Yash Ghai dénonce l'indifférence de la communauté internationale



Par Stéphanie Gée (Ka-set)    





 


18-12-2007



Yash Ghai, en visite à Phnom Penh le 6 décembre 2007 © John Vink / Magnum 
Yash Ghai, le représentant spécial pour les droits de l’Homme auprès du 
Secrétaire général de l’Onu, n’a pas une voix de stentor mais ses paroles 
claquent. Les autorités cambodgiennes en ont fait un indésirable. Pour sa 
quatrième mission dans le royaume, dont le dernier jour, le 10 décembre 2007, 
coïncidait avec la Journée internationale des droits de l’Homme, le Kenyan n’a 
pas failli à sa réputation. Son séjour a été marqué du sceau de la question 
foncière.
 
Le contexte était tout indiqué pour s’intéresser de près aux litiges fonciers 
qui ébranlent le royaume. La situation s’est récemment détériorée, a relevé 
Yash Ghai. Preuve en est, les rapports de deux coalitions d’organisations non 
gouvernementales, le Comité d’action des droits de l’Homme (Chrac, regroupant 
23 ONG) et NGO Forum on Cambodia (regroupant 83 ONG), qui ont dénombré pas 
moins de 121 personnes arrêtées et mises en détention au Cambodge dans le cadre 
de litiges fonciers au cours des dix derniers mois. Pour Yash Ghai, le constat 
est sans appel : les pauvres perdent leurs terres au détriment des riches et 
des puissants, les spoliateurs opérant en toute impunité en raison d’un système 
judiciaire corrompu. Au fil des litiges fonciersL’onusien a effectué un voyage 
dans la province de Ratanakiri où il a rencontré des villageois engagés dans un 
long bras de fer avec Keat Kolney, la soeur du ministre de l’Economie, au sujet 
de plus de 400 hectares de terre. Interpellé par des policiers qui lui 
reprochaient l’illégalité de sa démarche, Yash Ghai les a mis au défi de 
l’arrêter, ce qui les a fait partir. Si la terre génère plus de conflits 
qu’avant dans cette province du nord-est du Cambodge peuplée principalement de 
minorités ethniques, c’est peut-être parce qu’il s’agit d’une terre qui s’ouvre 
aux appétits fonciers et apparaît comme une nouvelle aire de développement, a 
avancé le Kenyan. De retour à Phnom Penh, il s’est rendu au chevet des 
habitants de Dey Krohom (« Terre rouge ») et du Groupe 78 - deux squats du 
quartier Bassac situé au coeur de Phnom Penh - sous le coup d’une expulsion 
éminente de leurs terrains, convoités par la société 7NG. Sa présence n’a pas 
découragé les manoeuvres d’intimidation à l’égard de ces quelque 300 familles 
qui, après avoir reçu la visite d’un bulldozer, ont vu leur zone être fermée 
par une clôture. La communauté internationale montrée du doigtYash Ghai, qui 
n’a cure de déplaire, a dénoncé l’obsession du développement qui prime sur 
celle de la défense des droits de l’Homme. « Mes efforts de promouvoir des 
discussions sur la question des droits de l’Homme ont échoué », a-t-il reconnu 
sans état d’âme.Il a ainsi largement égratigné cette communauté internationale 
qui se dérobe à ses obligations en fermant les yeux sur les violations des 
droits de l’Homme, sous prétexte de ne pas vouloir interférer dans les affaires 
intérieures d’un pays.A la conférence de presse qu’il donnait peu avant son 
départ le lundi 10 décembre 2007, Yash Ghai confiait, sur un ton désabusé, 
qu’il était sorti «avec peu d’espoir » d’une rencontre l’après-midi même avec 
les diplomates. Si peu d’oreilles semblent attentives à son discours 
dérangeant, le constitutionnaliste dit au moins escompter que la société civile 
s’appuiera sur son rapport - qui donnera lieu à des recommandations qu’il 
remettra en mars 2008 lors de la session de la commission des Nations unies sur 
les droits de l’Homme à Genève - « car les diplomates, eux, ne le feront pas ! 
».La population doit compter sur elle-même« Certains habitants de Bassac 
menacés d’expulsion m’ont dit : ‘Regardez, nous sommes à 100 mètres de 
l’Assemblée nationale et elle n’a rien fait pour nous !’ », a rapporté Yash 
Ghai. Les vrais gardiens des droits de l’Homme ne sont ni la police, ni les 
tribunaux ni encore le gouvernement, a-t-il asséné, mais doivent être les gens 
eux-mêmes. Les paroles du représentant spécial sonnent pour certains comme un 
appel à la mobilisation de la population.Yash Ghai stigmatisé par Phnom PenhLes 
autorités cambodgiennes se sont à nouveau offusquées que le représentant 
spécial se pose en « donneur de leçons », alors qu’il n’est qu’un « touriste 
longue durée », selon la formule aujourd’hui consacrée par le gouvernement pour 
le qualifier.Le Premier ministre Hun Sen s’est ainsi demandé à voix haute : si 
Yash Ghai a pu se rendre dans le royaume et s’y déplacer librement, comment ce 
dernier peut-il alors affirmer qu’il n’y a pas d’Etat de droit au Cambodge ?Le 
chef du gouvernement a également décoché quelques flèches à l’endroit de 
l’institution onusienne, rappelant qu’elle avait accordé un siège aux Khmers 
rouges de 1979 à 1990, préférant les reconnaître comme les seuls représentants 
légitimes du Cambodge plutôt qu’un régime mis en place par le Viêt-nam.Le 
représentant spécial a par ailleurs été accusé par de hauts responsables 
cambodgiens de critiquer aussi ouvertement le gouvernement « par obligation », 
sans quoi il ne recevrait pas des Nations unies son salaire.Yash Ghai fait le 
point sur son statutDans un communiqué daté du 17 décembre 2007, Yash Ghai 
précise qu’il est « un expert indépendant nommé par le Secrétariat général des 
Nations unies » et que, par conséquent, il n’est pas un employé de l’Onu et ne 
reçoit aucun salaire. Il travaille pro bono en tant que professeur de droit 
constitutionnel et défenseur de longue date des droits de l’Homme. Et, 
souligne-t-il, il ne représente pas son pays natal, le Kenya, mais les 
principes des droits de l’Homme tels qu’inscrits notamment dans la Charte des 
Nations unies, dont le Cambodge est un Etat membre. Il poursuit en écrivant que 
« la porte du dialogue [avec le gouvernement] doit toujours rester ouverte », 
et réaffirme se tenir prêt à écouter les vues des autorités à condition 
toutefois qu’il puisse avoir en face de lui des interlocuteurs...Des 
organisations volent au secours de Yash GhaiLe lendemain du communiqué du 
Représentant spécial, le 18 décembre, c’est au tour de cinq organisations 
internationales de défense des droits de l’Homme [Human Rights Watch, Asian 
Human Rights Commission, Asian Forum for Human Rights and Development 
(Forum-Asia), International Federation for Human Rights (FIDH), et World 
Organisation against Torture (OMCT)] de prendre la plume. Elles appellent le 
gouvernement cambodgien à respecter ses engagements en matière de droits de 
l’Homme ainsi que les responsables mandatés par les Nations unies pour 
contrôler la situation. Pour Basil Fernando, directeur exécutif de la 
Commission asiatique des droits de l’Homme basée à Hong Kong, «plutôt que de 
faire publiquement des reproches aux Nations unies, le gouvernement cambodgien 
devrait rencontrer Yash Ghai et commencer sérieusement à travailler sur les 
recommandations publiées dans son rapport ».  


