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Transmissions, Antarès tisse sa toile
Date: Mercredi 03 août @ 00:00:19 CEST
Sujet: méthode
Pour la police, Acropol, pour la gendarmerie, Rubis, pour la sécurité
civile, Antares : « Adaptation nationale des transmissions aux risques
et aux secours ». Point commun de ces trois réseaux radio de services
publics : une infrastructure numérique aux applications novatrices.
Acropol et Rubis sont rôdés. Antares sera très prochainement
opérationnel, à titre expérimental, dans certains Sdis, tandis que
beaucoup s'interrogent encore.
Texte > Dominique Verlet > spmag967 avril 2005
Une nouvelle ère pour les transmissions est-elle en marche ? Antares
dispose d'un large éventail de fonctionnalités nouvelles. Les
communications sont cryptées, ce qui garantit leur confidentialité.
Elles peuvent être établies en mode « ouvert », selon lequel «
tout le monde entend tout le monde », en conférence, la communication
étant limitée à un groupe restreint d'utilisateurs ou encore en
mode « direct » tactique, sans passer par un relais. Les appareils
sont par ailleurs dotés d'une fonction « appel de détresse ». La
transmission de données permet d'émettre les « status » pour le
suivi des interventions (disponible, sur les lieux...), éléments qui
constituent 80 % des messages radio. La géolocalisation est possible
par couplage avec un GPS. Par ailleurs, tous les relais sont reliés,
par faisceaux hertziens ou lignes spécialisées, ce qui permet des
liaisons sans limitation de distance. L'accès au réseau
téléphonique, en alternat, est également réalisable grâce à une
interface qui peut être installée au niveau des relais. Enfin, des
messages écrits peuvent être envoyés et des bases de données
pourront être consultées à partir d'un terminal embarqué. « Des
travaux sont en cours avec des constructeurs automobiles pour élaborer
des fiches techniques de désincarcération qui pourront être
consultées via Antares », explique Philippe Deschamps, sous-préfet,
chef du bureau des SIS à la DDSC, en charge d'Antares. Autre exemple
d'application : l'accès à des données de la carte Vitale 2, qui
sera distribuée entre 2006 et 2008 et qui disposera d'une capacité
de 32 Ko (contre 4 actuellement). « Le ministère de la Santé a
donné un accord de principe pour que les sapeurs-pompiers puissent
consulter son contenu relatif aux urgences médicales », poursuit
Philippe Deschamps.
Questions des réseaux
Un cortège de fonctions qui a de quoi séduire. Pourtant, des
interrogations demeurent. Au premier rang d'entre elles figure la
question du réseau. Contrairement à ce qui a été parfois propagé,
et à tort, les sapeurs-pompiers n'utiliseront pas le réseau de la
police mais exploiteront une infrastructure commune, chacun disposant
de son réseau propre, selon le mode dit de « réseau radio à
ressources partagées ». La bande de fréquence allouée, 380-400 MHz,
avec, à terme, une extension espérée à 430 MHz dans le cadre de
négociations en cours avec le bureau militaire des fréquences sera en
effet utilisée par tous les services d'Acropol et d'Antares.
Concrètement, les voies radio sont allouées lors des appels par les
différents utilisateurs, une même fréquence étant indifféremment
attribuée à un réseau ou à un autre et de façon totalement
transparente. Ce principe de « trunking » présente l'avantage
d'optimiser l'affectation de fréquences radio et donc d'en
limiter la consommation. Afin d'éviter que des pointes de trafic par
un service empêchent tout accès par un autre, ce trunking demeurerait
limité à une plage de fréquences, chaque réseau conservant une «
part garantie ». Dans la pratique, un accord Sdis / police sera
élaboré dans chaque département. Pour les besoins en situation de
crise, cette garantie minimale de ressources pourra figurer au plan
Orsec. Autre matière à interrogations sur le réseau : sa couverture.
