Comme Laurent est
sur la liste, je me permets d'y transf�rer le message qu'il a fait apr�s sa
visite dans la classe de Philippe. Vu de cette fa�on, la visite de classe est un
v�ritable outil qui est bien � inclure dans une m�thodologie de recherche (une
p�thodologie professionnelle). En tout cas, gr�ce � ce regard de Laurent, je
commence � un peu mieux percevoir le fonctionnement de Philippe (encore une
journ�e chez lui Laurent et on va pouvoir m�me d�cortiquer le Philippe et
l'anatomie de sa classe !). En tout cas bravo tous les deux. (le prochain coup
que tu y retournes, on aura peut-�tre m�me des trucs qu'on ne comprend pas � te
demander d'observer ! l'oeil des barjots !)
----- Original Message -----
From: "Laurent" <[EMAIL PROTECTED]>
To: <[EMAIL PROTECTED]>
Sent: Thursday, February 17, 2005 2:42
PM
Subject: [gem01] tentatives de
descriptions
J'ai un peu le sentiment d'avoir lanc� un pav� dans la mare mais bon que c'est int�ressant.
Je vais essayer de d�crire la matin�e de mardi pour faire avancer la discussion.
Dans la classe de Philippe, les �l�ves travaillent � partir d'un pense b�te qui s'apparente � un plan de travail sauf que c'est l'�l�ve qui est au centre du syst�me. C'est � dire que l'�l�ve planifie son travail lui m�me.
L'autonomie des �l�ves peut �tre de trois types:
- en autonomie,
- en accompagnement,
- sous la tutelle,
Cf.descriptions (d�sol� je ne suis pas arriv� � cr�er le lien avec la page, il faudra m'expliquer) http://philippe.ruelen.free.fr/
La matin�e est organis�e de la sorte pendant environ "une heure", les �l�ves sont en activit�s sur le pense b�te. Les �l�ves en autonomie s'appuient ou non sur Bingo pour organiser leur matin�e.
L'�l�ve en autonomie est libre de r�aliser ce que bon lui semble:
- faire son pense b�te,
- faire des brevets,
- r�aliser un projet,
- r�pondre aux correspondants,
- r�diger le journal.... j'en oubli plein, Philippe sera plus � m�me
d'�num�rer les diff�rentes activit�s possibles.
Mon attention s'est focalis� sur les �l�ves qui suivaient leur PT. En effet les �l�ves qui sont sur le PT sont plus facilement observables car � tout moment, on peut savoir ce qu'ils sont en train de faire. En revanche, les �l�ves qui ne r�alisent pas le Pt sont difficiles � suivre car on n'a "aucun support" pour savoir ce qu'ils sont en train de faire. Mais tous sont en activit�.
Autour de 9h45 les �l�ves se regroupent pour la r�union. C'est un moment important dans l'organisation de la classe. Cette r�union est pr�sid�e par deux �l�ves qui organisent la parole. Philippe intervient tr�s peu , juste pour rappeler l'ordre du jour � la demande des pr�sidents. La r�union permet au groupe de faire le bilan sur la vie de la classe (r�daction du journal, courrier re�u, pr�sentation des r�alisations, mutualisation des informations, donner son avis sur les productions, organisation du groupe pour la r�alisation des "projets").
La position spatiale de Philippe est assez int�ressante car il est en dehors du groupe classe. Ce positionnement �vite la centration sur lui et facilite la communication entre enfants. Certains enfants ont n�anmoins du mal et le sollicite par moment du regard ou oralement.
La r�union permet �galement au groupe de d�cider de l'organisation de la classe:
"Est-on oblig� d'assister au r�union ? Certains �l�ves peuvent-ils continuer leurs activit�s ?"
"Peut-on r�organiser spatialement la classe ?"
Ces questionnements ont donn� lieu � des �changes int�ressants entre les �l�ves.
Ensuite la r�union se termine et les �l�ves retournent � leurs activit�s.
Voil� en gros ce que j'ai pu observer dans la matin�e.
Par contre, le r�gime de croisi�re qui suit est bien plus stable et ind�pendant de la forme/�nergie/p�che de l'enseignant ; � la limite, il peut m�me �tre absent.
J'ai eu l'occasion d'en discuter avec David lundi dans sa classe. Peut-on n�gliger l'implicite ?
Tout instit d�gage quelque chose qu'il ne ma�trise pas. Les �l�ves r�agissent d'une certaine fa�on par rapport � ce que tu es. Ils "s'appuient" malgr� toi sur toi. Ils se sentent en "s�curit�" parce que tu es l�. Comment peut-on �tre s�r que les �l�ves ont r�ellement int�gr� l'autonomie ? En temps qu'adulte je r�agis d'une certaine fa�on par rapport au milieu dans lequel je me trouve. Or cette adaptation au milieu est par nature compl�tement instable car l'environnement est instable.
Nous sommes perp�tuellement en adaptation-r�adaptation pour nous conformez au milieu. Comment �tre sur que le r�gime de croisi�re est atteint et compl�tement stabilis� ? Le r�gime de croisi�re est atteint dans un certain environnement o� le ma�tre est pr�sent. Mais l'�quilibre de la classe n'est pas le m�me quand l'instit n'est plus l�.
Dans le contexte de l'�ducation nationale (un instit r�f�rent d'un groupe d'enfants) on ne peut pas mettre en place un environnement o� l'enfant serait confront� � l'absence r�elle de ma�tre. Le 3�me type tend vers cela. Peut-il l'atteindre ?
Au coll�ge les �l�ves vont �tre soumis � un environnement diff�rent. Ne vont-ils pas s'adapter au milieu ?
Laurent Lan�on
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