SC : quand je parle d´activités spécifiquement scolaires, je m´intéresse au travail que doit fournir un enfant au regard de ce qu´il a précédemment mobilisé et en fonction de ce qui lui reste à acquérir avant de poursuivre son chemin scolaire.
(...)
... tous les outils que ces enfants doivent avoir rencontrés ne l´ont pas nécessairement été par tous.
(...)je pense qu´on leur doit de les conduire à cette rencontre, quitte à ce que cela se fasse de manière décontextualisée de tout projet.
(...)
Pour la plupart des classes, ces programmes existent et nous ne pouvons les nier. Ce que nous envisageons plutôt c´est de faire en sorte qu´ils ne soient pas au centre de la structure
de la classe mais que s´y trouve au contraire l´activité de l´enfant
 
Exact, exact, et penser que l'école du 3ème type ne s'y intéresse pas est un leure. L'école du 3ème type n'est pas un laisser aller, un laisser faire. Ce n'est pas "laissons les entreprendre et ils se développeront tout seuls".
En revanche, l'idée de base est bien que l'enfant soit à l'initiative des activités. A partir des projets qu'il émane, on l'aide, et on le guide. Mais entendons nous bien par le mot projet : ce peut très bien être quelque chose de très scolaire (mais aussi de non scolaire du tout). A partir du moment où l'enfant se lance seul dans un problème mathématique ou une fiche de lecture ou .... (alors que personne ne lui a rien demandé), c'est bel et bien un projet émanant de l'enfant. Pour nous, c'est ce qui est capital. Il ne subit pas le désir ou la contrainte de l'enseignant.
 
Bon, reste le problème (de taille) soulevé par Sylvain.
L'idée est que l'enfant voit certaines notions, apprennent certains savoirs faire, bref des trucs inscrits dans un programme ou une liste. Il nous faut donc (pour être rassuré mais aussi pour avoir cette vision d'ensemble qu'on s'impose à tort ou à raison mais très vraisemblablement à raison tant que l'école du 3ème type n'a pas tracé son chemin) savoir, pour chaque gamin, ce qu'il sait faire, ce qu'il ne sait pas encore faire par rapport à cette liste afin de trouver des solutions pour amener chacun à faire ce qu'il ne sait pas encore faire.
1ère chose : il faut constituer cette liste. Même si, imaginons, qu'on parte tous du dernier programme de l'EN, il est sûr que chacun aura une liste différente. Mais bon, c'est pas grave, chacun aurait une liste qui lui semblerait en adéquation avec la raison pour laquelle on nous paie.
Il nous faut donc pointer pour chaque gamin les trucs qu'il sait faire de cette liste.
Via leurs activités mises en place à la suite de leurs projets personnels, on se rend compte de trucs qu'ils savent faire. Reste soit à les pointer tout simplement, soit - si on a un doute, leur demander de passer le brevet associé pour être sûr qu'ils savent bien le faire tout seul. Bon, mais, en agissant ainsi, on ne parvient pas à parcourir toute la liste notamment parce qu'il nous est impossible de pointer en temps réel tout ce qu'ils apprennent. Il nous faut donc un outil, et Bingo !!!
 
Du moins pour moi, c'est Bingo ! (logiciel Arbre des Connaissances)
Dans Bingo, je peux y intégrer des brevets associés à cette liste ; pour une partie, les brevets déposés font sens aux gamins par rapport à leurs projets personnels  ; ça s'affine d'année en année. Mais, évidemment qu'au début, les brevets sont davantage en lien avec notre liste qu'avec leurs projets personnels.
 
Comment je procède ?
Je vois tous les gamins en petit groupe de 5 à 7 tous les matins (pendant une demi-heure).
1er temps : quelles aides le groupe et moi pouvont apporter aux projets personnels des enfants ? Ainsi, on est amené (mais c'est un enfant qui a été le demandeur !) à faire des opérations, fiches de lecture ou l'aider dans son montage de légo technique ou son montage électrique ou son exposé ou ....
2ème temps : quelles aides le groupe et moi pouvont apporter aux enfants par rapport aux brevets que Bingo leur propose de passer ? oui, j'ai pas dit que, dans Bingo, on peut associer certains brevets à des niveaux (entre 1 et 9) ; ces brevets associés à des niveaux correspondent à cette liste évoquée ci-dessus. Chaque gamin est affecté à un niveau par moi (que je change dans l'année en fonction de ses progrès) et on peut demander à tout moment à Bingo d'imprimer les propositions de passage de brevets pour chaque enfant. Quelles aides a-t-il besoin ? S'il se sent prêt, il décidera de passer le brevet. Lorsqu'il passera le brevet, cela deviendra son projet personnel puisque c'est lui qui l'aura décidé.
 
Désolé, j'ai dû faire très rapide mais je crois qu'on est ici au coeur du problème. Merci à Sylvain.
On continue les échanges mais surtout on en reparle au congrès. Il va être passionnant ce congrès !
 
Philippe Ruelen
 
 
 
 


Sylvain CONNAC

Répondre à