L'infrastructure Acropol sera achevée en 2006, avec 1 095 relais
correspondant aux besoins de la police. La couverture obtenue avoisine
les 65 %, même si selon la DDSC ce chiffre s'avère en pratique
souvent pessimiste d'après les études engagées sur plusieurs
départements. Les Sdis devront donc financer les installations de
relais qui leur sont nécessaires. « Nous estimons qu'il incombe à
l'Etat de financer l'infrastructure permettant la couverture et que
les Sdis auraient acquis les terminaux (NDLR, les portatifs, les
mobiles et les stations fixes) pour leurs besoins. En fait, une
confusion a été entretenue entre réseau Sécurité civile et réseau
des Sdis », déclare le lt-colonel Benoît Even, du Sdis 59 et
rapporteur de la commission Transmissions de la Fédération nationale.
Conséquence, les besoins des Sdis pour un objectif de couverture de 95
% nécessitent l'implantation de relais dont le nombre est estimé
entre 350 à 400. Là où le bât blesse, c'est que les inégalités
s'avèrent considérables selon les départements : pour ne citer que
quelques exemples, le département du Nord et ceux de la grande
couronne parisienne sont couverts à plus de 90 % et ceux de la bande
littorale, du Pas-de-Calais à la Charente-Maritime, entre 70 et 90 %.
Moins chanceux que ces derniers, 14 départements affichent une
couverture inférieure à 50 %. « Les départements bénéficiant de
la plus faible couverture se caractérisent essentiellement par un
relief très défavorable à la couverture radio mais également par
leurs faibles ressources financières », poursuit le lt-colonel
Benoît Even. Une disparité que reconnaît Philippe Deschamps qui
déclare que « l'Etat est conscient des inégalités géographiques
et que le ministre, lors de son discours du congrès de Montpellier,
s'était déclaré favorable à une logique de péréquation ». «
Le fonds d'aide à l'investissement déjà consenti par l'Etat
aux Sdis a été porté de 54 à 61 millions d'euros de 2004 à 2005
», rappelle par ailleurs Philippe Deschamps, en indiquant que sa
réforme est en projet.
Coût « d'antaresitation »
L'enthousiasme technique n'empêche donc pas des interrogations sur
le coût de mise en uvre. L'équipement d'un relais : mât,
antenne, infrastructures immobilières, alimentation électrique, etc.
revient à près de 100 000 euros auxquels il faut ajouter les baies
électroniques spécifiques. Chez EADS, qui commercialise les produits
du réseau, Jean de la Richerie, directeur du marché sécurité civile
et police, se veut rassurant : « Le coût des terminaux sera
inférieur à 1 000 euros pour les portatifs et 2 000 pour les mobiles.
Antares peut coûter moins cher que le renouvellement d'un réseau
analogique compte tenu de l'existence d'Acropol ».
Certains directeurs départementaux demeurent néanmoins prudents. Dans
les Vosges, le directeur départemental, le lt-colonel Eric Faure, ne
dissimule pas les réalités : « La réforme de 1990 n'a toujours
pas été appliquée dans le département, déclare-t-il. Actuellement,
13 relais Acropol existent et il faudrait en créer une dizaine de plus
pour la couverture nécessaire au Sdis. Malgré les besoins existants,
le président du Casdis sera particulièrement vigilant quant au
financement ». Des réserves ne manquent également pas d'être
formulées du côté du Sdis de Seine-et-Marne par son directeur le
colonel Gilles Armadans : « Le coût du passage à Antares est estimé
à 20 millions d'euros. Le président du Casdis est prêt à
convoquer un conseil d'administration extraordinaire dès qu'un
certain nombre d'interrogations seront levées. Elles sont liées au
financement mais également à la technique, notamment pour la
compatibilité avec les systèmes existants et la sécurisation des
liaisons entre les relais, réalisée actuellement par lignes
spécialisées, toujours vulnérables ».
