Je suis assez d'accord avec tout cela Stéphane.

Pour répondre à Eugène, le réseau dans le Cloud c'est très bien quand ça marche, quand ça déconne et que tu es impuissant parce que l'API est buggé / maintenance / dit que c'est ok mais ne le fait pas et que le support te répond pas avant 48 à 72h même avec des options de support premium ce n'est pas raisonnable.

Au contraire automatiser pour le réseau qu'on possède c'est clairement dans le temps. On a automatisé pas mal depuis qu'on est passé chez Arista avec l'API http, un régal avec Ansible. Historiquement avant que tous les Xops n'éxistent on le faisait aussi sur des Cisco gamme catalyst / Extreme Net / Fortigate / Netscreen avec du shell / perl / python pour dialoguer par ssh et même telnet y a plus de 20 ans déjà. Et sans même remonté à aussi loin le choix d'Ansible était clairement tout trouvé avec le mode agentless impératif sur ce genre d'équipements sans API.

Des retours arrières du Cloud on en voit toutes les semaines, clairement le prix même avec des applications Cloud native qui font de la consommation à l'usage vraiment bien optimisé c'est le critère numéro 1. Pour le moment ces providers n'ont pas répercuté la montée de l'électricité vu qu'ils ont des contrats à long terme de plusieurs années, je pense qu'ils s'observent tous et dès qu'un aura franchi le pas ils vont tous enchaîner. Et là les projets de retour on premise dans les bureaux ou des DC va revenir en flêche, le prix de revient d'une VM dans un cluster au bureau n'est pas le même que dans un Cloud public et à part de très rares applications personne n'a besoin d'autoscaling.

Il y aurait bien le nocode qui pourrait changer la donne mais quand on évoque ce sujet avec les clients, le fait d'être enfermé dans un logiciel propriétaire fait peur à tout le monde surtout pendant ces années d'incertitudes.

Par contre des demandes de petits clusters de serveurs avec un peu de virtualisation ou des NAS sont plus courantes depuis le covid.

Et pour rebondir sur Stéphane, le souci dans les formations c'est qu'ils ne font plus que du virtuel et beaucoup ont peur du matériel et ne veulent pas s'y intéresser. Sans être technicien au DC au quotidien, j'estime que de ne pas maîtriser la couche basse, le choix du matériel, savoir diagnostiquer, connecter, faire fonctionner tout cela c'est vouloir fermer les yeux sur une partie primordiale de son activité.

Exemple qui m'a bien fait rire y a pas longtemps, on intervient sur un Linux Suse en bare metal qui fait tourner une grosse suite proprio CRM, le serveur est assez bien fournit, 4 cpu gold, 2To de ram, 5To full nvme. Les collègues qui n'avaient jamais vu de matériel aussi gros en physique (ils ont parfois manipulé encore mieux en virtuel), ne comprenez pas quand je leur disais, pendant votre phase de mise à jour / réinstallation limitez au maximum les reboot. Un reboot prenait 35 minutes sur ce serveur, ils ne comprenaient pas pourquoi, j'ai donc eu plusieurs fois 35 minutes pour expliquer ce que font les micro logiciels (bios / UEFI) au démarrage avant de passer la main au système.

Au final quand une génération d'admin réseau aura connu que du virtuel revenir au physique ça piquera tout autant et pourtant clairement la demande sera là. Le Edge Cloud dans les entreprises ça commence à arriver, c'est une sorte de retour on premise mais virtualisé et plus un équipement une fonction.

A notre niveau c'est plutôt ça le problème mais on forme à ça.

Le 09/05/2022 à 09:41, Stéphane Rivière a écrit :
Eugène,

Ce que je constate (ça réponds pas directement à ton questionnement DeNetOps) :

- Ils sont tous en mode cloud, se disent qu'ils vont de fait éliminer une bonne partie de ces bipèdes pileux qui se nomment sysadmins. Ils foncent chez Googlazurzone puis découvrent quelques détails, mais un peu tard : une infra cloud ça se gère comme le reste, sauf que ça devient un environnement totalement proprio et qu'il faut alors se munir de bipèdes pileux qu'on nomme devops AWS, devops Zuzure, etc. Enfin, l'addition en fin de mois est intéressante. Au bout d'un an ou deux, ça commence à tousser.

- Certains clients font alors le chemin inverse. Dans le 'bas de gamme' AWS, nos instances, infogérance comprise, ont un coût global divisé par trois et elles sont plus véloces (faut que je qualifie ce genre de retours avec un client). On est meilleur qu'eux, on est juste plus agile et ça fait belle lurette (étant aussi sous Xen), qu'on est passé du mode HVM au PVH. Ça démontre juste que nous aussi on fait du R&D mais qu'on a pas des millions d'instances à gérer en legacy :)

- Le vrai 'on premise' au sein de la structure du client, c'est déjà plus complexe. Pour des TPE/PME, ça pourrait n'être qu'une baie de recueil des sauvegardes, afin que le patrimoine numérique de l'entreprise soit dupliqué en interne (les DC, ça brûle, peut être qu'un jour, ça se prendra un missile, etc...).

D'une manière plus générale, le bullshit en IT est infini, devops, cloudops, devnetops, netsecops et la marmotte emballa le chocolat. Ce qui compte, ce sont les gens, les méthodes, les philosophies et les architectures. En école d'ingé dev, plus aucune méthode n'est enseignée, depuis plus d'une décennie. J'ai encore reçu samedi un élève ingé en fin de première année pour un stage d'un trimestre : bien sous tout rapport, conscient de cette notion qu'est l'ingénierie et... il n'a jamais eu un topo sur les méthodes de dev : on lui jette des projets en C et Bash la première année, à lui de se démerder (au moins ils ont obligation de tout faire à la console, les clickodromes sont interdits).

Donc la première chose qu'il va faire dans son stage, puisqu'il est très enthousiaste sur ce qu'on lui propose, c'est de découvrir la méthodologie : programmation modulaire et structurée puis méthodes objets (au pluriel car si seule la méthode objet par classification est généralisée en IT, la méthode objet par composition est souvent plus appropriée - quand l'application d'une méthode objet est pertinente car l'approche objet n'est pas une fin en soit).

Donc la mode est une chose, la réalité en est une autre et, souvent mais pas toujours, les coûts et la marge, sont de puissants leviers pour revenir au 'principe de réalité'.

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Stéphane Rivière
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