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Je partage ce que tu dis notamment en ce qui
concerne notre propre lourdeur.
J'ai des 4e en ZEP à Marseille et j'ai tenté 3
séances de maths en salle informatique et ce n'est pas simple alors que je suis
très motivé (maths). Mais quand ils sont dedans, qu'ils explorent, qu'ils
avancent, qu'ils n'y a personne pour les juger pendant quelques instant (à
l'exception de la machine face à laquelle un nouveau type de relation peut
s'établir pour des jeunes de collège), ils apprécient beaucoup.
Pourtant, la dotation de salles d'ordi
supplémentaire proposée par le conseil régional a été refusée à l'unanimité par
le corps enseignant de ce collège il y a 2 et 3 ans.
Chance que cette année, il y ait finalement 3
salles informatiques pour ces quelques 550 élèves.
Mais presque personne ne les utilise dans
l'établissement.
Et il est vrai que sans textes, sans "contrainte"
quelque part pour les enseignants, c'est encore un domaine où aucune dynamique
ne semblerait possible.
D'ailleurs, même avec des textes... combien de
temps avant un début de mouvement ? c'est donc qu'il existe certainement de bien
meilleures voies à éclairer.
Je pense que l'on est dans un pays où la crainte
l'emporte sur l'enthousiasme y compris dans notre profession, et non sans raison
sans doute, mais où cette crainte qui d'ailleurs précède toute phases
d'expérimentation (que l'on sait souvent être le prélude d'un changement non
concerté...) amène à un immobilisme lui aussi exaspérant et
déconcertant.
A suivre;
Jean-Noël Manouba
----- Original Message -----
Sent: Wednesday, October 12, 2005 1:39
PM
Subject: [3type] Et à partir des
progammes !??
Je suis allé a une
animation peda assez interessante ce matin, sur le theme de la
publication, tout particulierement sur des sites internet. Je crois
que nous pouvons dire que nous sommes pas mal ici a considerer qu'il y a dans
les programmes certaines lourdeurs et que de partir des programmes n'est pas
forcement le meilleur moyen de mettre les enfants dans des situations
pertinentes d'apprentissages, de construction des langages, de
developpement personnel, etc. Pourtant, parmi ce qui est
programme depuis quelques temps deja, il y a tout ce qui tourne autour de
l’informatique (B2I notamment: utiliser une messagerie, un traitement de
texte, inserer des photos, etc...). L’education nationale semble aller vers
une position claire quand a la maniere dont elle souhaite que cela se passe, a
savoir que les ordinateurs doivent etre dans les classes, disponibles pour
etre utilisees a tous les moments, de maniere transversale (francais, math,
decouverte du monde…). Elle veut aussi que les classes puissent etre mises en
reseau. Bien sur, ca fait raler les collegues qui sont dans des ecoles avec
une salle informatique bien dotee, mais qui n’est plus utilisee depuis qu’il
n’y a plus de personnes en plus dans les ecoles pour s’en occuper, et qui meme
avec ce gens la etaient de toute facon tres peu utilisee d’ailleurs. Ca
faisait quand meme un peu « sous traitance » : l’informatique
devenant l’affaire d’un specialiste, une discipline a part entiere, que l’on
utilise sans liens avec des projets personnels ou collectifs (d’écrire, de
chercher, de lire…). Le B2I est
un vrai casse tete pour certains de nous, surtout lorsque la tendance reste
sensiblement la meme que dans les autres disciplines : on ecoute, on
refait, on fait presque une lecon, puis un exercice d’application. Ceux qui
ont fonctionne comme ca (qui ne le font plus depuis qu’il n’y a plus d’adultes
supplementaire) ont pu dire ce matin a quel point cela etait deja difficile et
a quel point ils voient mal comment faire avec moins de postes dans les
classes (car forcement moins de place). « oui mais tout le monde ne
fait pas la meme chose, que font les autres, et on suis comment, et comment on
peut faire de l’informatique en math; pendant la classe on a pas le
temps… ». Bref, les enseignants que nous sommes guelons un peu face a
ce qu’on nous demande, une fois de plus... Et l’animateur informatique,
representant l’institution, a defendu son propos en expliquant qu’il est aussi
possible que toutes les informations ou questions ne transitent pas forcement
par les enseignants « c’est bien ce qui se fait dans quelques classes
uniques equipees, qui n’ont poutant pas de salle speciales, ou les grands
aident les petits… »)
J’ai trouve quand meme surprenant cette impression que l’institution
semble aller trop loin et trop vite pour les enseignants, et que l’on rejette
ce qu’on ne prend que comme des lourdeurs, comme d’habitude, et que les
resistances n’etaient pas forcement ou on (je en tout cas) pense parfois.
Quelques
debats a propos de listes de diffusion d’enfants ou de productions
d’informations destinee a etre communiquees ont pu montrer qu’ il etait quand
meme possible d’envisager utiliser une messagerie « pour de vrai »,
de mettre un image pour en faire quelque chose ou de saisir un texte sans que
ce soit un exercice imposé sans interet...meme si ces debats sont, je
trouve, trop centré sur les outils (tel site qui permet l’interaction et qui
est facile a utiliser, tel logiciel qui permet de faire un super journal) et
pas assez sur l’organisation de la classe, sur ce que ca implique comme
manieres de faire. Bref, je trouve finalement que c’est un point tres positif
que d’avoir ce contenu la dans un programme, et que d’avoir comme point de
départ ces objectifs, finalement, pouvait assez bien expliquer des
fonctionnement et des questionnements differents, en evolution comme les
notres… (un objectif ne disant evidemment jamais rien sur la maniere de
l’atteindre…)
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