Commission Transmissions
Dans l'Ardèche, le commandant Patrick Heyraud, DDA par intérim,
explique que 65 % de la couverture est à réaliser, dont une partie en
zone de montagne. « Le coût est évalué à plus de 2,5 millions
d'euros, ce qui correspond dans le département à une augmentation
de près de 3 % des impôts locaux.» Egalement président délégué
de la commission Transmissions de la Fédération nationale des
sapeurs-pompiers de France, il insiste sur la volonté fédérale
qu'Antares soit déployé rapidement sans qu'il soit suspendu aux
ressources des départements. Pourtant, d'autres Sdis, plus pressés
par la nécessité de renouveler leur équipement, ont déjà franchi
le pas. Le département de l'Ain opérera totalement sous Antares à
partir de juin 2006. Le Sdis 01 a obtenu de son conseil
d'administration un budget de 4 millions d'euros. « Le programme
porte sur 480 terminaux mobiles, 300 portatifs et 70 fixes. Les relais
Acropol existants sont déjà au nombre de 13 et 5 seront mis en place
pour compléter la couverture », détaille le lt-colonel Hervé Paris,
chef du groupement des moyens opérationnels. Signe d'une forte
volonté politique, le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin
a personnellement écrit au DDSIS : « Ce réseau intégré dans le
cadre des expérimentations pourra ainsi constituer le banc d'essai
national servant de référence aux déploiements à venir ».
L'Eure-et-Loir, après des discussions passionnées entre les élus,
sera prochainement équipé, dans un premier temps pour les secteurs
des CSP de Chartres et de Dreux. Budget consacré à l'opération :
2,79 millions d'euros. En complément des huit relais Acropol, deux
autres seront implantés à terme pour réaliser la couverture
départementale, pour un coût unitaire de 300 000 euros,
l'infrastructure étant à créer. Quant à la transition, le DDSIS
le colonel Didier Paris s'explique : « Dans un premier temps, les
réseaux Antares et l'actuel analogique 80 MHz cohabiteront, ce qui
permettra aussi de continuer à communiquer avec les autres Sdis
lorsque nous engageons des renforts ou en recevons. Sur le terrain, les
personnels ont entendu parler du projet et en attendent beaucoup. La
possibilité d'établir des liaisons tactiques avec la police
constitue aussi une avancée intéressante, notamment lors
d'interventions en situations de violences urbaines que connaissent
certains secteurs du département, même si le phénomène s'est
atténué ». L'utilisation tactique n'a pas non plus échappé au
Sdis du Loiret. « Acropol sera déployé dans le département en 2005
mais l'évolution urbaine avec le développement de parkings et de
grands ensembles a multiplié les besoins en liaisons tactiques, expose
le lt-colonel Pascal Farron, adjoint au directeur et chef du groupement
des systèmes d'information. Pendant 4 ans, 50 000 euros y seront
chaque année consacrés, investissement qui nécessite une garantie de
pérennité. Concrètement, le plan de leur affectation reste à
définir mais les secteurs d'Orléans et de Montargis devraient être
les premiers dotés. »
Samu en réflexion, gendarmes sur Acropol
Les Samu sont eux aussi confrontés à la nécessité de renouveler
leur équipement mais, pour une vingtaine de terminaux par
département, le coût d'une infrastructure spécifique est
irréaliste. Et les nécessités de communiquer avec le Sdis ne sont
plus à démontrer. Deux raisons qui les conduisent à s'intéresser
de près à Antares. Le docteur Marc Giroud, directeur du Samu du
Val-d'Oise et président de Samu de France, déclare « la
perspective très intéressante », tout en se félicitant de la prise
en compte par le ministère de la Santé de cette spécificité
d'équipement qui caractérise les Samu. « Antares apportera une
réponse à nos besoins et permettrait en plus l'interconnexion entre
les Samu qui actuellement n'est pas assurée autrement que par GSM.
» Le ministère de la Santé confirme l'existence de négociations
avec le ministère de l'Intérieur mais ne souhaite pas communiquer
sur la question en l'état actuel du dossier.
Les gendarmes viennent eux aussi à Acropol ! Ils disposent certes de
leur propre réseau numérique, Rubis, opérationnel depuis 1994, mais
il est dédié à la gendarmerie départementale. Les gendarmes mobiles
ainsi que les unités de recherches (qui effectuent les enquêtes
judiciaires) abandonneront prochainement leurs réseaux analogiques
pour migrer vers Acropol. Rubis, avec 471 relais, couvre 80 % de la
zone de compétence de la gendarmerie (100 % pour les stations fixes).
