----- Original Message -----
Sent: Sunday, May 15, 2005 7:25 PM
Subject: Re: Re: [3type] atelier arts
plastiques
Bonjour je vais oser d�crire ma modeste m�thodologie en ce domaine ,
soyez indulgents gentes dames et sieurs :
1� La production brute est pr�sent�e en r�union
2� La classe au doigt lev� emet un avis sur l'oeuvre : FINI / PAS
FINI
3� Les r�actions du ma�tre et de la classe sont not�es sur une �tiquette
4� L'oeuvre peut �tre am�lior�e grace a ces remarques de la classe /
grace � des exemples culturels / grace � un apport technique ou elle peut �tre
affich�e et archiv�e si l'auteur la juge achev�e
5� Si elle a �t� retravaill�e elle est repr�sent�e en r�union puis
affich�e et archiv�e
6� Un compl�ment culturel est pr�sent� si il existe !
Voila c'est tout !
St�phane Daubilly
CE1/CE2 �cole MARIE CURIE de BOBIGNY SUR MER
----Message
d'origine----
De: "Christian et Marie" <[EMAIL PROTECTED]>
A:
<
[email protected]>, <[EMAIL PROTECTED]>,
Sujet: Re:
[3type] atelier arts plastiques
Date: Sat, 14 May 2005 00:50:05
+0200
bonjour,
le retour au groupe en deux temps par la
pr�sentation des travaux d'enfants et ensuite par l'affichage est largement
suffisant pour faire �merger de nombreuses formes de cr�ations, de nombreuses
techniques qui n'auront jamais � �tre class�es par genre, style,
courant.
Il y aurait l� un contresens p�dagogique �
vouloir proposer un travail qui irait dans un sens qui n'int�ressent que les
p�dants et les conservateurs.
Comme si pour �tre un citoyen �clair� il fallait
�tre savant de ce que proposent les manuels d'histoire de l'art.
Dans l'histoire de l'art contemporain la rupture
est une r�ponse permanente � l'acad�misme qui se construit dans les esprits
plein de l'air du temps.
Ce qu'on retient d'une oeuvre c'est l'�motion
qu'elle nous procure et jamais son appartenance � un courant
quelconque.
La contrainte ne peut �tre que celle qui est le
r�sultat d'une _expression_ subjective propre � un groupe � un moment
donn�.
Dans les recherches il y a de la
pragmatique.
Que de la pragmatique.
Quand une technique se d�gage et que son succ�s
entra�ne une s�rie de productions d'un m�me type, cela agit comme le fait un
artiste.
Il me parait essentiel de se d�tacher de notre
pens�e mus�al qui nous a laiss� croire qu'il n'y avait que des artistes
majeurs qui ne produisaient que des chefs d'oeuvres .
Dans les mus�es il n'y a rien, de ce qui serait
l"_expression_ d'une d�marche cr�atrice d'un artiste.
Un mus�e est un cirque o� on ne pr�sente que
les meilleurs num�ros.
A force de fr�quenter les mus�es, on se
construit une repr�sentation d'un artiste mythologique.
L'�crivain E. Junger �crivait que les
biblioth�ques sont des ossuaires de l'esprit.
Il en est de m�me pour les mus�es : il n'y a
que de la m�moire morte qui vient n�croser notre perception du
monde.
Quand on visite des galeries, elles exposent
des oeuvres en s�ries, recherches obsessionnelles d'un artiste � un moment
donn�.
Au point qu'on serait tent� de penser que ce
qu'on voit c'est toujours pareil.
Work in progress.
Quand un enfant adopte une attitude
singuli�re dans une cr�ation, pour peu qu'elle soit suffisamment dissonante
(mais pas trop au risque d'�tre jug� pour ce qu'elle ne m�rite pas d'�tre
dans des propos � l'emporte pi�ce), ce sentiment d'originalit� devient un
champ d'exp�rimentation pertinent que tout le monde
s'empressera d'explorer jusqu'� le rendre conventionnel en attendant
la prochaine rupture.
J'ai fait cette exp�rience cette ann�e en
maternelle � travers les explorations permanentes et libres de ce que les
enfants peuvent disposer dans la classe.
Ma crainte �tait de voir un appauvrissement des
pratiques et manipulations des mat�riels, au point de laisser place �
l'ennui.
Et bien m�me le jeu d'assemblage le plus
�l�mentaire fait l'objet d'explorations aux r�sultats encore inattendues.
DESSINS LIBRES
autre t�moignage :
lors du Congr�s de Renne de l'ICEM en 2000,
j'avais fait la connaissance de Paul Lebohec (grand artiste de la libre
_expression_ p�dagogique) qui pr�sentait dans une salle le r�sultat de
l'exp�rience du dessins libres men�e par une coll�gue. �taient pr�sent�s des
porte-vues qui rassemblaient chronologiquement des productions
d'enfant (un porte-vue par enfant)
Je fus stup�fait de constater que toutes les
productions tendaient vers une _expression_ que j'avais pu observer dans les
expositions d'art brut.
D'expressions quelquefois tr�s convenues au
d�part, toutes les s�ries se m�tamorphosaient en objet singulier.
Autrement dit, la conclusion que j'en tirais
�tait qu'il semblait y avoir une sorte d'universalit� dans l'_expression_,
comme s'il existait une _expression_ naturelle commune � tous et que
l'exp�rience syst�matique menait vers un m�me type de cr�ation.
