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Ecoutes téléphoniques: parfois le FBI se trompe de numéro... --Par
Mark Sherman--

AP | 01.10.05 | 15:26


WASHINGTON (AP) -- Le FBI écoute parfois la mauvaise personne... La
sûreté fédérale américaine a reconnu qu'il lui arrive de se
tromper de numéro lors d'interceptions de conversations
téléphoniques de suspects de terrorisme.

Un aveu qui conforte les partisans d'une révision des dispositions
prévues par la Patriot Act, adoptée 45 jours après les attentats du
11 septembre 2001, qui élargit les pouvoirs des forces de l'ordre dans
le cadre de la lutte antiterroriste.

Bien sûr, toute preuve recueillie au hasard d'un mauvais numéro ne
peut être utilisée devant un tribunal, n'ayant aucune valeur
juridique. En revanche, rien ne dit que s'il tombe ainsi
accidentellement sur des informations compromettantes, le FBI ne va pas
ouvrir une enquête.

Certaines parties de la Patriot Act, dont le chapitre sur les "écoutes
nomades", expirent en décembre. Ces dispositions donnent une large
marge de manoeuvre au FBI qui peut obtenir l'autorisation d'une cour
fédérale secrète pour écouter toute ligne téléphonique ou
surveiller tout accès à Internet qui pourrait être utilisé par un
suspect de terrorisme, même si d'autres personnes qui ne sont pas
soupçonnées les utilisent elles aussi régulièrement.

Le FBI a reconnu des erreurs sur certaines écoutes, sans préciser
s'il s'agissait spécifiquement d'écoutes "nomades", lors d'un récent
rapport de l'inspecteur général du Département de la Justice sur
l'accumulation d'enregistrements de conversations en langue étrangère
interceptées mais jamais écoutées par l'agence. Parmi les 38.514
heures de conversations non traduites figuraient ce que le FBI a
qualifié "collections d'éléments provenant de mauvaises sources à
la suite de problèmes techniques".

En d'autres termes, selon le porte-parole de l'agence Ed Cogswell, une
autre ligne que celle autorisée par le tribunal est parfois placée
sur écoute. "Cela arrive principalement quand l'opérateur
téléphonique nous connecte sur la mauvaise ligne ou quand une erreur
dans la bureaucratie nous donne un mauvais numéro", a-t-il dit. En cas
d'erreur, le FBI doit informer la cour secrète qui autorisé
l'écoute.

En revanche, l'agence fédérale était incapable de préciser vendredi
si les personnes écoutées par erreur étaient averties ou si les
écoutes étaient effacées des archives du FBI.

Tout cela est un peu trop vague pour les organisations de défense des
libertés. "Qu'est ce que cela veut dire intercepter le mauvais sujet?
Ca arrive combien de fois? Et ça dure combien de temps?", s'indigne
James Dempsey, directeur exécutif du Centre pour la démocratie et la
technologie.

Avec les avancées technologiques, explique-t-il, il est plus difficile
de "conduire des écoutes de façon chirurgicale" car les liaisons
numériques transportent souvent de nombreuses conversations. "Ce n'est
pas comme au bon vieux temps quand il y avait une seule ligne spéciale
entre vous et moi".

"Ils ont des informations enregistrées, mais ils nous disent
'faites-nous confiance, on n'écoutera pas ce qui a été
enregistrée"', dénonce un membre de la Chambre des représentants,
Bobby Scott. "Les gens devraient s'inquiéter".

Le Congrès a adopté cet été des versions du renouvellement de la
Patriot Act et les dernières lectures doivent avoir lieu fin octobre.
Le Département de la Justice s'est opposé aux efforts de
parlementaires pour obtenir que les enquêteurs déterminent si le
suspect utilise bien la ligne sur écoute avant d'écouter la
conversation. AP

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