Il connecte 44 500 terminaux radio et 13 000 de transmission de
données. Tout comme Acropol, il utilise la norme Tetrapol et dispose
du même mode de cryptage. De quoi susciter de l'intérêt pour les
Sdis en mal de couverture radio ! Mais deux raisons qui tiennent à des
différences techniques entre Rubis et Acropol ne permettent pas
l'utilisation par les Sdis. D'abord, Rubis fonctionne dans la bande
70-80 MHz, plus favorable en zone rurale (ce qui explique le meilleur
ratio nombre de relais / zone de couverture). Des passerelles 70 / 400
MHz sont possibles mais uniquement en mode relayé. Ensuite, Rubis est
dimensionné pour les besoins de la gendarmerie, à savoir un faible
trafic sur une vaste zone, contrairement à Acropol, plus concentré
géographiquement mais qui doit disposer de nombreuses voies. « Les
deux réseaux ont été construits à des époques différentes et les
investissements nécessitent d'être amortis. Rubis doit donc être
pérennisé et mis à niveau, déclare le colonel Dautois, chef du
bureau Télécommunication / télématique à la direction générale
de la gendarmerie. Mais, à terme, la gendarmerie a pour vision une
structure nationale qui desservirait tous les services de sécurité.
Cette solution, retenue par de nombreux pays étrangers, serait la plus
rationnelle tant pour faciliter l'interopérabilité que pour les
aspects économiques. ».
Décret imminent
Autre élément de poids dans le renouvellement des réseaux de
transmissions : la bande des 80 MHz, actuellement utilisée par les
Sdis, devra prochainement être libérée dans le cadre d'une
redistribution des fréquences à l'échelle européenne qui a abouti
à l'attribution de l'espace 380-400 MHz pour les services de
sécurité. Dans les semaines à venir, un décret interviendra sur les
transmissions, en application de la loi de la modernisation de la
sécurité civile du 13 août 2004 qui a posé le principe
d'interopérabilité. Articulé en trois titres, le texte
déterminera les normes techniques des réseaux, les principes de mise
à disposition réciproque Antares / Acropol ainsi que les règles de
leur gestion et le rôle des préfets. A la DDSC, Philippe Deschamps
prévient qu'aucun Sdis ne sera bien sûr contraint de s'équiper
en Antares immédiatement mais que cette obligation interviendra au
renouvellement d'un réseau.
Une échéance que les partisans d'Antares espèrent ne pas devoir
attendre.
1987-2001 : discussions et évolutions
« Inefficacité » et « incohérence » des systèmes de
transmission, ainsi que vétusté du matériel et manque de fréquences
: les conclusions d'un audit des transmissions réalisé en 1987 par
la Direction centrale des transmissions de l'armée de terre à la
demande de la Direction de la sécurité civile dénonçaient
clairement l'obsolescence des réseaux radio. Ce point de départ à
de nombreux travaux aboutit le 10 octobre 1990, avec l'Ordre de base
national des transmissions. Il constitue une vaste réforme, notamment
en redistribuant les fréquences de la bande 85 MHz, en espaçant les
canaux de 12,5 KHz au lieu de 20 KHz, en introduisant l'A2F
(l'alternat bi-fréquence, selon lequel deux fréquences sont
utilisées pour une communication) et en fixant la couverture radio par
les Sdis à 90 % du territoire départemental. Mais aujourd'hui, tous
les Sdis ne l'appliquent pas dans son intégralité - ils
n'étaient que 21 % en 2001 - soit par manque de moyens, soit parce
que, déjà à l'époque, certains avaient décidé d'investir a
minima, dans l'attente des évolutions techniques qui commençaient
à apparaître. Le groupe de travail « Réseaux du futur » de la
Fédération nationale planche en effet entre 1997 et 1999 et retient
une é volution vers un réseau numérique terrestre, excluant donc le
satellite, notamment pour des raisons évidentes de coûts. Une
orientation qui est confirmée en 2001 par un rapport conjoint du
ministère de l'Intérieur et du ministère de l'Economie, des
Finances et de l'Industrie qui conclut que « la modernisation des
réseaux des Sdis est inéluctable en raison de leur vieillissement et
de la désuétude des systèmes analogiques ». Il préconise de
réaliser « un réseau partagé entre les sapeurs-pompiers et la
police nationale, en d'autres termes, à étendre l'infrastructure
supportant le réseau Acropol, à un deuxième réseau, celui des Sdis
et de la Sécurité civile ». En septembre 2002, le ministre de
l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, annonce au congrès de
la Fédération nationale à Martigues l'intégration de Sdis sur le
réseau Acropol à titre expérimental.
