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Bonsoir, j'ai envoyé ce message sur la liste Freinet, je m'excuse par avance
pour ceux qui le recevront donc deux fois mais j'aimerais entrer dans un autre débat que celui
"insufflé" par la xième intervention allumée de Rachel la persécutée.
Pour moi, le problème n'est pas la méthode de lecture mais le déficit relationnel
entre parents et
enseignants. Le jour où les IUFM inscriront dans leur formation
un minimum d'heures consacrées à la communication, on verra peut-être quelque chose bouger.
Au lieu de cela, on continue à opposer les uns et les autres, toujours de façon excessive et caricaturale,
sur la base d'idées reçues.
Comme disait un copain: "Ma réputation, je préfère m'en charger moi-même!".
L'information est une chose trop sérieuse pour l'abandonner aux chaînes TV...
Qu'en pensez-vous?
La confiance mutuelle est sans doute la clé de bien des questionnements dans
les relations parents/enseignants. Or, si j'entends souvent les enseignants
reprocher aux parents de ne pas leur faire confiance, j'en connais finalement
peu qui encouragent les parents dans leurs propres initiatives concernant leur
enfant ou dans les méthodes qu'ils essaient d'adopter chez eux en tâtonnant
après tout autant que nous.
Je crois avoir trouvé un moyen de les mettre en confiance sans pour autant les
flatter dans le sens du poil.
Dès la première réunion, je l eur  ; ;explique comment je fonctionne moi: la
différence entre une approche naturelle de l'écrit ( je ne crois pas que je
fonctionne selon LA méthode naturelle car je ne suis pas du tout méthodique,
plutôt intuitive et observatrice...)et les méthodes diverses et variées qu'ils
connaissent ou croient connaître.
Dans ma classe, on écrit pour lire, on lit pour écrire, on écrit aussi avec
les plus grands, pour communiquer, pour apprendre à exprimer une pensée
personnelle,en imaginant, pour raconter, garder en mémoire....et parce qu'on
écrit, il y a matière à lire , r e lire, analyser, comparer.
On lit de tout , partout, seul ou à plusieurs, avec ou sans la maîtresse, au
moindre prétexte et même quand on ne sait pas lire officiellement.
Cette semaine, j'ai deux stagiaires et je m'aperçois que nous avons fait
l'impasse sur pas mal de moments collectifs mais que les enfants se sont très
bien débrouillés sans. Nous avions piqué la caisse de "Wakou" en BCD, ils ont
décloisonné avec les CM1 pour continuer leurs textes libres, ont fait quelques
tests chacun selon leur progression, sont allés présenter leurs portra its  ; de
monstres illustrés au GS.
Chaque CP a un livret d'exercices assez variés normalement vendu au rayon
parascolaire et qui m'évite un tas de photocopies ou d'exos à reconcocter le
soir à partir de leurs textes. Leurs textes ne me servent pas à moi de base de
travail, ils se les échangent aussi librement qu'ils les écrivent et pour le
plaisir gratuit de les lire aux autres ou de les faire lire.Ils s'entrainent
entre eux (CE1 avec CP) à les lire à voix haute lorsqu'ils veulent les
présenter mais peuvent tout aussi bien travailler ç a s u r des Bibliothèques
Enfantines ou des magazines, des albums qui leur plaisent. Il y a une base
commune et pour le reste chacun est libre de ses lectures comme de ses écrits.
Quand un parent a une angoisse, il vient m'en parler et on réfléchit ensemble
à la façon dont il aide son enfant, je lui dis toujours que c'est très bien, que
si ça lui convient à cet enfant, chez lui de faire de cette façon avec son
père ou sa mère, ça ne peut qu'aider. Tout simplement parce que ce qui compte alors
c'est la relation, pas la méthode, c'est l'affectif, l'intérêt manifesté par
les parents pour cette lecture qu'il est sensé apprendre à l'école (comme s'il
avait fallu attendre l'école pour apprendre à parler et limiter cet
apprentissage à ce lieu!)l'intérêt et le temps passé avec l'enfant autour de
cette activité. Et si c'est de lui raconter une histoire tous les soirs avant
de dormir même et surtout après le CP, jusqu'à ce que ce soit l'enfant qui
soit fier de raconter à son tour alors c'est le bonheur!
Il faut arrêter d'opposer les gens et les méthodes, de discutailler dans le
vide ou avec des arguments de spécialistes à l'appui.
Le but, le seul, c'est le plaisir, comme avec la bouffe, comme avec le reste.
Le plaisir fait naître le désir, le désir donne envie de vivre, de découvrir,
attise la curiosité, stimule l'intelligence.
Quand les sexologues ont commencé à expliquer à tout le monde comment et dans
quelles positions on allait atteindre le septième ciel, à publier des
"méthodes"&nb sp;infai llibles pour cela, j'en connais plus d'un et d'une qui se sont
retrouvés avec de sacrés blocages.
Ben pour moi c'est un peu pareil avec le plaisir de lire, moins on court après
de façon théorique plus il a de chance de venir.
Bon, je sens que je me suis un peu emballée mais je sais que certains
comprendront parce que comme moi ils sont persuadés que "C'est en lisant qu'on
devient liseron." et que franchement tous ces milieux autorisés nous gonflent
et gonflent aussi la tête des mômes et de leurs parents.
Au bon plaisir&n bsp;de&a mp;nb sp;tous et de chacun....
Pascale
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