ne nous a demandé. Le changement à faire est par le législateur... on attend, patiemment. Pierre Bourassa ----- Original Message ----- From: Catherine Bich To: [email protected] Sent: Thursday, March 12, 2009 1:35 PM Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: transport de décès Ca aussi,c’est une chouette intervention. D’accord sur tout. C. De : Stephan Gascon [mailto:[email protected]] Envoyé : 12 mars 2009 12:35 À : [email protected] Objet : URG-L: Re: URG-L: transport de décès Pierre. J'avouerai d'emblée que je n'ai pas suivi les messages qui ont mené à ton message, usant du bouton DELETE à profusion. Alors je répondrai à neuf. L'historique d'avoir un médecin qui fait des constats de décès, est qu'il était le seul à avoir les connaissances académiques et techniques pour le faire de façon adéquate: rigor mortis, lividité, absence de pouls et de respiration, l'habituel quoi. Au fil des années, la législation fut changé pour que l'agent de la paix puisse, en l'absence de MD ou lors de morts évidentes, de déclarer quelqu'un mort. De plus, deux personnes majeurs peuvent aussi déclarer quelqu'un mort. Je résume, mais ça revient à ça. Depuis les années 80 ailleurs, et les années 90 au Québec, chaque ambulance est munie d'un moniteur-défibrillateur. Lors d'une mise à jour des protocoles d'intervention des paramédics, ceux-ci peuvent maintenant cessé les manoeuvres de réanimation, voir même ne pas les entreprendre du tout, et ce pour des cas autres que les morts évidentes. Et ce sous le principe de "C'est pas une mort évidente, mais c'est évident qu'Il est mort." Mais les paramédics n'ont pas le droit de dire que la personne est morte. De là à dire que la personne chez qui on arrête ou on entreprends pas de manoeuvre est morte, ça devient une question de sémantique légale. Yé pas mort, mais on fait pas de manoeuvre! Pour Montréal et Laval, les paramédics cessent ou n'entreprennent pas les manoeuvres, laissent l'usager où il est, et un médecin assigné uniquement à cette tâche spécifique passe un certain temps plus tard pour remplir les papiers d'usages pour l'État Civil et l'entreprise funéraire. Les paramédics se remette disponible pour d'autres interventions, après avoir complété LEUR papiers d'usages. Cette façon de faire n'est pas disponible en province pour des raisons politico-administrative (qui peut se résumer à "ça vient de Montréal, donc c'est pas bon pour nous). Pour ma part, j'ai rien contre le fait que les paramédics puissent entreprendre le processus légal en milieu urbain, question de volume d'appel, d'exposition, et de support médical téléphonique déjà existant pour les paramédics de Montréal/Laval. Pour ce qui est des inter-ébablissements, l'autre côté du balancier a maintenant été atteint. Plus spécifiquement, certains CH urbains transferts des usagers en transports adaptés avec des pompes doubles ou triples, oxygène, moniteur et infirmière, et lorsque l'usager décompense, et bien on appelle le vrai camion à maladie. J'en ai déjà discuté, mais le problème fondamental du système de santé actuel, c'est que l'organisation du travail de chaque professionnel continue de fonctionner sur celui des années 50, en essayant de patcher içi et là, plutôt que de revoir de bas en haut comment ça DOIT fonctionner. Une exemple parmi tant d'autre: "Le CLSC est la porte d'entrée du réseau de la santé." Avec respect, pour près de 600,000 usagers annuellement, la porte d'entrée du réseau, c'est le Service Préhospitalier d'Urgence. Alors plutôt que de se braquer, de dire continuellement "non, non, non, non, non", qu'on accepte la réalité, et qu'on fasse évoluer le système dans ce sens là. Même chose pour les CH. La porte d'entrée est maintenant l'urgence. Alors qu'on modifie les structures opérationnelles pour refléter cette réalité. Comme semble l'avoir fait avec succès le CH Sir Mortimer B. Davis Jewish General Hospital de Montréal. D'un autre côté, on a un MD qui ne fait pas de RCR chez un usager dans sa salle d'attente, un infirmière qui refuse d'admettre que son usager n'a pas de pouls, des paramédics qui font marcher des infarctus (avec décès), et des pompiers qui déclare des décès chez des gens avec un pouls. Sans prendre sa défense, les récriminations de Charles sont principalement orientées sur le refus des professionnels de la santé, en tant que collectivité, d'évoluer avec les changements de fonctionnement que la clientèle naturellement impose au fil des années. Il faut réorganiser le travail, et c'est pas d'en haut que ça va fonctionner, c'est de la base. Nous tous, les professionnels de la santé. Salutations Stéphan Gascon 2009/3/12 Pierre Bourassa <[email protected]> C'est cela le problème, personne ne veut faire cela. Je crois qu'en contexte de manque de médecin, envoyer un MD déclarer un décès... considérant qu'il n'y a plus de MD qui font (enfin presque) de visite à domicile d'urgence, serait mal utiliser les ressources. Utiliser les ambulance n'est pas aussi un usage judicieux... mais il n'y en a pas d'autres ressources présente 24/7. On utilise les ambulances pour transferts inter-établissements parce qu'il n'y a pas d'autres ressources (sauf à certains endroits). C,est un peu comme les policiers que l'on appelle via 911, pour des problèmes pas vraiment judiciaire (vols, violence, crimes) mais pour faire baisser la musique du party du voisin... ou pour remplir un formulaire de constat d'accident. Ça coute moins cher que de bâtir un système parallèle. Donc cher préhosp, vous allez avoir cette tâche par défaut, comme bien des tâches du MD de l'urgence (présent 24/7...), et apprendre à vivre avec. C'est plate, mais c'est ça. Pierre Bourassa -- Stéphan Gascon
