Dear All,
I wonder if Futurework listmembers have seen the following and what
they think about it.
with apologies for crossposting I think you call it if they've seen
it already,
Patrick Ainley.
PROPOSALS FOR A CHARTER FOR THE EUROPEAN SOCIAL MOVEMENT
For the social movements that have emerged throughout Europe over the
last few years to take root and flourish, it is necessary to
coordinate, initially on a European level, the various groups - trade
unions, associations and NGOs devoted to human and social rights-,
within an organized network, whose form has yet to be invented, and
which will be able to develop our forces, harmonize objectives and
elaborate common projects. These movements, despite their differences
and occasional disagreements all advocate the defence of those who
have been left aside by neo-liberal policies, and the resolution of
the problems left aside by these policies.
As these problems are ignored or repressed by social democratic
parties above all preoccupied with managing the present economic order
of things so as to keep their hands on the helm of the state, and
which have come to accept growing inequality, unemployment and
casualization, an authentically critical counter-force must be capable
of bringing them constantly back onto the agenda, by developing new
forms of action expressing, as in Seattle, the true aspirations of the
citizenry.
Since such a counter-force has to confront international forces like
the multinational companies and institutions, it must therefore in
turn be international and, to start with, European. Being confronted
with forces aiming at the conservation or restoration of the past,
most notably by the dismantling of what is left of the Welfare state,
it must be a force or movement which, like the social movements of the
XIXth century that gradually imposed the conquests of the Welfare
state, can and should force international organizations, national
states and their governments to propose and implement effective
measures to control the financial markets, to fight inequalities and
to impose a better distribution of wealth within and between nations.
For these reasons we propose that, before the end of the year 2000,
General Estates of the European Social Movement be held with the
objective of elaborating a charter of the social movement, and
building the foundations of an international structure bringing
together all the intellectual and organizational forms of resistance
to neo-liberal policies, with the greatest autonomy from parties and
governments.
This conference should be concerned firstly with providing a forum of
discussion of the various projects of social transformation which
oppose the social and economic processes presently under way
(flexibilization, casualization, pauperization, etc.) and of the ways
of combating the law-and-order policies which European governments are
now using to neutralize the effects of these processes ; secondly,
with the establishment of permanent links facilitating rapid
mobilization with a view to common action of all the groups concerned,
- without introducing any form of centralizing control or losing the
diversity of their respective inspirations and traditions, thirdly
with the definition of common objectives for concerted action at a
national or international level oriented towards new forms of social
solidarity based on unified and improved social benefits.
The convergence of all those whose daily combat against the most
harmful effects of neo-liberal policies provides them with a practical
knowledge of the subversive potentialities of such actions and its
creative possibilities could spark of a process of collective creation
capable of offering all those who no longer feel at home in the world
as it is a realistic Utopia around which their different but
converging combats could be articulated.
Raisons d'agir www.raisons.org
Raisons d'agir a �t� cr�� autour de Pierre Bourdieu peu apr�s les
mouvements sociaux et les p�titions de novembre-d�cembre 95 en soutien
aux gr�vistes. Le groupe est devenu une association "loi 1901" en
avril 1998. A l'origine, il faut rappeler qu'un petit groupe de
chercheurs r�unis � la suite du mouvement social ont alors ressenti la
n�cessit� de donner plus de force sociale et politique aux travaux,
recherches, r�flexions, analyses qui contredisent les discours
dominants, en particulier les discours �conomiques diffus�s
quotidiennement � la t�l�vision, sur les ondes. Ceux-ci affirment sans
cesse, au nom de la science, l'in�luctabilit� des " lois d'airain " de
l'�conomie, de la mondialisation n�olib�rale, de la flexibilisation du
travail, de la soumission de tous les secteurs et de toutes les
activit�s au capitalisme triomphant. Il s'agissait donc d'abord de
faire exister dans l'espace public, dans le champ politique, des
positions � la fois critiques et rationnelles, de contester par
l'existence m�me d'une critique intellectuelle cette id�e selon
laquelle le "cercle de la Raison" s'arr�te aux think tanks lib�raux,
aux �conomistes de march� et aux intellectuels m�diatiques
omnipr�sents.
Cette d�finition tr�s g�n�rale du projet de Raisons d'agir pourrait
sembler n�gative ou r�active, mais elle peut aussi �tre comprise comme
une entreprise constructive, puisqu'il s'agit de promouvoir
activement, et sur divers terrains, une s�rie d'orientations
scientifico-politiques pr�cises et exigeantes.
Le premier axe est la d�fense et la promotion de l'autonomie de
l'ensemble des producteurs culturels face aux forces �conomiques
dominantes, aux contraintes voire aux censures des march�s : qu'il
s'agisse des artistes, cin�astes, �crivains, ou encore des chercheurs
et universitaires (et pas seulement en sciences sociales), l'heure est
� la r�sistance active et � la conqu�te de nouvelles formes
d'autonomie cr�atrice, � l'invention de nouveaux modes d' "
autogestion " intellectuelle et professionnelle. En liaison avec
l'ARESER (Association de r�flexion sur les enseignements sup�rieurs et
la recherche). Raisons d'agir propose ainsi par exemple une r�forme
radicale des universit�s fran�aises qui favorise le d�veloppement
d'une production scientifique dynamique et autonome.
