Revoir sans modération : "jour de fête" de et avec Jacques Tati ...
 
pat_2b  (on a justement parlé du prix des carambars et des malabars avec les
enfants ce midi ...)

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De : [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED] De
la part de Bernard Munoz
Envoyé : samedi 15 mars 2008 12:44
À : [email protected]
Objet : [barducoin] RE : Re: La fête au village


Salut à tous, ô, joyeux fêtards !!!
 
Mon cher Silvain, je ne saurais dire quand a eu lieu la dernière fête de ce
genre dans mon village… Mais je sais que le concours de pêche continue de se
dérouler avec le même cérémonial… du coup de fusil pour le début, et du même
coup de fusil pour signaler la fin !
Dans nos campagnes de l’Ouest,   souvent qualifiées de « traditionalistes »,
on a encore le sens de l’échange… Et tu évoques avec justesse le tout  petit
bonheur qui consiste à discuter le bout de gras dans un chemin creux avec un
autre marcheur…  
J’ai plaisir à témoigner de ce type de situation. A partager…
Si j’ai décidé de rédiger mes « mémoires » (un bien grand mot !), c’est
parce que mes enfants m’ont incité à le faire. « Tu nous racontes, mais un
jour, hélas, tu ne seras plus là pour raconter ! Tu as la plume facile,
alors écris tout ça afin de témoigner de ce passé… passionnant. »
Je me suis éxécuté  avec grâce !
C’est ainsi que je possède actuellement une trentaine de textes  de la même
« cuvée »… (Y’aurait de quoi faire un petit fascicule !!!)
Que je « distille »  de temps en temps sur mon blog… 
Ce blog  détourné de sa vocation première puisque destiné à l’origine aux
exploits de mes amis modélistes (et des miens aussi !  faut pas toujours
croquer les autres, hein ? l’auto-dérision, ça existe aussi !)
 
Si j’ai pu réveiller quelques souvenirs chez certains membres de la liste,
et faire plaisir à certains autres… ben… euh, j’en rosis d’émotion, et
croyez bien que le plaisir est alors  partagé !!!
 
Ah… avant de conclure, j’adore  avec quelle « mauvaise foi » Silvain dénigre
tous les dangers que nous encourrions ! Nos parents n’ont jamais porté
plainte !
Et nous avons survécu…
On devait être forgé dans de l’acier inoxydable !!! 
 
Joyeux week-end à tous
 
Bernard Munoz
 
Mise en ligne "La fête au village de Chérancé..."
 <http://bernardino.over-blog.net/> http://bernardino.over-blog.net  
-----Message d'origine-----
De : [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED] De
la part de Silvain
Envoyé : samedi 15 mars 2008 11:34
À : [email protected]
Objet : [barducoin] Re: La fête au village
 
 
 
> Hier, effectuant ma marche quasi quotidienne dans le bocage mayennais, à
l’angle d’un virage,  je croise un autre fouineur de chemins creux…
> Et là, dans ce boyau qui commence à verdir, allez donc savoir pourquoi, la
conversation dérive vers les fêtes villageoises d’antan.
> De retour chez moi, je me replonge avec nostalgie dans mon album
souvenirs, afin d’y retrouver ce texte… « La fête au village » rédigé il y a
quelque temps.
> Et dans mes photos jaunies… la joie de dénicher deux clichés, certes pas
de très bonne qualité… Mais…
 
> Je vous laisse découvrir, si le cœur vous en dit !
 
> Mise en ligne "La fête au village de Chérancé..."
 
>  <http://bernardino.over-blog.net/> http://bernardino.over-blog.net  
 
 
> Bernard Munoz
 
 
 
*** A T T E N T I O N :   S P O I L E R   !   !  ***
NE LIRE LA SUITE QU'APRES AVOIR LU LEBLOG DE BERNARD ! ! !
 
 
 
 
De nos jours ces fêtes ne sont plus possibles :
> Les plus grands pouvaient le faire lors de la course cycliste «
interrégionale ». 
 
L'Union Cycliste Internationale, le Comité Interfnaional Olympique, le
Ministère de la Jeunesse et des Sports essaient de faire le ménage et
invitent les sportifs à ne pas utiliser de produits destinés à améliorer
leurs performances.
 
 
> Mais pour les gamins que nous étions, il y avait les jeux traditionnels ! 
> Pour la course à l’œuf, chaque participant  insérait   dans la bouche une
cuillère à soupe contenant un œuf
 
Houlà ! Des oeufs ? Risque de salmonelle !
Et puis au prix où sont désormais les oeufs...
 
 
> La course en sacs   voyait s’affronter des enfants dont les deux jambes se
trouvaient enfermées dans un sac de jute…
 
Ces sacs étaient homologués ?
Et en cas de chute, que se passe-t-il si les parents portent plainte ? Un
poignet foulé, une bosse au front, y'a des avocats qui vont se faire un
plaisir de prendre le dossier.
Vous portiez des casques et des genouillères, au moins ?
 