Cette _expression_ �tait d'une richesse infinie par
toutes les combinatoires qu'elle supposait puisque port�e par l'exp�rience
unique de chaque individu.
Il y avait autant d'oeuvres originales que
d'individu.
Conclusion :
L'�ternit� nous appartient.
L'exercice du dessin libre lib�re le geste
jusqu'� mener vers une forme compl�tement aboutie, jusqu'� se manifester
par des formes semblables en apparence d'un individu �
l'autre.
Ce que Picasso fit toute sa vie.
Ce n'est pas en s'obligeant � se lib�rer, en
adoptant une posture d'artiste maudit, qu'il devint libre, mais en
produisant �norm�ment par des s�ries tr�s importantes et r�p�titives
qu'aucun mus�e ne nous a jamais montr�.
Ce qui fit de Picasso un grand artiste, ce fut sa
production incessante de "dessins libres".
Il n'a jamais su � l'avance ce que la
r�p�tition de son geste allait faire na�tre.
Il a �galement �norm�ment observ� et rencontr�
ses contemporains.
Regardez ses derni�res oeuvres et vous verrez ce
que vos enfants dans vos classes produisent de plus aboutis � l'issue de
leur recherches r�p�t�es et libres.
Conchiez les "� la mani�re de".
C'est la mort de l'_expression_ libre.
Pire, c'est sa n�gation.
Mais attention, dans cette libert� revendiqu�e,
il y le partage dont il ne faut pas faire l'�conomie.
Ce que j'aime, je le montre, je le
partage.
Et si les momes s'en tapent, ce n'est pas
parce qu'ils ne sont pas murs, ou pas assez �duqu�s/cultiv�s,
c'est parce qu'ils ne sont pas
disponibles.
Tant pis pour ma gueule.
----- Original Message -----
Sent: Friday, May 13, 2005 9:57
PM
Subject: Re: [3type] atelier arts
plastiques
Tout � fait Jean Claude ! D'ailleurs quelqu'un comme
Picasso parait il copiait lui m�me beaucoup, respectait et
observait en tout cas �norm�ment ... les dessins des enfants ! Il a dit
qu'il lui a fallu une vie enti�re pour apprendre � dessiner comme eux,
notamment en cherchant � peindre ce qui est ressenti et pas forc�ment ce qui
est vu...comme font souvent et "naturellement" (comme dit Chirac, vous avez
remarqu�?) les enfants. Donc, "les deux", au moins. Et puis, ce qui est pas
�vident dans ta question Remi, c'est la diversit� des comportements que
peuvent avoir les enfants. Je rejoins JC � propos de mettre � disposition,
de permettre, de donner du temps, de pas trop forcer trop vite... Je
repensais aussi aux esp�ces de paravent de chez Patrick � Moussac : vraiment
l'id�al pour afficher et faire une petite s�paration ! ... Avez vous
d'autres id�es d'am�nagement pour cet atelier (et les autres, d'ailleurs) ?
( Heu sinon, on dit "arts visuels" je crois maintenant dans le nouveau
bouqin : ))
LaurentB
>
Message du 13/05/05 21:13
> De : "jcmura"
<[EMAIL PROTECTED]>
> A : [email protected]
> Copie � :
> Objet : Re: [3type] atelier arts plastiques
>
>
Bonjour
il me semble que la r�ponse est dans la
question
tu penses que cet atelier ne fonctionne pas
parce que
tu en attends quelque chose de pr�cis alors qu'en r�alit�
il marche bien puisque les enfants de ta classe prennent plaisir
� r�aliser des peintures libres
tu as des enfants de cycle 3 qui n'ont
peut-�tre pas fait de peinture
depuis la maternelle et donc ils sont tout
simplement heureux de peindre
je pense qu'il faut leur laisser des mod�les
et des pistes � disposition
et leur laisser le temps
cependant quel est le but recherch� en
arts plastiques
copier quelque chose ou cr�er ? les deux
?
dis donc R�mi t'as pris le TGV pour le 3�me
type !!!
jc
----- Original Message -----
Sent: Friday, May 13, 2005 7:13
PM
Subject: [3type] atelier arts
plastiques
>
> bonjour,
> suite au stage dans l'aube, j'avais l'attention de mettre en
place plusieurs ateliers libres dont les arts plastiques. le texte de
philippe ruelen m'a inspir�. j'ai mis � leur disposition une trentaine
de carte postale d'artistes. cependant, au bout d'une semaine, c'est le
seul atelier qui "ne marche pas bien" ou plut�t qui ne r�pond pas
r�ellement aux effets attendus. les premi�res r�actions des enfants ont
�t� n�gatives car selon trop difficile : un enfant m'a r�pondu tout net
qu'il �tait incapable de faire pareil. moi j'ai essay� de convaincre lui
et les autres de "s'inspirer" et de ne pas essayer d'imiter. j'ai essay�
plusieurs approches, toujours en refusant de leur imposer, en les
encourageant, en essayant de montrer les diff�rentes techniques, en
peignant avec eux... rien n'y a fait. pour l'instant, ils prennent
plaisir simplement � r�aliser des peintures libres. depuis, je
n'interviens plus r�ellement et je me pose beaucoup de questions. ai-je
�t� trop vite ? ai-je saut� des �tapes ? dois-je leur imposer une
peinture dont ils doivent s'inspirer pendant un certain temps ? ou
simplement le plaisir de peindre librement est-il une �tape oblig� avant
que les enfants ressentent le besoin d'aller voir ailleurs ?
> merci d'avance de vos apports
>
r�mi