http://www.ledevoir.com/2006/05/02/108143.html

Centre de la sécurité des télécommunications - Le Canada abuse-t-il de  
l'écoute électronique?
Le chien de garde du CST veut s'assurer que l'organisme n'espionne pas les  
Canadiens
PC
Édition du mardi 2 mai 2006

Ottawa -- Des allégations d'écoute électronique illégale de la part d'un  
service de renseignement aux États-Unis ont incité l'organisme qui  
supervise son équivalent canadien à poser de nombreuses questions,  
révèlent des documents récemment divulgués.

Des pièces de correspondance dont la Presse Canadienne a pu prendre  
connaissance montrent que la controverse suscitée par la nouvelle que  
l'agence de sécurité des États-Unis espionnait des citoyens de ce pays a  
suscité une série d'échanges hautement confidentiels à Ottawa.

John Adams, le patron de l'ultrasecret Centre de la sécurité des  
télécommunications (CST), chargé du programme canadien de sécurité des  
communications électroniques, a dû répondre à des questions détaillées de  
la part du bureau d'Antonio Lamer, l'ex-juge en chef de la Cour suprême  
qui, à titre de commissaire au CST, est le «chien de garde» du service  
d'écoute.

Des portions de la correspondance ont été censurées à cause de son  
caractère confidentiel, mais ces documents, obtenus en vertu de la Loi  
d'accès à l'information, montrent clairement que le bureau de M. Lamer  
voulait s'assurer que le CST, une division du ministère de la Défense,  
n'enfreignait pas la loi canadienne en se livrant à de l'écoute abusive  
aux fins de la lutte contre le terrorisme.

Joanne Weeks, la directrice exécutive du bureau du commissaire, a dit  
avoir été surprise d'apprendre que le ministère de la Défense avait  
dévoilé ces lettres.

Le CST, qui a son quartier général à Ottawa, surveille les communications  
étrangères par radio, téléphone, télécopieur, satellite et ordinateurs, à  
la recherche d'informations susceptibles d'intéresser le Canada. Les  
renseignements ainsi recueillis servent à lutter contre le crime, à  
appuyer les politiques canadiennes en matière de défense et de commerce.  
Des postes d'écoute militaires aident le CST à pratiquer l'écoute  
d'organismes et d'États étrangers, de terroristes, de trafiquants de  
drogues et d'autres criminels.

Le CST travaille en étroite collaboration avec les services de  
renseignement d'autres pays, dont la National Security Agency (NSA) aux  
États-Unis, qui compte plus de 30 000 employés.

En décembre, le New York Times révélait que le président George W. Bush  
avait autorisé la NSA à mettre sur écoute des Américains et d'autres  
personnes aux États-Unis en l'absence de mandat approuvé par les tribunaux.

Le CST n'a pas le droit de mettre sous surveillance des Canadiens ou  
d'autres personnes au Canada. En revanche, la Loi antiterroriste de 2001  
accordait au CST le pouvoir d'espionner les conversations et les messages  
d'étrangers, même si ces communications débutaient ou aboutissaient au  
Canada. Par exemple, le CST pourrait intercepter un appel téléphonique à  
Toronto fait par un membre d'al-Qaïda à partir d'un endroit quelconque au  
Moyen-Orient.

Certains considèrent cette sorte d'écoute électronique comme une menace  
aux libertés civiles des Canadiens. Cela a entraîné des allégations  
voulant que de l'espionnage comme celui mis en cause aux États-Unis puisse  
également être pratiqué au Canada.

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