une véritable petite guerre de l'information oppose nombre de blogueurs à
Manuel Aeschlimann, le maire d'Asnières, plus d'infos sur :
http://membrado.blogs.com/thoughts/2006/01/merci_aux_blogg.html
& http://japarthur.typepad.com/
le point de départ : 
http://hertoghe.typepad.com/carte_de_presse/2005/12/censure_lafp.html

mardi 20 décembre 2005
Exclusif : Censure à l'AFP

Nicolas Sarkozy a-t-il eu la main heureuse en nommant le fringuant
député-maire d'Asnières-sur-seine, Manuel Aeschlimann, "Monsieur opinion
publique" de l'UMP ? Au vu de son brillant curriculum vitae de météorite
politique et du rythme auquel il envoie au patron du parti majoritaire des
notes affûtées sur les attentes des Français pour 2007, certainement.

Mais l'actuel ministre de l'intérieur et futur candidat présidentiel sera
peut-être surpris d'apprendre que sa nouvelle recrue ne se limiterait pas à
étudier l'opinion publique. L'élu d'Asnières (Hauts-de-Seine) aurait aussi
tendance à la manipuler quand il ressent le besoin de mettre au pas une
opposition locale trop remuante à son goût.

"Carte de presse" a en effet appris qu'une dépêche de l'Agence France-Presse
(AFP), au contenu très contrariant pour Manuel Aeschlimann, avait été victime
de ce qui ressemble furieusement à une censure. Et le député-maire d'Asnières,
sa réputation de Sarko boy, ainsi que sa manie des plaintes en diffamation ne
seraient pas pour rien dans la "courageuse" décision de la hiérarchie de l'AFP
de garder sous le coude la désobligeante enquête.

Interrogé par "Carte de presse", l'auteur de l'article en question, Marc
Bastian, correspondant de l'AFP pour les Hauts-de-Seine, s'est limité à un
simple et bref "pas de commentaire". Manuel Aeschlimann, pour sa part, nous a
confirmé avoir évoqué la dépêche préparée par Marc Bastian avec Pierre
Taillefer, le directeur de l'information de l'AFP. Ce que reconnaît ce
dernier. Mais le numéro deux de l'agence, également interrogé par "Carte de
presse", dément par contre toute censure. Et il rejette tout lien entre sa
discussion avec le maire d'Asnières et la décision de "passer à la trappe",
selon sa propre expression, l'enquête prête à être diffusée sur le fil de
l'AFP dès le 29 octobre dernier.

Mais revenons d'abord un peu en arrière pour tenter de comprendre le funeste
sort réservé à cette dépêche.

Le 22 octobre dernier, le quotidien Le Monde publiait deux articles sur ce qui
allait rapidement devenir "l'affaire Elahi" dans les médias. Le journaliste
Gérard Davet y révélait que la Direction centrale des renseignements généraux
(DCRG) et la Direction de la surveillance du territoire (DST) avaient dans
leur ligne de mire une "organisation Elahi". Dans une note datée du 7
septembre, la DCRG qualifiait en substance de secte cette nébuleuse
mystico-religieuse d'origine iranienne, basée à Asnières, qui essayerait
d'infiltrer les institutions municipales. Rien que cela ! Voilà une note des
RG tombant comme pain béni pour Manuel Aeschlimann qui dénonçait justement
depuis un moment les agissements du supposé gourou Bahram Elahi, un de ses
administrés, et de sa supposée secte. (Pour plus de détails, lire les articles
du Monde en cliquant ici)

Mais le journaliste du Monde a négligé d'informer ses lecteurs du fait que le
maire d'Asnières avait un ancien et lourd contentieux, sur des questions
d'urbanisme, avec des associations de quartier dont certains animateurs
étaient également membres de la Fondation Ostad Elahi, sise à Paris et
présidée par son fils, le "gourou" Bahram Elahi. De là à imaginer que Manuel
Aeschlimann pourrait avoir eu intérêt à intimider des associations locales
flirtant de plus en plus avec son opposition municipale, il n'y a qu'un pas
franchi sans hésitation par Luc Bérard de Malavas. "La polémique récente
autour de la Fondation Ostad Elahi est une machination politique venant de
l'UMP", a déclaré à l'AFP le président du groupe socialiste au conseil
municipal d'Asnières. Ambiance !

L'histoire de la menaçante "organisation Elahi" révélée par Le Monde allait en
tout cas rapidement connaître un franc succès dans les médias (AFP, FR3
Île-de-France, Canal Plus, 20 minutes, Marianne...). Parfois agrémentée du
terrifiant témoignage d'un supposé ex-adepte, Mohammad Farshid Samali,
affirmant avoir les tueurs d'Elahi aux trousses. Aux journalistes qui
s'informent à la mairie d'Asnières sur cette affaire, Manuel Aeschlimann ou
son directeur de cabinet, Francis Pourbagher, propose en effet, outre un
volumineux dossier à charge contre la "secte", une rencontre avec ce témoin
providentiel...

Alors que contient donc de si dérangeant, pour l'élu d'Asnières, l'article qui
n'est pas devenu jusqu'à ce jour une dépêche officielle de l'AFP ? Selon les
informations de "Carte de presse", cette enquête nous apprend, sources de haut
niveau à l'appui, que la communauté française du renseignement n'a mené en
réalité aucune investigation sur ladite "organisation Elahi". Plus étonnant
encore : les auteurs de la note des RG citée par Le Monde assurent que son
inspirateur ne serait autre que... Manuel Aeschlimann lui-même.

Susciter une note des RG, manipuler Le Monde et obtenir la censure de la
contre-enquête de l'AFP : franchement, si tout cela est vrai, même pour un
"Monsieur opinion publique", chapeau !

Le député-maire d'Asnières dément évidemment cette présentation des faits. Il
jure ses grands dieux qu'il a appris l'existence de la note des RG en lisant
Le Monde. D'autre part, selon lui, il a appelé Pierre Taillefer, le directeur
de l'information de l'AFP, le 9 novembre dernier, parce que ses avocats
venaient de lui apprendre que les conseils de la Fondation Ostad Elahi avaient
utilisé la dépêche non publiée de l'AFP dans une procédure de justice les
opposant. Toujours d'après Manuel Aeschlimann, le directeur de l'information
lui a déclaré que la fameuse dépêche ne serait pas mise sur le fil AFP parce
qu'elle n'était "pas équilibrée".

Pierre Taillefer ne veut ni confirmer ni démentir cette version de l'élu UMP.
Mais il précise que l'article de Marc Bastian avait été "bloqué par son chef
de service", avant l'appel de Manuel Aeschlimann, pour un "problème
d'écriture" car il était "un peu ésotérique" et "compliqué à comprendre".

En l'état de ses informations, "Carte de presse" maintient toutefois sa
conclusion qui contredit les versions du député-maire d'Asnières et du
directeur de l'information de l'AFP : la dépêche, rédigée on ne peut plus
clairement, a bien été victime d'une censure pour son contenu, suite à une
intervention directe de celui qui aime à rappeler à ses interlocuteurs qu'il
est proche de Nicolas Sarkozy et qu'il a d'excellents avocats experts ès
diffamations...

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