questionner AN Whitehead
Michel Weber http://www.metabyanga.com http://chromatika.academia.edu/MichelWeber > Le 14 sept. 2022 à 08:07, Camille Nerriere <[email protected]> a > écrit : > > > > Par-delà la division entre philosophies analytique et continentale > > > Annonce > > 2 Mars 2023 > > Université de Poitiers - UFR SHA > > Co-organisateurs : Camille NERRIERE & Oliver NORMAN > > > > Dans un entretien accordé en 2000 à la revue Reason, John Searle revient sur > son rapport à la fois conflictuel et amical avec la philosophie continentale. > A cet égard, il oppose d’un côté Foucault et de l’autre Derrida. L’œuvre de > ce dernier relèverait d’un “obscurantisme terroriste”: une prose si obscure > qu’elle résiste à tout lecteur, celle-ci se transformant en terrorisme, dès > lors que le philosophe peut, du fait de cette obscurité, reprocher à son > lecteur d’avoir mécompris son texte. > > > Or, cette obscurité, cette réduction de la philosophie continentale à des > jeux de mots abscons, n’est-elle pas emblématique de la vision populaire de > la division entre philosophie analytique et continentale ? D’un côté une > philosophie se fondant sur le langage, une approche méthodique et > scientifique, et de l’autre une effusion d’auteurs-philosophes qui se > rapprocheraient davantage de la poésie ou de la mystique que de la rigueur > attendue de la philosophie. > > > Pour autant, force est de constater un dialogue entre les deux traditions dès > leur naissance. Si la philosophie analytique, avec ses pères fondateurs que > sont, entre autres, Russell, Frege, ou encore Carnap et le Cercle de Vienne, > se positionne contre une ancienne tradition métaphysique, cela suppose une > lecture de cette dernière et donc un dialogue. La figure de Whitehead à > cheval entre la tradition analytique (du fait de la co-écriture des Principia > Mathematica) et celle continentale (du fait de ses écrits postérieurs et sa > réception par Deleuze) peut également nous inviter à interroger cette > apparente imperméabilité entre les deux traditions. > > > L’opposition entre les deux écoles relève-t-elle simplement du préjugé, d’une > mauvaise conception de la pratique de l’autre camp qui pousse les > philosophes, de part et d’autre de la division linguistique entre l’anglais > et autres langues européennes, à rejeter la méthode de leurs adversaires ? > N’y a-t-il pas des cas où les philosophes dits continentaux communiquent avec > leurs collègues analytiques et vice versa: Wahl médite Carnap, Russell, et le > positivisme logique dans L’Expérience métaphysique, Wittgenstein lit > Heidegger et Kierkegaard, Murdoch fonde sa pensée morale sur Platon, regroupe > ses collègues d’Oxford et les existentialistes dans un même groupe, et > renvoie sans cesse à Kant, Hegel, Derrida… Derrida lui-même n’est-il pas, > avec Searle, à l’origine d’un débat autour de la notion de performativité > telle qu’il l’hérite d’Austin? Plus récemment, Jocelyn Benoist a-t-il tenté > de montrer les fondements communs à la ph il > osophie analytique et la phénoménologie au sein de son ouvrage > Représentations sans objet : Aux origines de la phénoménologie et de la > philosophie analytique (PUF, 2001). La question de la référentialité serait > le noyau commun des deux traditions. > > > Par ailleurs, si l’opposition méthodique est à interroger, force est de > constater, désormais, la reprise de thématiques historiquement associées à la > philosophie continentale par la philosophie analytique. On citera, par > exemple, les travaux féministe en philosophie analytique, qui dialoguent > aussi bien avec la tradition externaliste de Putnam que celle de Butler > (Voir, par exemple, Asta, Categories we live by, Oxford University Press, > 2019). > > > Ce colloque aura dès lors pour but de réinterroger la distinction entre > philosophie analytique et continentale. Loin de tout dogmatisme, il s’agira > de permettre aux intervenants de proposer des conférences sur les axes > suivants: > > > Axe 1 : La genèse de la distinction philosophie analytique-philosophie > continentale > > Axe 2 : Contre la distinction - Lecture comparative de philosophes des deux > traditions: Il s’agira alors, par la mise en dialogue de penseurs de part et > d’autre de la brèche de tenter de l’abolir > > Axe 3 : Défendre/Refonder la division : Peut-on aujourd’hui soutenir qu’il y > a une différence méthodologique entre les deux “écoles” philosophiques ? Ici > le dialogue entre philosophes peut devenir dialogue de sourds, différend, > incapacité de se comprendre du fait d’un langage différent. > > > Conférencier.e.s invité.e.s > > > Mélissa Fox-Muraton, Professeur de philosophie à l’ESC Clermont, Membre > titulaire du laboratoire PHIER, Université Clermont-Auvergne > Elise Marrou, Maîtresse de Conférence à Sorbonne Université, Membre de l’EA > 3552, Métaphysique : histoires, transformations, actualité et membre associée > à l’UMR 8547, Archives Husserl. > > > > Modalités de soumission > > Le colloque est ouvert non seulement aux chercheurs et enseignants-chercheurs > mais aussi aux doctorants et aux titulaires d’un Master afin de permettre de > porter la voix des jeunes chercheurs aux côtés de leurs collègues déjà > établis dans la discipline. > > Les personnes souhaitant participer adresseront une proposition (comprenant > titre de la communication, mot-clefs et un résumé de 500 mots max.) ainsi > qu’une courte notice bio-bibliographique à l’adresse suivante : > > [email protected] > > > La date limite de soumission est le 15 novembre 2022 au plus tard. > > > Vous recevrez ensuite une confirmation de participation ou de refus pour le > 15 décembre 2022. > > > Veuillez noter que, malheureusement, l’Université de Poitiers ne peut pas > garantir un financement des frais de déplacement et de séjour des > participants. > > > -- > https://www.vidal-rosset.net/mailing_list_educasupphilo.html > > > > > > > > > > > > > -- https://www.vidal-rosset.net/mailing_list_educasupphilo.html