Précisions
Dans un courrier adressé au directeur de la Défense et de la
sécurité civiles, le président de la FNSPF rappelait les objectifs
du projet Antares : « L'existence d'une menace terroriste rend
nécessaire une participation des services de secours au dispositif
d'ensemble de la sécurité intérieure. Cette préparation à faire
face à des situations extrêmes doit impérativement inclure la
dimension "transmissions", "l'arme qui unit les armes",
étant entendu que le nouveau réseau Antares ne doit pas être
considéré seulement comme un simple support des communications
quotidiennes des services mais comme le moyen d'assurer la permanence
du commandement en situation de crise ». Dans ce contexte, et « pour
éviter de sérieuses difficultés de mise en uvre, écrit le colonel
Vignon, la FNSPF invite l'Etat à utiliser la même méthode que
celle adoptée pour la réalisation d'Acropol dont le déploiement
plus qu'incertain se trouvait entravé par la disponibilité
aléatoire des crédits de paiement, à savoir, la création d'un
partenariat mis en place avec un organisme financier, un maître
d'uvre privé et l'Etat maître d'ouvrage. En s'engageant
pleinement dans ce dossier et en ne faisant pas supporter aux seules
collectivités territoriales la totalité de l'investissement
financier, l'Etat permettra d'atteindre l'objectif fixé ».
Prochainement, deux Sdis vont tester le réseau Antares, d'autres se
manifestent pour évoquer leur intérêt face à ce projet, « mais
beaucoup indiquent aussi avoir de fortes craintes sur les risques
qu'ils prendraient de se lancer sans être assurés d'être suivis
par l'ensemble des départements » faute de budget
d'investissements locaux suffisant. En tout état de cause, il semble
aujourd'hui important de valider les orientations techniques prises
dans le cadre des tests mais aussi de garantir un déploiement rapide
du réseau Antares sur tout le territoire national de manière
équitable entre tous les départements.
GSM : non merci !
Et le traditionnel « portable » dans tout cela ? Le nombre de ses
abonnés a dépassé en France les 44 millions, pour 34 millions de
lignes « fixes ». Selon l'Autorité de régulation des
télécommunications, près de 75 % des Français disposent
aujourd'hui d'un abonnement GSM, avec des variantes se situant
entre 53 % en Auvergne et 105 % en Ile-de-France. Le portable s'est
imposé et a su séduire le grand public mais pas les services de
secours, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, l'utiliser suppose
que le réseau soit disponible. Un relais comprend en général 30
voies dont une voie balise pour l'inscription sur le réseau des
appareils situés dans sa zone. Un simple accident sur autoroute
implique donc rapidement un embouteillage... sur le réseau GSM dont
les 29 voies d'acheminement des communications sont rapidement prises
d'assaut. Techniquement, les secours pourraient bénéficier de voies
réservées ou de procédures de préemption par lesquelles une
communication en cours est coupée pour en acheminer une prioritaire.
Mais des raisons commerciales rendent les opérateurs peu enclins à
mettre en uvre de tels dispositifs qui pourraient s'avérer
appréciables, même s'ils demeureraient insuffisants. Ensuite,
c'est évident mais la précision s'impose, le réseau doit être
en état de fonctionner ! La tempête de 1999 a démontré la
vulnérabilité des infrastructures, tant pour ce qui concerne les
installations radio que leur alimentation électrique. Et les
transmissions constituent le premier moyen opérationnel dans la
gestion d'une crise, quelles que soient sa gravité et l'ampleur de
la zone concernée. De plus, le mode ouvert, traditionnel aux réseaux
radio, selon lequel tout le monde reçoit tout le monde afin de
partager l'information en temps réel, est impossible. Enfin, les
communications GSM transitent impérativement par des relais, ce qui ne
permet pas des liaisons en mode direct d'appareil à appareil pour
constituer un réseau tactique. Tels sont les quatre inconvénients
majeurs qui ne permettent pas au GSM d'être utilisé comme un outil
opérationnel. Ce qui n'empêche pas de nombreux Sdis de reconnaître
l'utiliser pour pallier les carences de leur réseau radio actuel...
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