Voici qqs extraits de l'ouvrage : La construction de l'intelligence dans l'interaction sociale" Anne Nelly Perret-Clermont
Je les ai choisis car il me semble qu'ils font "�cho" � ce que j'ai lu dans les messages de ces derniers temps et qu'ils font partie de mes interrogations.
Mais sortis de leur contexte, ils se pourrait qu'ils perdent de leur pertinence...


l'hypoth�se fondamentale consiste � � explorer comment des processus interactionnels participent � l'�laboration m�me de structures de la connaissance. (page 17)



� Cette carence sociale appara�t sur plusieurs dimensions. La premi�re de ces dimensions est la fr�quence et la complexit� des �changes que l'enfant entretient dans son milieu sans qu'il soit clair si c'est le temps pass� � communiquer ou le degr� d'�laboration des �changes qui est le facteur principal. Mais dans leurs cons�quences p�dagogiques, ces deux variables sont �quivalentes car pour accro�tre l'une ou l'autre il faut amener les �l�ves � communiquer sur des sujets en rapport avec leur niveau cognitif. �. (page 18)



Sur le plan p�dagogique, pour passer de normes centr�es sur le ma�tre � des normes centr�es sur l'enfant, et donc diminuer ce conflit, ils (Cecchini et Tonucci - 72) pr�conisent de changer la structure de communication de la classe : abandonner le sch�ma classique d'�change entre l ma�tre et l'�l�ve pour instituer un r�seau d'interactions entre �l�ves, le r�le du ma�tre �tant alors de sugg�rer au(x) groupe(s) d'�l�ves des probl�mes motivants - et donc int�ressants - � r�soudre. C'est ce que faisait d�j� Freinet. (page 19)



� la formation et l'ach�vement des structures cognitives impliquent toute une s�rie d'�changes et un environnement stimulant ; la formation des op�rations n�cessite toujours un environnement favorable � la � coop�ration �, c'est-�-dire � des op�rations effectu�es en commun �. Piaget 1972 (cit� dans le livre page21)



Ce qui semble impliquer, de fa�on plus g�n�rale, que puisque la logique suppose la coordination dans l'�change, la coop�ration permet la transmission ad�quate d'une notion tandis que ce n'est pas le cas des interactions rendues asym�triques par une relation de prestige, d'autorit�, voire de coercition. En effet, pour qu'une notion s'acqui�re de fa�on ad�quate, il faut qu'elle puisse �tre � recr�er � par le sujet. A d�faut de cela elle n'est qu'une opinion, consolid�e par des facteurs extra-logiques, et rel�ve d'une pens�e non -op�ratoire. Piaget 1958 (cit� dans le livre page 25)



A la suite des travaux de ces auteurs (Garvey et Hogan - 1973) il se pose le probl�me du statut des conduites et des interactions sociales observ�es. Ces interactions, en particulier, rel�vent-elles d'une forme de � co-action � qui pr�c�derait la coop�ration ? Sont-elles d�pendantes d'un certain d�veloppement � la fois social et cognitif ? Ou bien sont-elles la source d'un d�veloppement � la fois social et cognitif dont elles seraient un �l�ment d�terminant ? La coop�ration ne serait alors qu'une des formes que prennent ces interactions, modalit� rendue possible par toute une �volution. Il semble qu'en l'�tat actuel des recherches ces questions restent ouvertes. (page 30)



Dans le travail pr�sent�, les auteurs cherchent � d�montrer � l'effet de l'interaction sociale sur certains aspects du d�veloppement cognitif et plus particuli�rement � comprendre quelles sont les conditions n�cessaires pour que des coordinations d'actions entre individus favorisent l'apparition de certaines op�rations cognitives �. (page 35)



Les auteurs envisagent le sujet (l'enfant) dans son activit�, au sein d'un environnement qui est toujours simultan�ment social et physique et dans lequel la pr�sence d�s sa naissance d'autres individus l'oblige � coordonner ses actions avec celles d'autrui.

