bonjour,
 
le retour au groupe en deux temps par la prÃsentation des travaux d'enfants et ensuite par l'affichage est largement suffisant pour faire Ãmerger de nombreuses formes de crÃations, de nombreuses techniques qui n'auront jamais à Ãtre classÃes par genre, style, courant.
Il y aurait là un contresens pÃdagogique à vouloir proposer un travail qui irait dans un sens qui n'intÃressent que les pÃdants et les conservateurs.
Comme si pour Ãtre un citoyen Ãclairà il fallait Ãtre savant de ce que proposent les manuels d'histoire de l'art.
Dans l'histoire de l'art contemporain la rupture est une rÃponse permanente à l'acadÃmisme qui se construit dans les esprits plein de l'air du temps.
Ce qu'on retient d'une oeuvre c'est l'Ãmotion qu'elle nous procure et jamais son appartenance à un courant quelconque.
La contrainte ne peut Ãtre que celle qui est le rÃsultat d'une _expression_ subjective propre à un groupe à un moment donnÃ.
Dans les recherches il y a de la pragmatique.
Que de la pragmatique.
Quand une technique se dÃgage et que son succÃs entraÃne une sÃrie de productions d'un mÃme type, cela agit comme le fait un artiste.
Il me parait essentiel de se dÃtacher de notre pensÃe musÃal qui nous a laissà croire qu'il n'y avait que des artistes majeurs qui ne produisaient que des chefs d'oeuvres .
Dans les musÃes il n'y a rien, de ce qui serait l"_expression_ d'une dÃmarche crÃatrice d'un artiste.
Un musÃe est un cirque oà on ne prÃsente que les meilleurs numÃros.
A force de frÃquenter les musÃes, on se construit une reprÃsentation d'un artiste mythologique.
L'Ãcrivain E. Junger Ãcrivait que les bibliothÃques sont des ossuaires de l'esprit.
Il en est de mÃme pour les musÃes : il n'y a que de la mÃmoire morte qui vient nÃcroser notre perception du monde.
Quand on visite des galeries, elles exposent des oeuvres en sÃries, recherches obsessionnelles d'un artiste à un moment donnÃ.
Au point qu'on serait tentà de penser que ce qu'on voit c'est toujours pareil.
Work in progress.
Quand un enfant adopte une attitude singuliÃre dans une crÃation, pour peu qu'elle soit suffisamment dissonante (mais pas trop au risque d'Ãtre jugà pour ce qu'elle ne mÃrite pas d'Ãtre dans des propos à l'emporte piÃce), ce sentiment d'originalità devient un champ d'expÃrimentation pertinent que tout le monde s'empressera d'explorer jusqu'à le rendre conventionnel en attendant la prochaine rupture.
J'ai fait cette expÃrience cette annÃe en maternelle à travers les explorations permanentes et libres de ce que les enfants peuvent disposer dans la classe. 
Ma crainte Ãtait de voir un appauvrissement des pratiques et manipulations des matÃriels, au point de laisser place à l'ennui.
Et bien mÃme le jeu d'assemblage le plus ÃlÃmentaire fait l'objet d'explorations aux rÃsultats encore inattendues.
 
DESSINS LIBRES
autre tÃmoignage :
lors du CongrÃs de Renne de l'ICEM en 2000, j'avais fait la connaissance de Paul Lebohec (grand artiste de la libre _expression_ pÃdagogique) qui prÃsentait dans une salle le rÃsultat de l'expÃrience du dessins libres menÃe par une collÃgue. Ãtaient prÃsentÃs des porte-vues qui rassemblaient chronologiquement  des productions d'enfant (un porte-vue par enfant)
Je fus stupÃfait de constater que toutes les productions tendaient vers une _expression_ que j'avais pu observer dans les expositions d'art brut.
D'expressions quelquefois trÃs convenues au dÃpart, toutes les sÃries se mÃtamorphosaient en objet singulier.
Autrement dit, la conclusion que j'en tirais Ãtait qu'il semblait y avoir une sorte d'universalità dans l'_expression_, comme s'il existait une _expression_ naturelle commune à tous et que l'expÃrience systÃmatique menait vers un mÃme type de crÃation.
Cette _expression_ Ãtait d'une richesse infinie par toutes les combinatoires qu'elle supposait puisque portÃe par l'expÃrience unique de chaque individu.
Il y avait autant d'oeuvres originales que d'individu.
Conclusion :
L'Ãternità nous appartient.
L'exercice du dessin libre libÃre le geste jusqu'à mener vers une forme complÃtement aboutie, jusqu'à se manifester par des formes semblables en apparence d'un individu à l'autre.
Ce que Picasso fit toute sa vie.
Ce n'est pas en s'obligeant à se libÃrer, en adoptant une posture d'artiste maudit, qu'il devint libre, mais en produisant ÃnormÃment par des sÃries trÃs importantes et rÃpÃtitives qu'aucun musÃe ne nous a jamais montrÃ.
Ce qui fit de Picasso un grand artiste, ce fut sa production incessante de "dessins libres".
Il n'a jamais su à l'avance ce que la rÃpÃtition de son geste allait faire naÃtre.
Il a Ãgalement ÃnormÃment observà et rencontrà ses contemporains.
Regardez ses derniÃres oeuvres et vous verrez ce que vos enfants dans vos classes produisent de plus aboutis Ã l'issue de leur recherches rÃpÃtÃes et libres.
Conchiez les "Ã la maniÃre de".
C'est la mort de l'_expression_ libre.
Pire, c'est sa nÃgation.
Mais attention, dans cette libertà revendiquÃe, il y le partage dont il ne faut pas faire l'Ãconomie.
Ce que j'aime, je le montre, je le partage.
Et si les momes s'en tapent, ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas murs, ou pas assez ÃduquÃs/cultivÃs,
c'est parce qu'ils ne sont pas disponibles.
Tant pis pour ma gueule.
 