Le deuxi�me axe, qui suit logiquement le pr�c�dent, est le contr�le
par les producteurs culturels des instruments de diffusion des �uvres,
dans un contexte o� la pression �conomique s'exerce tout
particuli�rement en ce domaine. C'est la principale motivation de la
cr�ation en 1996 d'une maison d'�dition associative (association loi
1901), les �ditions Liber-Raisons d'agir, devenues �ditions Raisons
d'agir, qui publient notamment, dans de petits ouvrages faciles
d'acc�s, les travaux �manant du collectif Raisons d'agir et des textes
auxquels la censure du march� et la logique m�diatique dominante
laissent peu de chances. Alors que le champ journalistique, lui-m�me
de plus en plus soumis aux forces �conomiques, p�se toujours plus sur
la diffusion des biens culturels, il s'agit aussi de fournir des armes
� un journalisme critique ind�pendant, � contre-courant.
Le troisi�me axe renvoie plus directement � la sp�cialisation des
membres du groupe dans la recherche en sciences sociales. Dans le
prolongement de La Mis�re du Monde, c'est en tant que chercheurs que
nous soulignons les effets �conomiques et sociaux d�vastateurs des
politiques �conomiques lib�rales men�es partout dans le monde, en
particulier depuis la venue au pouvoir de Margaret Thatcher en
Grande-Bretagne et Ronald Reagan aux Etats-Unis. D�mant�lement de
l'Etat social, remplacement de l'Etat social par un Etat p�nal d�j�
bien avanc� aux Etats-Unis, remise en cause des services publics,
disqualification de l'action syndicale conduisent au d�veloppement de
la pauvret�, de la pr�carit�, de la mis�re de condition comme de la
mis�re de position (celle des travailleurs sociaux, des enseignants,
des employ�s des services publics d�stabilis�s et stigmatis�s par la
rh�torique n�olib�rale). Dans ce processus de mont�e de l'ins�curit�
sociale, dont sont particuli�rement victimes les plus faibles, la
responsabilit� de choix politiques inspir�s par les modes de pens�e
accr�dit�s par les think tanks lib�raux, est immense. C'est pourquoi
nous proposons d'inverser rapidement le sens des priorit�s, en
contribuant � la construction d'une nouvelle forme d'Etat social, qui
passe aujourd'hui notamment par l'invention d'un Etat social europ�en,
d'une Europe sociale r�elle et pas seulement rh�torique. C'est dans ce
contexte que Raisons d'agir s'est prononc� en avril 1998 de fa�on tr�s
critique sur divers aspects de la politique �conomique et sociale du
gouvernement dit "de la gauche plurielle" dans un article intitul�
"Pour une gauche de gauche". Deux ans apr�s, la validit� de cette
analyse reste enti�re, m�me si les mouvements sociaux ont essay�, par
leur pression civique constante sur le gouvernement fran�ais,
d'infl�chir un peu sa politique dans un sens plus progressiste.
Le quatri�me axe de notre intervention d�coule tr�s logiquement de ce
qui pr�c�de. Il n'y aura pas d'Europe sociale, et plus largement
d'instauration � l'�chelle mondiale de v�ritables normes sociales (en
mati�re de conditions de travail, de r�mun�rations, de protection
sociale�), sans un "mouvement social europ�en", et plus largement une
nouvelle "internationale", un nouvel internationalisme, force
collective organis�e qui transcende les fronti�res nationales. Depuis
plusieurs ann�es, nous travaillons, en liaison �troite avec les
diverses composantes du mouvement social, � une r�novation radicale
des organisations et des pratiques syndicales, associatives (en
mati�re sociale ou environnementale), dans le sens d'une
internationalisation r�elle et pas seulement rh�torique. Ce qui s'est
pass� en d�cembre 1999 � Seattle nous donne tr�s largement raison sur
ce point et nous donne aussi des raisons d'agir et d'�tre aujourd'hui
un peu plus optimistes. Cela illustre l'id�e que l'analyse pratique
des logiques de la m�diatisation peut permettre une utilisation
rationnelle de ces logiques au service de fins universelles, comme
l'instauration mondiale de normes sociales et environnementales
rigoureuses et contraignantes pour l'ensemble des acteurs priv�s. Nous
avons eu un r�le d'aiguillon dans le sens du d�cloisonnement, de la
mise en r�seau des acteurs sociaux transnationaux tels que les
syndicats, les ONG (y compris � l'occasion de crises dans les
relations internationales comme la guerre du Kosovo), de l'invention
de formes originales d'action comme l'association ATTAC. Pour cela,
nous utilisons notre pratique de chercheurs en sciences sociales pour
analyser les m�canismes qui tendent � la reproduction des hi�rarchies
et des d�pendances � l'int�rieur des organisations et des mouvements
sociaux, en particulier � travers la logique sociale de la d�l�gation
� des repr�sentants. C'est dans ce cadre que nous contribuons � la
r�flexion actuelle sur la nature et les conditions d'une v�ritable
autonomie des mouvements sociaux.
Sans pr�tendre d�tenir quelque monopole que ce soit, il s'agit donc de
participer au renouveau de la critique �conomique, politique et
sociale en s'appuyant sur les travaux, les m�thodes, et les r�sultats
des sciences sociales.
Fr�d�ric Lebaron (Communication au colloque "La pr�carit� sous
surveillance en Europe", Bruxelles, 12 d�cembre 1999)
Derni�re mise � jour le mercredi, 13 juin 2000, 10:25:50
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