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Nicolas Sarkozy, conseiller en recrutement pour Europe 1 Elkabbach l'a consulté pour pourvoir un poste au service politique. QUOTIDIEN : jeudi 23 février 2006 Depuis une dizaine de jours, le remplacement de Caroline Roux, journaliste politique à Europe 1, secoue la rédaction de la station. Non qu'il s'agisse d'un licenciement : la journaliste, qui couvrait les activités de l'UMP, rejoint l'équipe de Jérôme Bellay pour une émission de Canal +. Conseil. Mais la rédaction de la radio du groupe Lagardère s'est émue d'apprendre que Jean-Pierre Elkabbach, directeur d'Europe 1, a, pour le choix d'un remplaçant, pris conseil auprès de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président de l'UMP. Une démarche confirmée par les deux protagonistes. «C'est normal», dit Sarkozy. «C'est ma méthode», dit Elkabbach. Le 10 février, la rédaction d'Europe 1 a confirmation de l'échange entre les deux hommes. Une journaliste, qui accompagnait Sarkozy lors d'un voyage à Chamonix, apprend la chose du ministre lui-même. «C'est normal, explique donc Sarkozy, repris dans le Canard enchaîné d'hier. J'ai été ministre de la Communication.» Ajoutant qu'Elkabbach avait raison de s'adresser à lui : «Je les connais, les journalistes !» L'histoire faisant le tour de la rue François-Ier, Elkabbach doit s'expliquer devant la rédaction, le 16 février. «Il a cherché à faire retomber le soufflé, raconte un journaliste. En disant qu'il prenait ainsi conseil auprès de nombreux hommes politiques... ça ne nous a pas convaincus.» Effectivement, Elkabbach revendique cette «méthode» qui consiste à prendre l'avis des politiques, mais aussi de syndicalistes ou d'associations. «Je fais cela pour tous les services. Parce que je veux avoir les meilleurs... Je ne peux pas interdire aux politiques de me donner leur avis. Mais, ensuite, je décide à 100 % moi-même.» Campagne. Le recrutement d'un journaliste politique d'une grande station nationale, à quelques mois d'une campagne présidentielle, n'est pourtant pas une affaire anodine, d'autant qu'Arnaud Lagardère, propriétaire de la radio, est un proche de Sarkozy. Et les seules déclarations d'«indépendance» du directeur n'ont pas suffi à calmer l'inquiétude des journalistes. «Nous ne sommes pas vraiment surpris, compte tenu de ce qu'est la direction aujourd'hui, explique l'un d'eux. C'est pourquoi nous avons voulu marquer le coup et l'obliger à des actions claires et saines.» Lundi, la société des rédacteurs a rencontré le directeur pour trouver une issue. Elkabbach a opté pour une solution interne et de conciliation. Il a nommé Karim Rissouli, un jeune reporter de la station, pour renforcer le service politique. Et renvoyé à la rentrée la nomination probable d'un chef de service. «Il n'y a que les imbéciles qui puissent croire qu'un parti pourrait nous imposer ses choix», conclut Elkabbach. Autre morale de l'histoire : «Au moins, dit un chroniqueur, on est sûrs maintenant de ne pas avoir un porte-plume de Sarkozy. L'autre leçon est peut-être aussi qu'il faudrait éviter d'avoir des journalistes dédiés à un seul homme politique.» La Société des rédacteurs souligne «qu'elle se montrera particulièrement vigilante sur l'impartialité de l'antenne, notamment dans le traitement de l'actualité politique». --~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~ You received this message because you are subscribed to the Google Groups "guerrelec" group. To post to this group, send email to [email protected] To unsubscribe from this group, send email to [EMAIL PROTECTED] For more options, visit this group at http://groups.google.com/group/guerrelec -~----------~----~----~----~------~----~------~--~---
