> Olivier Vailleau a écrit : > Bonsoir à tous (et toutes), Bonsoir, et merci pour ta longue contrib, que j'ai lue en entier plusieurs fois. Une vue rafraichissante sur le sujet.
> Comme beaucoup dans les années 2000, j'ai reçu des bouts de formation > réseau et y'avait une pointe d'IPv6, mais j'en avais rien mémorisé. Tu n'as rien perdu. IPv6 a tellement changé en 20 ans que tu aurais du oublier tout ce que tu savais. Quand je regarde ce que j'enseignais à cette époque, plus rien a voir avec la réalité. > Bah, oui, c'est pas IPv4 avec une adresse plus longue. Hélas. Et je plaide coupable. Rétrospectivement, c'est l'erreur majeure que nous avons tous fait à l'époque : les yeux plus gros que le ventre. Facile à dire après-coup, mais ce que le marché aurait pu accepter c'était une adresse plus longue, pas un nouveau protocole. Les numéros d'ASN de 16 bits à 32 bits, c'est un succès. Il y a eu des grincements de dents, et même aujourd'hui il vaut mieux avoir un ASN 16 bits qu'un 32, mais j'ai des pairs eBGP qui ont des ASN 32 bits et çà marche. Sans aucun risque pour moi d'être identifié comme un vieux con, je me rappelle de la pub de Léon Zitrone à la télé pour la nouvelle numérotation de France Télécon (un lien, quelqu'un ?). Peut-être qu'à l'époque c'était encore les P.T.T. Plus de bits, c'est un mal nécessaire. Réinventer la roue, c'est arrogant. IPv6, trop de choses à changer en même temps. Trop ambitieux, trop de promesses politiques impossibles à délivrer, trop de jeunes cons comme moi qui se sont pris pour Dieu, trop de FUD. > Maintenant que j'exploite et que je dois faire des choix, ce que je cherche, > c'est pas des infos > dédiées au universitaires ou à Enstein, mais des trucs pratiques,> des infos > qui vont droit au but. Bienvenue au club. > Et c'est pas ce qui est sorti en premier. C'est ce que tu m'as appris aujourd'hui. Trop proche du sujet. > C'est peut être aussi ça qui fait que IPv6 traîne depuis 20 ans > (et que du coup, Michel Py en a eu marre d'attendre les autres.) Ce n'est pas d'attendre les autres qui me dérange. Cà fait des années que j'ai considéré IPv6 comme un échec, et ce n'est pas parce que j'ai eu peur du changement. La dernière chance d'IPv6, c'était que la pénurie d'IPv4 provoquerait un chaos mondial qui forcerait la migration. Ce n'est pas arrivé. Il n'y a plus d'IPv4, l'Internet et le monde n'ont pas arrêté de tourner. La station spatiale n'est pas tombée sur Paris. Est-ce que la pénurie d'IPv4 empêche les nouveaux joueurs d'accéder à l'Internet ? OUI. Est-ce que c'est suffisant comme raison pour ceux qui possèdent suffisamment d'IPv4 pour laisser tomber leur monopole ? NON. Ce n'est pas un problème, c'est une bénédiction. > Y'a énormément de gens comme moi qui croient qu'IPv6 c'est juste une adresse > plus grande et > s'ils se prennent la même bûche que moi, y'en a un paquet qui vont rester du > coté de Michel. C'est extrêmement intéressant de lire çà. L'idée ne m'avait pas traversé l'esprit. Je pense en termes de gros sous. Pour moi, adopter IPv6, ou ne pas l'adopter, ou ne rien faire, c'est de l'optimisation financière. Je veux garder mon job, donc je fais ce que j'estime être la meilleure solution. Il y a 20 ou 25 ans, je pensais que je pouvais changer le monde, mais c'était il y a 20 ou 25 ans. > Si l'effort est trop grand pour un résultat invisible, > ça prendra pas. Enfin, pas à l'intérieur de l'entreprise. Là encore, et je te remercie pour ton point de vue (et je suis d'accord), mais dans mon cas ce n'est pas l'effort intellectuel qui m'a limité. > Bon, pis, je tairai les implémentations foireuses. J'ai encore un tas de > "devices" IPv4 only qui supportent pas le bruit du broadcast sur un /24 Quelle honte. On peut pas jouer à Doom sans planter le réseau ? J'ai un Pentium 90 qui traine dans mes tiroirs quelque part, tu le veux ? Sérieusement, Doom sur un 486 çà craint. > avec seulement 10 pc... Alors ceux là, ils sont loin d'arriver à tenir une > dualStack. J'en fais quoi si j'évolue mon Lan en ipV6 ? je les garde dans > un coin avec un converteur (est-ce au moins le bon terme...?). Tu fais un Vlan pour çà, comme tout le monde. > Comme bon nombre d'entre-nous, je peux pas "éteindre" IPv4 dans les dix ans à > venir. Tu pourrais essayer d'expliquer çà à Denis Fondras ? > Continuez à réveiller mes neurones tous les jours ! Grand Merci ! Merci de lire et de commenter. Michel. --------------------------- Liste de diffusion du FRnOG http://www.frnog.org/
