Bonjour,

Pour Kosc c'est une légende urbaine? Il y a de la prod ?

Pour l'Arcep désolé du peu mais les interlocuteurs que j'ai pu rencontrer je
pense qu'ils étaient salaries du ministère des PTT/Orange.

Bruno

-----Message d'origine-----
De : frnog-requ...@frnog.org [mailto:frnog-requ...@frnog.org] De la part de
Jérôme Nicolle
Envoyé : mercredi 4 octobre 2017 11:49
À : frnog@frnog.org
Objet : Re: [FRnOG] [MISC] FTTH Orange

Sébastien,

Le 30/09/2017 à 11:49, Sébastien 65 a écrit :
> J’ai cru comprendre que l’ARCEP avait Orange dans le collimateur du fait
que le réseau n’était pas encore ouvert aux opérateurs alternatifs en offre
de gros.

L'ARCEP n'a pas Orange dans le collimateur. Orange fait ce que l'ARCEP
demande, parfois un peu lentement...

D'autre part, le réseau FTTH (en fait BLOM) est ouvert, mais uniquement en
collecte passive, conformément aux décisions de l'ARCEP.

Le problème, c'est que l'ARCEP n'a visiblement rien compris au marché des
opérateurs alternatifs, genre le fait qu'il ne puisse pas être rentable de
venir sur un PMZ300 à moins de 10-15% de parts de marché.

Du coup, l'ARCEP a _volontairement_ (même si par ignorance) contraint le
marché à un oligopole. C'est pas un accident, c'est précisément le but
recherché.

Il faut ajouter quelques précisions toutefois :

* L'offre de collecte active sur BLOM existe, OBS s'en sert. Seulement
Orange n'a pas de contrainte à commercialiser cette offre de façon équitable
à tous les opérateurs.

* Sur FTTE et FTTH, des opérateurs alternatifs peuvent se positionner.
D'ailleurs, Orange a repoussé le lancement de son offre FTTE pour "laisser
un espace économique à KOSC". Trop mignon.

Bon, en vrai ils vont probablement aligner CEE/CELAN sur les prix prévus
pour le FTTE quelques mois plus tard, mais l'intention est louable.

* Le seuil de rentabilité pour l'accès passif est complexe à calculer.
Il prend en compte le nombre de prises adressable par PM, le coût de
collecte individuel de chaque PM (en LFO ou en LGC) et la vitesse d'atteinte
du volume adressable.

Sur le cuivre c'était simple : sachant combien d'abonné on a en collecte
active par NRA, on sait que 100% de ces abonnés peuvent être migrés en
quelques semaines, donc que l'opération de dégroupage est rentable dès le
départ.

Sur la fibre, faute d'offre activée, un opérateur ne peut pas "tester"
son marché avant de venir, sauf à avoir un parc xDSL conséquent à y migrer.
Hors ce parc doit être pré-existant : on ne peut pas vendre du xDSL sur une
zone ou le FTTH est disponible.

Donc l'investissement est trop risqué pour la plupart des opérateurs
alternatifs existants ou à naître, et un opérateur naissant ne peut plus
survivre sur le bas de marché sans avoir les reins assez solides pour
encaisser le risque et déployer sa BLOD (pour du racco direct et collecter
la BLOM).

Et encore, ça ne peut marcher que sur des centres urbains et des ZACs, donc
ça crée un déséquilibre entre les territoires, au détriment des zones
rurales, comme d'hab.

Avec cette régulation, l'ARCEP a gagné 3 "achievement unlocked" :
- Débarrasser le marché des petits opérateurs qui n'ont pas un bout
d'infrastructure
- Interdire la création de nouveaux opérateurs
- Favoriser ceux avec lesquels ils ont l'habitude de causer

On est bien obligés d'y voir un certain talent, non ?

@+

--
Jérôme Nicolle
+33 (0)6 19 31 27 14


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