� C'est au travers de ces coordinations avec autrui que l'enfant est amen� � �laborer des syst�mes d'organisation de ses actions sur le r�el. C'est dans ces conditions de coordinations interindividuelles qu'il cherchera � ma�triser que l'individu par un m�canisme d'abstraction �laborera ses structures cognitives. En retour, ses progr�s cognitifs permettront au sujet de participer � des interactions sociales nouvelles, plus �labor�es, qui � leur tour modifieront la structuration de sa pens�e. Le lien causal suppos� est circulaire et sa progression correspond � la spirale trac�e par Piaget pour d�crire la vection du d�veloppement. � (page 35-36)



� La conception des auteurs est interactionniste et constructiviste : � a des moments pr�cis qui d�pendent de l'ensemble du d�veloppement ant�rieur, certaines interactions sociales au cours desquelles l'individu coordonne ses actions sur le r�el avec celles d'autrui agissent comme des inducteurs et permettent ainsi l'�laboration de nouvelles organisations cognitives. La coordination des actions entre individus pr�c�de la coordination cognitive individuelle de certaines actions tout en se fondant sur des comp�tences qui doivent, pour �tre pr�sentes, avoir �t� �labor�es pr�c�demment ou donn�es h�r�ditairement ; elle participe � la dynamique de la croissance mentale sans en �tre pour autant l'unique facteur explicatif : les fondements du d�veloppement psychologique de l'individu sont enracin�s dans les conditions de vie - au sens biologique du terme - d'un organisme qui na�t dans un environnement � la fois physique et social et qui cherche progressivement � ma�triser ses interactions avec ce milieu. (page 36)



Piaget : � la soci�t� (.) est, comme toute organisation, un syst�me d'interactions dont chaque individu constitue un petit secteur � la fois biologique et social. En ce cas le d�veloppement de l'enfant s'effectue par interactions continues et il est beaucoup trop simple d'y voir le simple reflet de l'action �ducative des parents ou des ma�tres. Il y a ici comme partout construction dialectique et l'enfant n'assimile la nourriture sociale que dans la mesure o� il est actif et engag� en des interactions r�elles et non pas passif ou purement r�ceptif. �

Les auteurs veulent �tre plus explicites et insistent � sur le r�le d'un facteur social qui n'agirait pas seulement en fournissant � une nourriture sociale � � assimiler mais qui n�cessiterait �galement du sujet une accommodation qui est, elle, cr�atrice de nouveaut� et un facteur causal dans le dynamisme de l'�volution mentale.



Les auteurs soutiennent la th�se suivante : � � certaines phases du d�veloppement l'action commune de plusieurs individus, n�cessitant la r�solution d'un conflit entre leurs diverses centration, aboutit � la construction de nouvelles coordinations chez l'individu. (.) l'individu d�j� relativement plus avanc� aussi bien que celui moins avanc� peuvent progresser.�

Leur th�se s'oppose � � des hypoth�ses du type ''modeling effect'' (effet de la pr�sentation d'un mod�le) selon lesquelles tout apprentissage qui appara�trait chez un sujet � la suite d'une interaction avec un partenaire serait d� � l'imitation des conduites de celui-ci et donc ne pourrait na�tre que de l'imitation d'un mod�le sup�rieur. �

----- Original Message ----- From: "ludo" <[EMAIL PROTECTED]>
To: <[email protected]>
Sent: Sunday, January 16, 2005 6:03 AM
Subject: [3type] L�cher de lest + pr�sentation



Je lis pas mal en ce moment pour le m�moire... Connaissez-vous "La
construction de l'intelligence dans l'interaction sociale" Anne Nelly
Perret-Clermont ?
Dans le chapitre 1, il y a plein de choses qui rejoignent, confirment ce
que je lis dans vos �changes.
Si vous le souhaitez, j'essaierai de vous en extraire qqs morceaux.
Roland


Oui, oui... �a pourrait peut-�tre mis sur le site ?

Ludo





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