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Des experts en sécurité détaillent un piratage de grande ampleur aux
États-Unis
Par Tom Espiner  ZDNet UK  Vendredi 25 novembre 2005

Sécurité - Un groupe de pirates, présumés Chinois, ont perpétré
une série d'attaques visant des sites d'information américains
sensibles. Différentes centres de l'armée et la NASA ont été en
ligne de mire de ce vaste piratage, qui s'est étalé entre 2003 et
2004.

Un expert en sécurité du SANS Institute a dévoilé de nouvelles
informations sur des vols répétés de documents sensibles, dont ont
été notamment victimes, en 2004, des bases de l'armée américaine,
ou encore la Nasa.

Le commando informatique, baptisé "Titan Rain" par le gouvernement
américain, serait composé de vingt Chinois basés dans la province de
Guangdong. Ils ont réussi à pénétrer des réseaux informatiques et
à s'emparer, entre autres, de spécifications techniques.

«Ils ont obtenu, depuis l'arsenal Redstone, base de l'aviation
militaire et du centre de commandes de missiles, les spécifications
d'un système de plans de vol pour les hélicoptères de l'armée,
ainsi que le logiciel de planification des vols Falconview 3.2 utilisé
par l'armée et l'US Air Force», a indiqué Alan Paller, le directeur
du SANS Institute lors d'une réunion au ministère du Commerce et de
l'Industrie britannique, à Londres.

Ces vols auraient débuté en 2003. Une attaque massive a eu lieue en
novembre 2004, rendue publique seulement cet été. Le quotidien
américain Washington Post a rapporté que des sites web chinois
étaient utilisés pour cibler des réseaux informatiques du ministère
de la Défense et d'autres agences américaines.

Selon Alan Paller, pendant la nuit du 1er novembre 2004, les pirates
ont d'abord exploité des failles dans le poste de commandes du
système d'information de l'armée américaine, à Fort Huachuca
(Arizona). Ils ont ensuite tiré parti de la même faille dans les
ordinateurs de la DISA; cet organisme administre des portions du
réseau internet qui entrent dans la composition du réseau militaire,
à Arlington, Virginie. Puis ils s'en sont pris à une installation de
la marine américaine à San Diego (Californie). Avant de pénétrer un
autre site traitant des questions spatiales et stratégiques à
Huntsville (Alabama).

Des portes laissées ouvertes pour pouvoir revenir

Le magazine Time a lui aussi relaté l'affaire, indiquant qu'un expert
en sécurité américain du ministère de l'Énergie, Shawn Carpenter,
avait repéré le manège des Chinois. Les pirates ont laissé des
portes d'accès pour pouvoir revenir. Il a réussi à remonter jusqu'à
eux, en pénétrant des routeurs en Chine. Il a pu enregistrer des
sites ayant été corrompus, et découvert des données volées par les
pirates. Il a ensuite transmis ses informations à l'armée et au FBI,
mais s'est fait licencier par son employeur pour piratage informatique.

Le directeur du SANS Institute estime que le bénéficiaire des
données récoltées n'est autre que le gouvernement chinois. «Bien
sûr que c'est le gouvernement. Les gouvernements donneraient tout pour
prendre le contrôle des ordinateurs d'autres gouvernements. C'est bien
plus efficace que d'effectuer des écoutes téléphoniques.»

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