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Roman d’espionnage gratuit    Marc Olanié
09/11/2005 

Nouvelle plutôt que roman, mais tout y est : le traître, l’espion russe,
l’agent secret, la glorieuse Navy américaine, la « clef primaire » d’un système
de cryptographie, l’argent… cette saga faite de suspens et d’aventure
s’intitule « An analysis of the systemic security weakness of the US Navy Fleet
Broadcasting System, 1967-1974, As exploited by CWO John Walker ». L’ouvrage
–le rapport- est signé par le major Laura Heath et mériterait presque une
publication au Fleuve Noir. Walker, qui appartenait à la Navy, a, des années
durant, permis aux services de renseignements soviétiques d’écouter les
transmissions reliant le haut commandement des forces navales et les bâtiments
de la « royale » américaine (les véritables marins nous pardonneront cet abus
de langage). Le nom de Walker se retrouve dans tous les ouvrages traitant
d’espionnage dans les années 70. Ses actes coûtèrent fort cher aux USA. Le KGB,
pour exploiter le flux incessant des données récupérées, dut même construire un
immeuble exclusivement dédié à la « source Walker ». Pourtant, de l’avis même
de l’auteur, jamais les bonnes pratiques visant à préserver le secret des
transmissions ne furent un jour véritablement mises à mal : personne n’a commis
d’erreur grossière, le système lui-même comprenait, en revanche, des failles
auxquelles personne n’avait pensé. Un « roman » dont les origines ont provoqué
un sérieux chambardement dans l’organisation des télécoms militaires US, une
histoire que tout bon responsable de Certificate Authority doit lire pour en
tirer des enseignements salvateurs.

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