Ce que tu d�cris est exact, mais je pense plus prosaiquement que ce que les coll�gues ont d�crit rel�ve plus :
* D'une sorte de paresse : plus facile d'�crire "venu aux Urgences apr�s avoir bu de l'�thyl�ne Glycol" (ce qui est exact) que "venu aux Urgences avec un tableau Clinique obscur associant gna gna gna gna (5 lignes) ......... et les M�decins des Urgences ont pens� � gna gna gna (5 autres lignes) et finalement apr�s une enqu�te aprofondie il s'av�re que etc etc ...". * Et il faut bien le dire de l'habitude de passer un peu (tr�s) vite sur le travail fait avant. Conclusion : * Tant pis si nos coll�gues des �tages ne font pas plus attention que �a � ce qui est constat� sur les observations ou compte rendu Infirmiers des Urgences : en lisant plus attentivement, ils pourraient dans bien des cas y lire le disagnostic qu'ils cherchent d�sesp�r�ment m�me s'il n'est pas �crit noir sur blanc. * C'est � nous de faire savoir ce que nous savons : dans notre service, un courrier part pour chaque malade m�me s'il est hospitalis� avec le diagnostic retenu aux Urgences. Comme �a nos correspondants de ville au moins savent que nous faisons. YL -----Message d'origine----- De: Alain Vadeboncoeur [mailto:[EMAIL PROTECTED]] Date: samedi 19 janvier 2002 23:32 �: [EMAIL PROTECTED] Objet: URG-L: Re: URG-L: Dx � posteriori A posteriori: point de vue fascinant. L'amplification ou l'obnubilation de certains �l�ments de l'anamn�se ne rel�ve pas (du moins pas n�cessairement) de la malhonnetet� mais surtout, � mon sens, de l'influence que peut avoir la r�alit� sur la modulation de nos perceptions � venir et surtout du compte rendu que nous en faisons. Il y a de �tudes sur le sujet: la m�me information racont�e par un acteur mimant l'hyst�rie et un autre placidement calme am�nera des conclusions fort diff�rentes. Mais il y a plus simple: a posteriori, quand le diagnostic s'est clarifi�, alors il semble que toute nouvelle anamn�se brille par sa limpidit�: quoi de plus normal que de trouver des douleurs thoraciques parfaitement typiques quand les MB sont � 200? De la m�me fa�on, je suis persuad� que nous modulons, plus ou moins consciemment, nos anamn�ses en fonction de ce que nous croyons d�celer comme pathologie (ou absence de) chez notre patient. Ainsi, le clinicien qui "ne croit pas � l'infarctus" n'aura probablement pas tendance � insister lourdement sur les �l�ments qui pourraient faire penser que la douleur est typique, alors qu'une fois les MB positiv�s, c'est curieux comme ces �l�ments prennent le dessus. Rien de plus normal: la r�alit� est fort complexe, et l'image que nous en percevons comme celle que nous voulons rendre est largement modul�e par nos intuitions. C'est le m�me genre de biais qui fait que les patients qui ont eu des cons�quences graves (par exemple, complication suite � une affection b�nigne) auront beaucoup plus largement tendance � se souvenir des d�tails d'�pisodes en apparence b�nins que ceux qui auront v�cu les m�mes mais sans cons�quences, ce qui peut pousser � penser que ceux qui ont souffert des complications auront �t� davantage touch�s par l'affection b�nigne, alors qu'en r�alit� �a n'est pas le cas ("recall bias"). De m�me, pour la petite madame qui a amen� son mari qui a �t� par la suite si malade, initiallement son souvenir vague de l'avoir bu dans la mauvaise bouteille ne lui a pas paru pertinent, alors que par la suite, une fois le diagnostic pos�, elle ne pense plus qu'� cela et revoit dans le d�tail son mari prendre la bleue plut�t que la rouge etc., ce qu'elle ne manquera pas de narrer en d�tail, a posteriori, au consultant tardif. Alain Vadeboncoeur