    
Christian ROUSSEAU
MS-GS La Chapelle-Saint-Luc (Aube 10)
[EMAIL PROTECTED]
GEMA (Groupe de l'Ecole Moderne Aubois)
tout savoir sur la pÃdagogie Freinet : www.icem-freinet.info
----- Original Message -----
Sent: Friday, May 13, 2005 9:57 PM
Subject: Re: [3type] atelier arts plastiques

Tout Ã fait Jean Claude ! D'ailleurs quelqu'un comme Picasso parait il copiait lui mÃme beaucoup, respectait et observait en tout cas ÃnormÃment ... les dessins des enfants ! Il a dit qu'il lui a fallu une vie entiÃre pour apprendre à dessiner comme eux, notamment en cherchant à peindre ce qui est ressenti et pas forcÃment ce qui est vu...comme font souvent et "naturellement" (comme dit Chirac, vous avez remarquÃ?) les enfants. Donc, "les deux", au moins. Et puis, ce qui est pas Ãvident dans ta question Remi, c'est la diversità des comportements que peuvent avoir les enfants. Je rejoins JC à propos de mettre à disposition, de permettre, de donner du temps, de pas trop forcer trop vite... Je repensais aussi aux espÃces de paravent de chez Patrick à Moussac : vraiment l'idÃal pour afficher et faire une petite sÃparation ! ... Avez vous d'autres idÃes d'amÃnagement pour cet atelier (et les autres, d'ailleurs) ? ( Heu sinon, on dit "arts visuels" je crois maintenant dans le nouveau bouqin : )) 

LaurentB




> Message du 13/05/05 21:13
> De : "jcmura" <[EMAIL PROTECTED]>
> A : [email protected]
> Copie à :
> Objet : Re: [3type] atelier arts plastiques
>
> ï
Bonjour
il me semble que la rÃponse est dans la question
tu penses que cet atelier ne fonctionne pas parce que
tu en attends quelque chose de prÃcis alors qu'en rÃalitÃ
il marche bien puisque les enfants de ta classe prennent plaisir
à rÃaliser des peintures libres
tu as des enfants de cycle 3 qui n'ont peut-Ãtre pas fait de peinture
depuis la maternelle et donc ils sont tout simplement heureux de peindre
je pense qu'il faut leur laisser des modÃles et des pistes à disposition
et leur laisser le temps
cependant quel est le but recherchà en arts plastiques
copier quelque chose ou crÃer ? les deux ?
 
dis donc RÃmi t'as pris le TGV pour le 3Ãme type !!!
 
jc
 
----- Original Message -----
Sent: Friday, May 13, 2005 7:13 PM
Subject: [3type] atelier arts plastiques

>

> bonjour,

> suite au stage dans l'aube, j'avais l'attention de mettre en place plusieurs ateliers libres dont les arts plastiques. le texte de philippe ruelen m'a inspirÃ. j'ai mis à leur disposition une trentaine de carte postale d'artistes. cependant, au bout d'une semaine, c'est le seul atelier qui "ne marche pas bien" ou plutÃt qui ne rÃpond pas rÃellement aux effets attendus. les premiÃres rÃactions des enfants ont Ãtà nÃgatives car selon trop difficile : un enfant m'a rÃpondu tout net qu'il Ãtait incapable de faire pareil. moi j'ai essayà de convaincre lui et les autres de "s'inspirer" et de ne pas essayer d'imiter. j'ai essayà plusieurs approches, toujours en refusant de leur imposer, en les encourageant, en essayant de montrer les diffÃrentes techniques, en peignant avec eux... rien n'y a fait. pour l'instant, ils prennent plaisir simplement à rÃaliser des peintures libres. depuis, je n'interviens plus rÃellement et je me pose beaucoup de questions. ai-je Ãtà trop vite ? ai-je sautà des Ãtapes ? dois-je leur imposer une peinture dont ils doivent s'inspirer pendant un certain temps ? ou simplement le plaisir de peindre librement est-il une Ãtape obligà avant que les enfants ressentent le besoin d'aller voir ailleurs ?

> merci d'avance de vos apports

> rÃmi

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