Chères, chers collègues,
Vous êtes cordialement invités à la prochaine séance du séminaire
Phénoménologie de l'analogie et de l'instance de la technique dans la pensée
scientifique
vendredi 15 mars 2019
de 14h à 17h
Salle de réunion du Pavillon Pasteur,
45, rue d’Ulm, École normale supérieure Paris 5e
pour l’exposé:
L’analogie des niveaux
par Didier Vaudène
(U. Marie-Curie, ex-DP au CIPh)
Argument: Autant nous avons fréquemment recours à la considération de niveaux,
autant nous éprouvons quelque difficulté à les caractériser avec précision.
Pour quelles raisons nous croyons-nous obligé, dans certaines circonstances, de
recourir à une telle considération ? Que mettons-nous alors en jeu s’il s’agit
d’autre chose que d’une manière de parler ? La question est d’autant plus
délicate à aborder que nos appareils théoriques habituels – en particulier
logiques et mathématiques – sont imaginés comme étant « plats » (l’univers des
objets mathématiques est « plat », un alphabet et les assemblages construits à
partir d’un alphabet sont « plats », etc.)
Si je ne connais pas « la » réponse à la question des niveaux (je n’écarte pas
l’éventualité d’une hétérogénéité irréductible des usages du vocable « niveau
»), je peux au moins prendre l’orientation issue d’une expérience particulière
pour en déplier diverses ramifications. Cette expérience prend place dans un
domaine qui fait un usage particulièrement extensif du vocable « niveau », à
savoir l’informatique. Il n’est pas anodin de faire référence à ce domaine pour
la question des niveaux, dans la mesure où l’informatique, comme une sorte de
cartilage médiateur, permet d’apprécier l’articulation entre un point de vue
physique (les ordinateurs sont des dispositifs matériels) et un point de vue
littéral (les traitements d’information peuvent être recueillis comme des
rapports entre des écritures).
Dans cette perspective, on pourra dire, de manière générale, qu’il y a
différence de niveau (écart de niveau, variation de niveau, changement de
niveau, etc.) entre deux « niveaux », relativement à l’« à-plat » constitué par
l’un des deux « niveaux », quand on juge que l’autre « niveau », lui aussi
constitué comme un « à-plat » relativement à ce premier « niveau », ne lui est
pas « réductible ». En un mot, il y a différence de niveau quand je juge que je
ne peux pas réduire les deux niveaux (les deux à-plat) à un même niveau (à un
même à-plat). La difficulté d’une telle formulation tient au fait que les
termes qui y interviennent se déterminent les uns les autres : il n’y a
différence de niveau (d’à-plats) que relativement à des niveaux (des à-plats),
mais il n’y a des niveaux (des à-plats) que s’il y a différence de niveaux,
tandis que rien que n’est précisé concernant l’irréductibilité qui garantirait
une t
elle différence.
Il s’agit moins d’une définition que d’un schéma d’interprétation, dont le sens
dépend des traductions et des interprétations qui en sont faites, et dont la
chair imaginaire nous est d’abord esquissée comme analogie des niveaux :
feuilletage de la verticalité d’une différence par opposition à l’horizontalité
de l’à-plat spatio-temporel de chaque feuillet. On appliquera ce schéma
d’interprétation à plusieurs cas prélevés dans des domaines divers, par exemple
: niveaux filmique et fictionnel dans le cinéma, niveaux d’écritures en
informatique, finitude effective et ineffectivité.
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Programme des prochaines séances:
Vendredi 26 avril, C. Lobo (CIPh/CFCUL). L’à peu près phénoménologique, la
connaissance approchée et les techniques d'approximation statistique
Pavillon Pasteur, salle de réunion, École normale supérieure, 45 rue d'Ulm,
75005 Paris
Vendredi 17 mai 14h-17h. Carlos Lobo (CIPh/CFCUL), Measure for Measure.
Approximate knowledge vs knowledge of approximation.
En raison du Husserl Circle Meeting qui se tient à Lisbonne durant la semaine
du 13 au 16 (http://www.husserlcircle.org/2019-meeting.html
<http://www.husserlcircle.org/2019-meeting.html>) cette séance aura lieu
exceptionnellement à Lisbonne, au Centro de Filosofia das Ciências da
Universidade de Lisboa. Pour connaître la salle et les horaires précis,
consulter l’agenda sur le site http://cfcul.fc.ul.pt/
<http://cfcul.fc.ul.pt/>)
Vendredi 14 juin, 14h-17h. Jean-Hugues Barthélémy (CIDES/MSH Paris-Nord)..
Penser par-delà Husserl et Simondon : quelques réflexions paradoxologiques sur
l'analogie, la science et la technique''.
Adresse : Salle Delacommune-Orgebin, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris.
Code porte 01563
Vendredi 28 Juin, 14h-17h: avec Bernard Maille (Paris) & C. Lobo.
L’individuation simondonienne et l’interprétation de la MQ par De Broglie
(après 1952)
Lieu à préciser.
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Séminaire organisé avec le soutien de l’École normale supérieure et en étroite
relation avec le séminaire « Pensée diagrammatique, philosophie de l’espace et
invention des formes » (Luciano Boi, Franck Jedrzejewski, Carlos Lobo) qui se
tient à l’EHESS.
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Pour toute question, la FAQ de la liste se trouve ici:
https://www.vidal-rosset.net/