Bonjour à tous,

 

Je me suis permis d'étudier les quatre textes envoyés par Philippe et d'essayer d'en faire une synthèse qui regroupe l'ensemble des idées émises et écarte les redondances.

J'ai toutefois mis de côté une idée, celle qui consiste à dire que c'est de la responsabilité de l'enseignant de gérer ce qui est de l'ordre du vivre ensemble et des conflits entre enfants. Je ne pense pas que cela fasse consensus au sein de notre communauté de recherche.

J'ai aussi bien envie de proposer une évolution de ce texte (en plus de toutes celles que vous apporterez) en y rajoutant une caractérisation fine de la fonction de l'enseignant (celle qu'en fait Bernard dans son bouquin me paraît convenir) et quelques éléments de conceptualisation de l'acte d'apprendre (cf le dernier document que j'ai fait parvenir).

 

Coopérativement

 

Sylvain

 

 

 

L'école du 1er type est celle avec ses niveaux homogènes, ses rangées d'élèves, un maître maîtrisant emploi du temps et progressions, des élèves exécutant le plus exactement possible des consignes. Le 1er  type, on sait ce que c’est, ne serait ce que parce qu'il y a de grandes chances que nous l'ayons vécu nous mêmes enfants (d'où la tendance à la reproduction et les difficultés pour nous en défaire). C'est aussi facile à filmer, il suffit d’aller voir « Etre et Avoir » par exemple. Ça n’a pas l’air de marcher si bien que ça si on en croit les analyses et les statistiques des chercheurs et des universitaires ! Il suffit aussi de regarder vivre les enfants là dedans et d’être un temps soit peu préoccupé par leur bien être pour s’en rendre compte.

Et ça a l’air d’être de plus en plus difficile à faire : les conséquences du 1er type en sont des résistances, sans doute saines, et des rapports de force de moins en moins à l’avantage des adultes. En plus de la violence, de l’illettrisme, de l’échec scolaire, de l’exclusion, ce sont aussi des personnes (les enfants) à qui on ne permet pas de se construire une identité, une idée de vie, une envie de vie d’où drogues, suicides, dépendances à un gourou. Les profs non plus n’ont pas l’air très heureux là dedans.

 

L'école du second type est celle des méthodes dites actives. Les élèves y sont moins passifs, le maître fait appel à leur motivation, cherche par tous les moyens à rattacher son enseignement à la réalité. Mais l'enseignant en reste le véritable acteur. Ce sont aussi des folies de préparation pour inventer des « situations problèmes » (parce que c’est sans doute efficace), créer des « projets » (parce que c’est une démarche formatrice... à condition qu'elle soit à l'initiative de la personne qui la vit) qui deviennent si vite impossibles à mettre en oeuvre pour un humain normalement constitué que beaucoup retournent vite dans le « confort » du 1er type, en faisant semblant d’être dans le 2ème, et que tout va très bien comme ça. Les chercheurs ne trouvent toujours pas de méthodes miracles, ne serait ce que pour apprendre à lire, et j'ai l'impression que pas mal se masturbent le cerveau et compliquent tout pour essayer de se donner un peu de contenance et de bonne conscience.

 

Dans l'école du 3ème type, c'est la présence des enfants dans un groupe et dans un environnement réels qui entraîne les processus d'apprentissages et la construction des langages. Ce n'est plus l'enseignant qui déclenche les processus. Il tend plutôt à mettre au centre du système les projets personnels des enfants, c’est-à-dire tout ce qu’ils entreprennent. De chacun de ces projets émanant donc des enfants, découlent des activités personnelles qui peuvent être également proposées par l’enseignant pour aider chacun à mener à terme son projet, à le maîtriser et à aller plus loin.

L’objectif primordial de l’école du 3ème type est de permettre et développer la capacité à entreprendre par soi-même, à gérer ses activités et ses apprentissages. Il ne s’agit pas seulement d’instruire, mais également d’amener les enfants à se construire une pensée personnelle.

Pour cela, les enseignants de l’école du 3ème type tentent de mettre en place un environnement le plus stimulant et le plus riche possible, et ils s’intéressent de prés à la circulation de l’information (réalisations, échanges, réussites, moyen de s’organiser, …) ; cette circulation engendrant des situations de communication et favorisant les apprentissages. Au fil des évolutions, ils tendent à permettre aux enfants de s'engager par eux-mêmes dans des activités et à laisser le groupe réorganiser la classe ou l'école (emploi du temps, organisation des activités, affichage).

Ils ne décident plus, mais participent à une auto-organisation de la structure de vie de classe : le groupe peut donc réorganiser la classe ou l'école (emploi du temps, organisation des activités, affichage). Ils peuvent, bien entendu et au même titre que chacun des enfants, proposer au groupe des activités en argumentant et en exerçant leur influence, mais c’est le groupe qui décidera au final.

Pour arriver à cet objectif, ces enseignants ont des cheminements différents. Chaque classe est le lieu de recherche de chacun. La liste de diffusion [email protected] permet des échanges entre pairs qui sont capitalisés sur le site http://3type.marelle.org.

Mais l’école du 3ème type, en fait, on ne sait pas encore vraiment ce que c’est…

 
 
 
 
 
 
 
Sylvain CONNAC
Ecole coopérative Antoine BALARD
123, rue de Salamanque
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