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En France, le bioterrorisme ne passera pas

Inventaire par le ministre de la Santé des vaccins stockés en cas
d'attaque à l'arme biologique.

par Jean-Dominique MERCHET
QUOTIDIEN : samedi 25 mars 2006

Des doses par millions ! La France se tient prête à faire face à une
éventuelle attaque de terrorisme biologique. Auditionné mardi 21 mars
par la commission de la défense de l'Assemblée nationale, le ministre
de la Santé, Xavier Bertrand, a livré le détail des stocks : «65
millions de jours de traitement antibiotique préventif, un million de
jours de traitement curatif contre la peste, la tularémie et le
charbon, 72 millions de vaccins contre la variole.» L'ensemble est
conservé dans treize hôpitaux, répartis sur le territoire national.
10 000 tenues d'intervention, pour les personnels de santé, sont
également disponibles dans les services d'urgence.

Catastrophisme. «Le risque bioterroriste existe, mais on l'a très
largement surestimé, tempère Olivier Lepick, auteur d'un livre sur le
«terrorisme non conventionnel» (PUF 2003). «Pour mettre en oeuvre
une arme biologique, les barrières techniques à franchir sont plus
ardues que ce qu'affirment beaucoup d'experts catastrophistes.»

En France, la seule alerte remonte à l'automne 2001, lors de la crise
des «enveloppes à poudre». Après les attaques à l'anthrax aux
Etats-Unis, près de 6 000 enveloppes et colis suspects durent être
analysées. Aucun produit toxique ne fut trouvé, mais la France
découvrait soudain son impréparation en la matière.

«La veille sanitaire doit concerner tous les risques, le risque
terroriste demeurant une priorité aux côtés de la grippe aviaire»,
a pointé le ministre de la Santé. Parmi les risques souvent relevés
figure l'empoisonnement de l'eau du robinet. «Les réseaux d'eau des
seize plus grandes agglomérations du pays bénéficient d'une
surveillance permanente», a indiqué mardi Xavier Bertrand.

Hôpitaux. Cette année, l'Etat consacrera 23 millions d'euros au
financement du plan gouvernemental Biotox, lancé en 2001. «La
programmation suit son cours. C'est globalement satisfaisant», estime
le député UMP Pierre Lang, auteur d'un rapport sur le bioterrorisme
en 2003. Il notait alors quelques insuffisances, notamment dans le
domaine des capacités d'accueil hospitalières : «La France compte
100 à 150 chambres isolées dans les services de maladies infectieuses
et seulement trente chambres en pression négative», qui permettent
d'éviter toute fuite à l'extérieur. «Le système hospitalier,
affirmait l'élu, ne pourra pas faire face à l'afflux de milliers de
victimes d'un acte terroriste massif, sans déploiement d'hôpitaux de
campagne.»

Aux côtés de la santé, la défense est impliquée dans le plan
Biotox. Vendredi, Michèle Alliot-Marie a visité à Grenoble les
laboratoires du Service de santé des armées. Un régiment, le 2e
dragons, est depuis peu entièrement spécialisé dans la lutte NRBC
(nucléaire, radiologique, biologique et chimique). La gendarmerie
vient de recevoir un véhicule permettant de faire des enquêtes en
milieu contaminé.


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