> Hier, effectuant ma marche quasi quotidienne dans le bocage mayennais, à l’angle d’un virage, je croise un autre fouineur de chemins creux…
> Et là, dans ce boyau qui commence à verdir, allez donc savoir pourquoi, la conversation dérive vers les fêtes villageoises d’antan. > De retour chez moi, je me replonge avec nostalgie dans mon album souvenirs, afin d’y retrouver ce texte… « La fête au village » rédigé il y a quelque temps. > Et dans mes photos jaunies… la joie de dénicher deux clichés, certes pas de très bonne qualité… Mais… > Je vous laisse découvrir, si le cœur vous en dit ! > Mise en ligne "La fête au village de Chérancé..." > http://bernardino.over-blog.net > Bernard Munoz *** A T T E N T I O N : S P O I L E R ! ! *** NE LIRE LA SUITE QU'APRES AVOIR LU LE BLOG DE BERNARD ! ! ! De nos jours ces fêtes ne sont plus possibles : > Les plus grands pouvaient le faire lors de la course cycliste « interrégionale ». L'Union Cycliste Internationale, le Comité Interfnaional Olympique, le Ministère de la Jeunesse et des Sports essaient de faire le ménage et invitent les sportifs à ne pas utiliser de produits destinés à améliorer leurs performances. > Mais pour les gamins que nous étions, il y avait les jeux traditionnels ! > Pour la course à l’œuf, chaque participant insérait dans la bouche une cuillère à soupe contenant un œuf Houlà ! Des oeufs ? Risque de salmonelle ! Et puis au prix où sont désormais les oeufs... > La course en sacs voyait s’affronter des enfants dont les deux jambes se trouvaient enfermées dans un sac de jute… Ces sacs étaient homologués ? Et en cas de chute, que se passe-t-il si les parents portent plainte ? Un poignet foulé, une bosse au front, y'a des avocats qui vont se faire un plaisir de prendre le dossier. Vous portiez des casques et des genouillères, au moins ? > Le mât de Cocagne permettait aux plus agiles de grimper le long d’un poteau afin d’aller arracher un objet enveloppé dans un papier journal … :-) Y'avait des harnais de sécurité ? On ne risquait pas de se planter des échardes dans le gras des cuisses ? > On avait droit aussi aux « pots cassés » : yeux bandés et muni d’une perche, il fallait éclater un pot de terre suspendu à une ficelle tendue entre deux poteaux. Et les morceaux des pots brisés, on ne risquait pas de marcher dessus ? Un spectateur ne risquait-il pas d'être vaguement griffé par la projection d'un éclat ? > La course aux grenouilles avait ses fervents partisans. Chaque concurrent devait pousser une brouette dans laquelle on mettait juste avant le départ quelques grenouilles qu’il fallait bien évidemment avoir encore comme passagères à l’arrivée. Et pour ce faire, on piquait parfois à même le sol les sauteuses d’un concurrent malheureux ! Bon, traitement cruel à animal, là c'est clair que vous ne pourriez plus faire ça. > Parmi tous ces divertissements hauts en couleur figurait : le « baptême des tropiques »… peut-être hérité de la période coloniale encore toute fraîche dans les mémoires ? Hum, apologie d'un passé colonial. Beaucoup trop politique, cette histoire. On annule. > Chaque jeu donnait droit à des récompenses : deux ou trois pièces, des friandises… Pour votre santé, évitez de manger trop sucré, trop gras, trop salé, trop chaud, trop froid, trop tiède, trop dur, trop mou... Et puis ces friandises, elles avaient été stockées dans des conditions d'hygiène contrôlées ? > Avec ces quelques sous gagnés aux jeux, nous allions faire marcher le commerce : trouer des cartons au stand de tir tenu par la mère Gaucher, loterie, achat de cacahuètes grillées… Encore des trucs gras ? Ah la la... > Les nombreux cafés qui entouraient la place faisaient eux aussi un commerce florissant, et certains fêtards avaient parfois un peu trop abusé de la boisson. 0,50 gramme. Tout le monde au mur, contrôle des papiers d'identité ! > Pendant ce temps, le bal battait son plein. Sur l’estrade un orchestre local, avec accordéon, batterie, saxo, banjo… Ok pour la SACEM ? > La salle était surchauffée, et on devait relever les bâches latérales Pas de problème avec les issues de secours ? Le plancher était prévu pour le poids de combien de personnes ? > afin de donner un peu d’air aux danseurs dont le visage rouge de plaisir Les organisateurs avaient prévu des défibrilateurs à proximité ? Des certificats médicaux de non-contre indication à la pratique de la danse étaient exigés à l'entrée ? > Et puis tard dans la nuit, le bal musette mettait fin à ses flonflons. Tard dans la nuit ? Et les troubles du voisinage ? > Le lendemain avant même que la classe ne reprenne, nous rôdions autour du bal ; les plus téméraires se glissaient sous le parquet… à la recherche de quelques pièces qui auraient pu échapper aux danseurs, perdues au travers des lattes pas toujours jointives… Pas toujours jointives ? Avec les risques que ça représente ? > Et nous y retournions le soir… Il faut dire que la « cueillette » se révélait parfois fructueuse. > Autre source de revenus : la pêche aux « bocks ». Il suffisait de ramasser dans le bourg les nombreuses cannettes de bières que les soiffards avaient abandonnées ici et là ; chaque cafetier offrait un « petit sou » en fonction du nombre de bouteilles qu’on lui rapportait C'était déclaré aux impôts ? Vous faisiez un rattachement au foyer fiscal de vos parents ? > Et puis l’entrepreneur de bal démontait son « parquet » ; le père Gaucher démontait ses baraques, les rangeait sur son camion. > Puis quand il partait, nous l’escortions joyeusement… Lui donnant rendez-vous à l’année prochaine. Saurais-tu situer, Bernard, la date de la dernière édition de cette fête ? J'ai bien peur que de nos jours tout ceci ne soit plus possible. J'ai pourtant bien noté que ton texte dégage une immense sensation de bonheur, de joie de vivre. Les gens n'aiment plus être heureux ou bien on fait tout pour les en empêcher ?
