Salut Stéphane,

TL;DR : pas de réponse universelle : il faut connaitre son terrain de
jeu et les risques contre lesquels te prémunir.

Le 24/06/2013 10:20, Stephane Bortzmeyer a écrit :
> Personnellement, je pense que la distance géographique est la moins
> intéressante des métriques. Si je me fie aux documents d'analyse de
> résilience de nos collègues californiens (ICANN), c'est la position
> (ou pas) sur la même faille sismique qui compte et, lorsque je lis les
> documents de nos collègues néerlandais, c'est le fait que tous les
> datacenters ne soient pas sous le niveau de la mer qui compte, quelle
> que soit leur distance.

On peut comprendre, vu le point de vue des auteurs, quels sont les
premières problématiques qui puisse leur venir à l'esprit.

Si on se réfère à l'historique des pannes et à la probabilité de chaque
nature d'incident, en France, ça donnerait :

- Sismique : rien à foutre
- Électrique : on est relativement bien maillé, beaucoup de
sous-découpages : facile d'être à cheval sur deux grilles
- Inondation : Beaucoup de cours d'eau et d'aquifères affleurants dans
certaines régions, incluant sédimentation récente et pics saisonniers
donc risques de glissements par endroit
- Réseau national tout concentré en zone de travaux de tramway, trop peu
de maillage des intercos, nombreux tracés en co-construction, système de
DICT foireux -> risque de pelleteuse élevé

Pas de risque économique / socio / militaire notable, risques
industriels localisés (CEVESO), on à à peu près fait le tour.

Donc à part les zones déclarées à risque d’inondation ou industriel, on
a à peu près rien à craindre des risques quantifiables. Le réseau n'est
un problème que tant que personne ne se sortira les doigts du cul pour
peerer en région et diversifier ses tracés (faire son boulot quoi),
c'est trivial à résoudre.

La notion de distance n'est à prendre en compte que pour les risques
impondérables plus ou moins locaux. Exemples :
- Chute d'avion : tu vas éviter de "juste" traverser la rue
- Attaque nucléaire : tu t'éloignes des villes et bases militaires
(risque EM et électrique à 40-60km d'un 0 : TH3 et PA1 : ne se redondent
pas mutuellement)
- Émeutes, guerre, Zombie Apocalypse : autant pour le premier je ne me
prononcerai pas, mais les deux autres sont vraiment très improbables.
Dans ce cas tu évites les zones frontalières à risque et les
laboratoires de Umbrella Corp et Apperture Science (et Sanofi, Fabre, ...).

Ce qui compte donc c'est la probabilité qu'un événement imprévisible
impacte tes deux datacenters ET les moyens de communication entre les
deux simultanément.

Maintenant, pour ce qui est des contraintes techniques : le FC tient pas
au delà de 100km. Les plus paranos des gros exploitants de DC, ceux de
la finance, préconisent 350-500 bornes d'écart aux US. D'autres
conditionnent la distance au nombre de circuits indépendants entre les deux.

Mais comme finalement le risque le plus élevé encouru sur un DC est la
PEBKAC, il suffit que les équipes de primaire et de backup ne soient pas
dans le même bureau pour éviter de faire les mêmes conneries au même
moment ;)

@+

-- 
Jérôme Nicolle
06 19 31 27 14


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