Je n'écris pas souvent dans la liste Urg-L. Cependant, après réflexion je n'ai aucun choix, mais de réagir. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis médecin d'urgence à l'Hôpital général juif de Montréal depuis un quart siècle. On travaille dans un environnement très occupé, prenant soin des adultes dans un quartier avec une population parlant plus de 130 langues différentes et de multiples appartenances ethniques et religieuses.
Mais ce que vous ne savez peut être pas, c'est que je suis le fils de survivants de lHolocauste ou Shoah. Mes grands-parents, et mes "tantes" âgées 10, 8 et 6 ans ont été arrêtés par la police parisienne le 16 juillet 1942 et ont été remis aux nazis, les envoyant à leurs morts à Auschwitz. Mes parents ayant survécu ont immigré à Montréal peu après, avec rien dans leurs poches comme le plus part des immigrants. Ils ont travaillé 7 jours par semaine à emballer pour un magasin d'épicerie, et ont aussi travaillé de longues heures dans les usines pour assurer que leurs enfants pourraient avoir une meilleure vie. Malheureusement durant cette journée de commémoration de la Shoah, je dois parler du langage inacceptable utilisé le 22 avril dans Urg-L. Je suis déçu et attristé qu'un professionnel de la santé puisse se servir de Urg-L (et même en privé) d'un langage antisémite et répréhensible, même si dit comme blague. Ce langage est inacceptable, et entre parenthèses il est aussi illégal au Québec et immoral de mentionner le nom de patients dans les forums tel que Urg-L. Je suis déçu que peu de lecteurs d'Urg-L se soient opposés au langage et aux remarques détestables du 22 avril. Par contre, il se peut que les lecteurs de Urg-L filtrent ses commentaires. Je suis attristé par cette ignorance, et je suis en colère que j'ai dû écrire personnellement contre cette attaque envers moi, ma famille, les multiples professionnels de la santé de confession juive sur cette liste et tous mes co-citoyens juifs. Bernard
