La “pandémie” actuelle de grippe A présente un taux de mortalité global de
2.4% (26 décès pour 1085 cas). 

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/04/001-Espagne-H1
N1-lundi.shtml

 

En comparaison, la mortalité de la grippe normale serait de l’ordre de 0.16%
aux USA (si on prend comme hypothèse 10% (l’OMS parle généralement de 5% à
15% de la population touchée) soit 50 000 morts annuellement.

 

Donc en apparence un taux de mortalité 15 fois supérieur. Une vraie
catastrophe.

 

Mais…

 

Ce taux de mortalité américain est celui d’un pays où :

 

1)      Les soins de santé sont développés

2)      Le dénominateur est probablement assez juste.

 

En comparaison, au Mexique, où la plupart des décès ont été retrouvés, la
ville principalement touchée compte 20 000 000 d’habitants qui vivent dans
une situation de pauvreté beaucoup plus grande avec moins d’accès aux soins,
où le dénominateur est fort probablement supérieur aux chiffres publiés en
raison des problèmes d’accès. 

 

Mais est-ce que cela peut expliquer un taux de mortalité 15 fois supérieur?

 

Pour répondre à cette question, cela prend des statistiques non pas
américaines mais dans une population comparable.

 

Le site de l’OMS nous donne un exemple : Madagascar. En 2002, une épidémie
de grippe usuelle a fait 800 morts, pour 27 000 cas de grippe « ordinaire ».

 

http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs211/fr/

 

Or, cela fait un taux de mortalité de… 3%. La grippe ordinaire de Madagascar
est donc, pour l’instant, plus grave que la foudroyante grippe A, dans une
population qui se compare probablement à celle du Mexique. 

 

Il faut noter que tous les cas de mortalité se retrouvent au Mexique, sauf
1, survenu chez… un enfant mexicain de 23 mois. 

 

Donc, le taux de mortalité « mexicain » est de 3.5% (les chiffres varient un
peu en fonction des sources). Le taux de mortalité hors Mexique serait de
0.2% environ (estimé grossier puisque le numérateur = 1). Mais tiens, cela
ressemble beaucoup au taux de mortalité américain de la grippe « ordinaire
», non?

 

Autrement dit, le virus de la grippe A se comporte exactement comme le virus
de la grippe « ordinaire », à la fois dans les pays moins développés et dans
les pays développés. 

 

Ah non, pas tout à fait : la transmissibilité est beaucoup moindre!

 

En effet, quelques semaines après le début de la grippe A, environ 0,00073 %
de la population (rappelons : de 103 000 000 de personnes en 2005) était
atteinte. En comparaison avec une bonne saison de grippe qui touche entre 5
et 15% de la population. Et l’incidence diminue. 

 

Au Canada, 140 cas confirmés ont entrainé… 1 hospitalisation jusqu’à
maintenant. Aucun décès. 

 

S’il s’agissait d’une « grippe ordinaire », il faut s’attendre à retrouver
un décès après quelques centaines de cas.

 

On verra pour la suite, mutation, seconde vague, etc.

 

Alain Vadeboncoeur

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