 
Yash Ghai, un gêneur
Depuis sa nomination en novembre 2005 au poste de représentant spécial auprès 
du Secrétaire général des Nations unies pour les droits de l’Homme au Cambodge, 
à la suite de l’Autrichien Peter Leuprecht, Yash Ghai n’a pas davantage gagné 
les faveurs de Phnom Penh que son prédécesseur. Les premières conclusions 
rendues par le Kenyan ont vite été corrosives. Il a ainsi dénoncé la 
concentration des pouvoirs aux mains d’une seule personne que «beaucoup 
semblent craindre », dans une référence à peine déguisée au Premier ministre 
Hun Sen, et a déploré l’absence de progrès en matière de respect des droits de 
l’Homme. Depuis, c’est par médias interposés que le gouvernement et le 
fonctionnaire onusien communiquent entre eux, les demandes d’entrevue du 
dernier avec Hun Sen et les plus hauts dignitaires du royaume étant 
systématiquement déboutées.N’ayant guère goûté les commentaires acerbes du 
Kenyan faits lors d’une conférence de presse en mars 2006, le Premier ministre 
Hun Sen avait aussitôt exprimé le souhait que le Secrétaire général Kofi Annan 
lui trouve un remplaçant. Il n’a pas été entendu.Dès la fin 2005, le chef du 
gouvernement cambodgien avait déclaré ne pas attendre de conseils d’une 
personne native d’un pays défavorisé. Yash Ghai ne l’a pas oublié et rappelait 
de lui-même, lors de cette dernière visite, qu’il était « originaire d’un pays 
plus pauvre que le Cambodge » et n’avait donc à ce titre « pas de leçon à 
donner ». Après avoir souligné le fait qu’il existait au Cambodge de « bonnes 
lois et de bonnes institutions » mais qu’elles ne fonctionnaient pas, il s’est 
repris : « Cela dit, le Cambodge a accompli en 10 ans ce que mon pays a mis 40 
ans à accomplir... »Stéphanie Gée (Ka-set)

Date: Tue, 6 Jan 2009 13:44:23 +0100From: [email protected]: 
[email protected]: Coomunique of KHMER M'CHAS SROK on 
the 30th anniversary of 7 January 1979

Dear compatriots
 
Please read in the attached file the Communique of Khmer Mchas Srok on the 30th 
anniversary of 7 January 1979
 
KMS_________________________________________________________________
Windows Live™: Keep your life in sync.
http://windowslive.com/explore?ocid=TXT_TAGLM_WL_t1_allup_explore_012009
--~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~
You received this message because you are subscribed to the Google Groups 
"Cambodia Discussion (CAMDISC) - www.cambodia.org" group.
This is an unmoderated forum. Please refrain from using foul language. 
Thank you for your understanding. Peace among us and in Cambodia.

To post to this group, send email to [email protected]
To unsubscribe from this group, send email to 
[email protected]
For more options, visit this group at http://groups.google.com/group/camdisc
Learn more - http://www.cambodia.org
-~----------~----~----~----~------~----~------~--~---

Reply via email to