Dominic, C'etait un commentaire sarcastique puisque j'ai été traité de naïf et je suis fier d'être un naïf optimiste :)
Je relirai bien le texte d'Alain 2-3 fois, juste pour le plaisir de le lire car c'est un gars qui me plait et j'aime sa façon de penser. Martin. 2009/4/22 dominic larose <[email protected]> > C'est pas de la naïveté optimiste. C'est la seule façon réaliste qu'un > système peut fonctionner et rendre service correctement à la population > vraiment malade. > Lis le texte d'Alain 2-3 fois aujourd'hui, dort là-dessus. Relis-le demain: > je gage que tu ne trouvera pas de grosse faille dans son raisonnement. Le > privé n'est une solution à rien du tout. Mais elle a le droit d'exister tout > en étant fortement balisée. > > Dominic Larose > > ----- Original Message ----- > *From:* Martin Pham Dinh <[email protected]> > *To:* [email protected] > *Sent:* Wednesday, April 22, 2009 10:01 AM > *Subject:* URG-L: Re: URG-L: Perceptions, réalités, privé, public... > > Wow, on a lancé un débat intéressant sur le public-privé. > > L'exemple que j'ai donné voulait surtout démontrer qu'il existe encore des > naïfs parmis les "grands" de ce monde qui croient encore au système > publique, à l'accès universel aux services et qui, malgré leur position > d'influence, se font un devoir de faire "comme tout le monde" simplement > parce que c'est juste. > > Il faudrait élire plus de naïfs optimistes et moins de cyniques si on veut > sauver le système de santé publique. > > 2009/4/22 Alain Vadeboncoeur <[email protected]> > >> Julie écrivait: >> >> "En ce qui concerne les Médisys et Md Rockland, ce ne sont pas juste les >> ministres et CEO qui les fréquentent. J’ai 2 ex-collègues qui ont chacun >> ouvert leur clinique privé dans les Laurentides et qui sont désaffiliés de >> la RAMQ et qui voient monsieur et madame tout-le-monde dans leur clinique >> où >> ils doivent débourser. Et lorsqu’ils ne réussissent pas à les investiguer >> et/ou traiter dans leur clinique, ils les envoient à l’urgence (bien sûr!) >> et je peux vous assurer que c’est pas des CEO et des ministres. >> >> On est rendu à un point où les gens qui travaillent, les gens qui ont >> autre >> chose à faire que d’attendre se payent des services privés avec >> rendez-vous >> rapide plutôt qu’aller attendre à l’urgence pendant 12-15-20 heures (les >> temps d’attente chez nous). >> >> Alors arrêtez de penser que ces cliniques sont justes pour les ‘grands’ de >> ce monde, bien des gens ‘ordinaires’ se payent ces services, depuis >> longtemps et de plus en plus." >> >> Puisque le débat lève... Julie écrit deux ou trois choses très importantes >> et à mon avis, je m'excuse Julie, questionnables. >> >> D'une part, la seule et unique raison qu'il y a moins d'attente dans ces >> cliniques privées, que l'on parle de rendez-vous, de SRV ou d'imagerie, >> c'est simplement parce qu'il y a peu de volume, ce qui donne l'illusion >> de >> l'efficacité. De ce que je comprends des cliniques RV de type Rockland MD, >> c'est qu'ils prennent "X" minutes (disons 15-20) avec un patient, peu >> importe, à un coût "Y". Comme il y a encore peu de monde qui les >> fréquente, >> les gens ont "miraculeusement" un RV le lendemain, ou autre. >> >> Évidemment, c'est une illusion: s'il le volume était là, il y aurait >> autant >> d'attente que dans le système public, il n'y a aucune raison qu'il en soit >> autrement, les MD ne vont pas plus vite dans le privé (comme ils chargent >> davantage, c'est probablement plutôt le contraire), les SCAN ne prennent >> pas >> d'images plus rapidement, les infirmières ne font pas des prises de sang >> plus vite. C'est uniquement une question d'offre et de demande, si on aime >> parler "marché" et l'offre, aussi marginale soit-elle, dépasse la demande, >> si on veut reprendre des termes du "marché". Or, l'offre est >> essentiellement >> une offre médicale déterminée non pas par le contexte mais bien le nombre >> de >> MD et leur "productivité". >> >> La question qu'on peut se poser est aussi: pourquoi si peu de gens >> utilisent >> ces cliniques? Tout simplement parce que la vaste majorité des gens, >> nonobstant ce qu'on dit, n'ont pas les moyens de se les payer. "Monsieur >> et >> madame tout le monde" ne formeront JAMAIS la majorité des gens payant pour >> consulter, parce que consulter un MD, cela coûte très cher et qu'une bonne >> partie de la population ne peut se l'offrir. Il n'y a qu'à regarder aux >> USA: >> 45 000 000 de personnes n'ont ni couverture publique ni assurance privée >> ni >> les moyens ne se payer une assurance privée. >> >> Donc ces perceptions reposent sur une double illusion d'optique et >> conduisent à conclure que "le privé est efficace" et "tout le monde >> utilise >> ses services". Deux faussetés. >> >> Le privé en santé n'est PAS plus efficace, en fait, la littérature sur le >> sujet montre plutôt le contraire, en plus de couter généralement plus cher >> et d'être plus contraignant pour les médecins. >> >> Les gens ordinaires n'auront PAS les moyens de payer pour utiliser les >> services de santé courante, c'est ce pourquoi un système de redistribution >> social est essentiel pour avoir de bons indicateurs de santé, comme nous >> avons d'ailleurs. >> >> Ce dernier point implique que, oui, l'établissement la médecine privée >> parallèle conduit à un problème fondamental d'iniquité d'accès, justement >> parce que la majorité de la population n'a PAS les moyens d'accéder, et >> que >> cet accès est dès lors réservé à ceux qui peuvent sortir la centaine de $ >> requis pour un simple RV de routine. Ici, c'est une question éthique de >> jugement de valeur. Notre société a fait des choix d'équité en santé il y >> a >> 40 ans. >> >> Tu mentionnes ensuite quelque chose de très intéressant, qui pourrait >> passer >> inaperçu: lorsque "qu'ils" ne réussissent pas à les traiter/investiguer >> dans >> leur clinique, "ils" les envoient à l'urgence. En fait, l'analyse est >> beaucoup plus simple: tout ce qui est lourd, complexe, âgé, psychiatrique, >> cancéreux, etc, bref, tout ce qui n'est pas de la médecine clean, rapide, >> se >> retrouvera inévitablement dans le public, pour trois raisons évidentes: >> d'une part, le système de santé public DOIT continuer d'exister, peu >> importe >> les conditions dans lesquelles il réalise ses objectifs, d'autre part, >> seul >> le système de santé public disposera des moyens LOURDS pour traiter les >> cas >> complexes et à long terme, mais enfin et surtout, parce que le privé ne >> peut >> exister que si une marge de profit peut être dégagée. Or, la littérature >> médicale montre bien que, justement, les graves problèmes de santé ne sont >> ni rentables ni rentabilisables. Et ces maladies chroniques sont justement >> celles qui sont le plus négligées lorsqu'un personne n'a pas accès aux >> soins. >> >> Qu'est-ce qui est "rentable" en santé? Les pathologies simples chez les >> gens >> plutôt en bonne santé, qui n'ont pas besoin de suivi à long terme et qui >> compliquent peu, et qui généralement comportent un geste technique. Facile >> à >> trouver: ce qui marche généralement bien dans un hôpital, c'est la >> chirurgie >> d'un jour, par exemple, les petits cas qui prennent quelques heures et qui >> compliquent peu, ou les gestes techniques en série: imagerie, scopies, >> etc. >> >> Or, c'est justement le "modèle d'affaires" sur le quel tablent les >> cliniques comme Rockland MD: prendre ce qui va généralement le mieux dans >> les hôpitaux et en faire une spécialité: chirurgie d'un jour, gestes >> répétitifs, etc. Bien sûr que c'est rentable: prévisible, chez des gens >> aptes à se déplacer, pas trop vieux, pas trop malades. C'est d'autant plus >> rentable si on charge un montant correspondant à une chirurgie moyenne >> mais >> qu'on choisit des chirurgies sous la moyenne des coûts. Cela, n'importe >> qui >> serait capable de le faire de façon "rentable", d'ailleurs l'hôpital le >> fait >> déjà, on l'a vu avec les cliniques d'ophtalmo, où les coûts étaient de 20% >> à >> 100% plus élevés que dans le public. Pour de l'ophtalmo (je ne parle pas >> de >> chirurgie du cancer du colon chez les diabétiques, mais bien de >> l'ophtalmo). >> >> >> Qui plus est, ces services privés ont avec eux une garantie contre le gros >> risque: si le patient complique vraiment (je ne parle pas de la petite >> déhiscence mais bien de l'embolie pulmonaire massive), où vous pensez >> qu'il >> ira se faire soigner? La réponse est évidente. Or, une bonne partie du >> risque "financier" découle des soins intensifs et de longue durée qui >> seront >> associés aux complications, un autre "risque" qu'évidemment, puisque c'est >> son rôle, le réseau public va assumer. Ainsi, en se réservant la part >> congrue des soins plutôt techniques et prévisibles et en évacuant la >> notion >> de risque, bien entendu, le privé "va fonctionner" et "même être >> rentable", >> mais c'est une évidence que n'importe qui y arriverait avec ces paramètres >> de base! >> >> Alors non, je regrette, les soins privés ne sont et ne seront jamais pour >> "monsieur et madame tout le monde", services privés qui ne donnent >> actuellement que l'illusion de la performance et qui ne peuvent tabler que >> sur une portion congrue et sans risque des soins pour s'étendre. On >> pourrait >> dire que nous sommes victimes d’une illusion d’optique, mais il serait >> plus >> juste de dire que nous sommes manipulés par des gens qui ont un intérêt à >> voir émerger cette « opportunité d’affaires ». >> >> >> Alain Vadeboncoeur >> >> --- URG-L >> Pour quitter URG-L, envoyez un message a la liste ([email protected]) >> avec, COMME SUJET, le mot REMOVE (rien d'autre). >> >> > > > -- > Martin Pham Dinh > [email protected] > http://martinphamdinh.googlepages.com/ > > -- Martin Pham Dinh [email protected] http://martinphamdinh.googlepages.com/