> Le mât de Cocagne permettait aux plus agiles de grimper le long d’un
poteau afin d’aller arracher un objet enveloppé dans un papier journal … 
:-)
Y'avait des harnais de sécurité ? On ne risquait pas de se planter des
échardes dans le gras des cuisses ?
 
 
> On avait droit aussi aux « pots cassés » : yeux bandés et muni d’une
perche, il fallait éclater un pot de terre suspendu   à une ficelle tendue
entre deux poteaux.
 
Et les morceaux des pots brisés, on ne risquait pas de marcher dessus ? Un
spectateur ne risquait-il pas d'être vaguement griffé par la projection d'un
éclat ?
 
 
> La course aux grenouilles avait ses fervents partisans. Chaque concurrent
devait pousser une brouette dans laquelle on mettait juste avant le départ
quelques grenouilles qu’il fallait bien évidemment avoir encore comme
passagères à l’arrivée. Et pour ce faire, on piquait parfois à même le sol
les sauteuses d’un concurrent malheureux ! 
 
Bon, traitement cruel à animal, là c'est clair que vous ne pourriez plus
faire ça.
 
> Parmi tous ces divertissements   hauts en couleur figurait : le « baptême
des tropiques »… peut-être hérité de la période coloniale encore toute
fraîche dans les mémoires ? 
 
Hum, apologie d'un passé colonial. Beaucoup trop politique, cette histoire.
On annule.
 
 
> Chaque jeu donnait droit à des récompenses : deux ou trois pièces, des
friandises… 
Pour votre santé, évitez de manger trop sucré, trop gras, trop salé, trop
chaud, trop froid, trop tiède, trop dur, trop mou...
Et puis ces friandises, elles avaient été stockées dans des conditions
d'hygiène contrôlées ?
 
 
> Avec ces quelques sous gagnés aux jeux, nous allions faire marcher le
commerce : trouer des cartons au stand de tir tenu par la mère Gaucher,
loterie, achat de cacahuètes grillées… 
 
Encore des trucs gras ?
Ah la la...
 
 
> Les nombreux cafés qui entouraient la place faisaient eux aussi un
commerce florissant, et certains fêtards avaient parfois un peu trop abusé
de la boisson.
 
0,50 gramme. Tout le monde au mur, contrôle des papiers d'identité !
 
 
> Pendant ce temps, le bal battait son plein.   Sur l’estrade un orchestre
local, avec accordéon, batterie, saxo, banjo… 
 
Ok pour la SACEM ?
 
 
> La salle était surchauffée, et on devait relever les bâches latérales 
 
Pas de problème avec les issues de secours ? Le plancher était prévu pour le
poids de combien de personnes ?
 
 
> afin de donner un peu d’air aux danseurs dont le visage rouge de plaisir 
 
Les organisateurs avaient prévu des défibrilateurs à proximité ? Des
certificats médicaux de non-contre indication à la pratique de la danse
étaient exigés à l'entrée ?
 
 
> Et puis tard dans la nuit, le bal musette mettait fin à ses flonflons.
 
Tard dans la nuit ? Et les troubles du voisinage ?
 
 
> Le lendemain avant même que la classe ne reprenne, nous rôdions autour du
bal ; les plus téméraires se glissaient sous le parquet… à la recherche de
quelques pièces qui auraient pu échapper aux danseurs, perdues au travers
des lattes pas toujours jointives… 
 
Pas toujours jointives ? Avec les risques que ça représente ?
 
 
> Et nous y retournions le soir… Il faut dire que la « cueillette » se
révélait parfois fructueuse. 
> Autre source de revenus : la pêche aux « bocks ». Il suffisait de ramasser
dans le bourg les nombreuses cannettes de bières que les soiffards avaient
abandonnées ici et là ; chaque cafetier offrait un « petit sou » en fonction
du nombre de bouteilles qu’on lui rapportait 
 
C'était déclaré aux impôts ?
Vous faisiez un rattachement au foyer fiscal de vos parents ?
 
 
> Et puis l’entrepreneur de bal démontait son « parquet » ; le père Gaucher
démontait ses baraques, les rangeait sur son camion. 
> Puis quand il partait, nous l’escortions joyeusement… Lui donnant
rendez-vous à l’année prochaine. 
 
Saurais-tu situer, Bernard, la date de la dernière édition de cette fête ?
 
J'ai bien peur que de nos jours tout ceci ne soit plus possible.
 
J'ai pourtant bien noté que ton texte dégage une immense sensation de
bonheur, de joie de vivre. Les gens n'aiment plus être heureux ou bien on
fait tout pour les en empêcher ?
 
 

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